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Faire peur avec la guerre pour détourner la colère des Français, c'est une suggestion que
je fais. On écoute le chef de l'État. A notre demande, le ministre de l'Intérieur a réuni hier l'ensemble des préfets de zone pour monter la posture et la vigilance à l'égard des attaques hybrides russes. Il a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones et les attaques cyber.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
'est vieux comme le monde. Quand un régime vacille, il brandit le risque de guerre pour dire à son peuple « Nous sommes attaqués, faisons corps ». La nouvelle n'est pas passée inaperçue, mais presque sur sa déclaration du président de la République, recevant en urgence les responsables des partis politiques pour les informer de la gravité de la situation. Emmanuel Macron a annoncé depuis l'Elysée la création des états-majors de la défense et de la sécurité nationale dans chaque département. Le président de la République estime que face à la menace russe, il faut commencer à s'organiser. Les préfets devront donc réunir autour d'eux les représentants de l'autorité militaire, celles des forces de l'ordre, de l'éducation nationale et des entreprises. Un ersatz de comité de salut public qui, en cas d'attaque, devra prendre les mesures de protection adéquates. Initiative parfaitement légitime s'il y a risque de guerre avec des mouvements de troupes à nos frontières. Pour l'heure, les éléments justifiant cette petite mobilisation générale sont les cyberattaques et l'envoi de drones dans le ciel européen. Certes, des faits certes sérieux. Mais pas si nouveau que cela. En tout cas, pas au point d'interpeller tous les candidats à l'élection présidentielle en les appelant à la prudence, vu l'urgence de la situation. On se demande vraiment qui le premier doit être appelé à la prudence. Quelle que soit la réalité du moment, Emmanuel Macron voudrait faire peur aux Français qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Le terrain est d'ailleurs préparé depuis quelque temps par les déclarations du chef de nos armées et d'autres vêtements en guerre planqués sur les plateaux télé, suggérant que nos enfants devront sans doute un jour aller au combat. Comme papa dans maman. D'autant que les Français sont aujourd'hui, à juste titre, infiniment plus préoccupés par la fin du mois que par la fin du monde. Et en aucun cas par la fin de la Macronie. Et c'est là que le bas blesse. Car si danger imminent il y a, c'est davantage du côté du détroit d'Hormuz, du Yémen, de l'Arabie Saoudite, on va le voir, et de l'Iran qu'il faut le regarder. Avec des incidences immédiates sur notre économie et notre vie quotidienne. Taillés comme des gueux au Moyen-Âge, des Français en difficulté qui sont aujourd'hui le premier parti de France, commencent à sortir les faux et se rappellent au bon souvenir du chef de l'État en menaçant de se rapprocher des ronds-points. Les faits semblent porter ses fruits puisque visiblement la panique gagne l'Élysée et Matignon. Au secours, la populace revient ! Mais si le danger est si proche et que le gouvernement révèle qu'il dispose de moyens d'exception pour faire face à une menace supposée, pourquoi n'ont-on pas mis ce mécanisme des états-majors de la défense et de la sécurité quand la France a été attaquée pour de bon, sur son sol, dans sa chair, en payant le prix du sang et pas qu'une fois ? Sans faire l'inventaire assourdissant de toutes les attaques terroristes islamiques depuis 40 ans. Pourquoi n'a-t-on pas mis en place des états-majors au moment où des crimes de Mohamed Merah, des attentats contre Charlie et l'Hypercacher ? Peut-être aurions-nous pu prévenir le massacre du Bataclan et le mitraillage des rues de Paris. Peut-être que les 86 morts du 14 juillet 2016 à Nice seraient encore vivants. Peut-être même, vu les énergies mobilisées par le ministère de l'Intérieur pour tout prévenir, tout verrouiller, que Samuel Paty et Dominique Bernard seraient encore de ce monde. Peut-être que tout ce qui contribue à pourrir l'ordre public depuis si longtemps, en juin 2023, ou avant-hier encore à Saint-Pierre-des-Cores, on va en parlant avec Anissa, aurait pu être évité ou réduit dans sa gravité. Nous ne pouvons que féliciter le président de la République pour sa lucidité et le bon sens qu'il fait preuve et des précautions, et regretter que ses prédécesseurs n'aient pas fait preuve d'un tel sens de la vigilance. Pour autant, si les satrapes du Kremlin ont de quoi sérieusement nous inquiéter, il y a des dangers plus menaçants au sein même de ce pays dont on aimerait que l'État s'occupe pour de vrai. Le rôle d'un père n'est pas de faire peur aux petits-enfants, mais de les rassurer.