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Patrick Cohen, vous nous parlez ce matin des zigzags russes de Marine Le Pen. Une
fois encore, Emmanuel Macron a fait son cinéma. Convocation en 24h dans la salle Vega au sous-sol de l'Elysée. Directeur du renseignement extérieur, intérieur et militaire. Document confidentiel à l'appui. 2h45 de huis clos vendredi devant les candidats et chefs de parti. Avec l'envie manifeste de retrouver un rôle, de réinvestir le seul espace où un président a 7 mois de la sortie. Et au plus bas dans les sondages garde encore la main la diplomatie. La diplomatie, la sécurité et l'information classifiée. De tout cela, Marine Le Pen n'est pas dupe. Comme Jean-Luc Mélenchon, elle a boycotté l'Elysée, envoyé Bardella à sa place. Et c'est auprès des sinistrés de Pommasse, commune de l'Aude, ravagée par une tornade il y a trois semaines, qu'elle a ainsi raillé la mise en scène et l'alerte présidentielle.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Oui, alors ça, n'importe qui est capable de le faire. Vous allez dans les rues, là, vous demandez à quelqu'un, il est capable de vous dire « Oulala, il y a un problème à l'international et donc c'est catastrophique pour les... » Marine
Le Pen qui moque cette alerte russe que l'appropriation par un président massivement rejeté rend naturellement suspecte.
24 heures plus tard.
Pourtant, le ton change du tout au tout. Spectaculaire. Dans un communiqué d'une cinquantaine de lignes, co-signé avec Jardane Bardella, la candidate du RN s'appuie sur la réunion de l'Elysée pour dénoncer une situation d'une particulière gravité qui voit une puissance étrangère, en l'occurrence la Russie, tenter de dicter la politique de la France par l'intimidation, la menace. la déstabilisation ou la pression psychologique. Aucune action hostile ne doit rester impunie, insistent les deux têtes du RN, d'autant que nul ne peut prédire. ou exclure la survenue d'opérations d'une intensité supérieure. Fini de rire si le mot « guerre » n'est pas prononcé, si le niveau du soutien financier accordé à l'Ukraine est évoqué comme un débat légitime, tout le reste est raccord avec l'avertissement lancé par Emmanuel Macron.
Alors comment expliquer ce revirement ? Il
y a deux façons de voir qui ne sont pas exclusives l'une de l'autre. L'une nous fait dire que la réunion de l'Elysée n'a pas été inutile, qu'elle aura ouvert les yeux des dirigeants du premier parti d'opposition. La deuxième, c'est que le RN... les devants, ils se couvrent en cas d'attaque russe pour ne pas réitérer l'aveuglement poutinophile de 2022, quand quelques jours avant l'invasion, Marine Le Pen affirmait « Je ne vois vraiment pas ce que les Russes feraient en Ukraine », avant que le parti n'envoie au pilon plus d'un million d'exemplaires d'une profession de foi illustrée de la poignée de main, Le Pen -Poutine, cinq ans plus tôt au Kremlin. Aujourd'hui, la ligne bouge au RN sur les mots. pas sur les moyens. Si le robinet n'est pas coupé, l'aide à Kiev sera bien rediscutée. Le virage est purement rationnel. C'est un communiqué qui ne coûte pas un vote au Parlement européen, pas une ligne de programme, pas un euro d'aide à l'Ukraine.