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Merci de nous accorder cet entretien exclusif. Alors c'est votre premier déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous avez choisi de rester ici pendant 48 heures. Que retiendrez-vous en priorité de ces deux jours passés sur le territoire
D'abord, j'étais très heureux d'être là pendant en effet ces deux jours. d'être aux côtés de nos compatriotes. J'ai appris à découvrir ce territoire que je connaissais par les dossiers et les décisions prises depuis maintenant bientôt dix ans, et je l'ai découvert, aimé. très touché par l'accueil qui m'a été réservé. Et puis j'ai aussi pu voir tout ce qu'on a collectivement investi ces 10 dernières années. L'Etat n'a jamais autant investi sur le territoire à travers ses fonctionnaires, ce qui est une force. Et on a environ 60% de l'activité de l'archipel, ce sont les agents de l'Etat, donc c'est important, mais avec aussi des projets d'investissement, ce qu'on a commencé à faire sur les quais, ce qu'on a fait avec justement la liaison directe. Quand j'ai été élu il y a 9 ans, il y avait zéro vol entre Saint-Pierre et Paris. Aujourd'hui, on en a 12 avec ce qu'on fait à Miquelon et le déplacement du village. On a commencé depuis 2023 et j'ai annoncé la deuxième phase avec des nouveaux investissements, comme j'ai annoncé la deuxième phase sur le quai du commerce. Et donc, au fond, c'est de dire la fierté d'avoir ce morceau de France ici en Amérique du Nord, de dire combien il est important stratégiquement. Et vous l'avez vu avec la visite du Premier ministre canadien. Et combien je suis fier de ce qu'on a collectivement fait ces dernières années tous ensemble. Maintenant, on doit se projeter vers l'avenir. Et c'est aussi ce nouveau chapitre que j'étais venu écrire.
Alors justement, Monsieur le Président, on vous a vu durant votre séjour. Vous étiez beaucoup auprès de la population, mais aussi, surtout, on vous a beaucoup vu auprès des jeunes de l'archipel. Pourtant, vous le savez, Saint-Pierre-et-Miquelon continue de perdre des habitants. Alors vous avez annoncé plusieurs leviers de développement. mais comment faire concrètement pour que ces projets donnent réellement des emplois à ces jeunes et qu'ils puissent revenir et rester sur le territoire ?
Alors d'abord il y a des activités, la pêche, on va créer des emplois. J'étais juste avant de vous retrouver justement en train de regarder un projet qui est porté par M. Cormier. Et on va l'aider, on va le développer. Et il y a aujourd'hui toute une ambition qu'on porte, donc les travaux qu'on fait sur l'infrastructure pour le port, aussi bien à Saint-Pierre qu'à Miquelon. Il y a ensuite ce qu'on veut faire pour structurer la filière de pêche, et donc c'est pour ça que j'avais le Comité national des pêches avec moi. J'ai confirmé aussi qu'on va continuer à investir avec le fonds pêche qui va permettre d'aider, et donc le port, structurer la filière pêche, investir dans la recherche pour qu'on sache exactement quelles sont nos ressources. Et donc ça, c'est ce qui est très important, l'ARDA, l'IFREMER, on va réinvestir, se donner les moyens, relancer le dialogue avec les Canadiens, j'y reviendrai. dans un instant, et puis derrière, aider à renouveler notre flotte et aider des nouveaux projets, donc plusieurs de vos pêcheurs en ont, et on veut les accompagner, et ceux-là vont créer de l'emploi. Ça, c'est la pêche. Ensuite, c'est la diversification économique. et donc le tourisme, l'artisanat, le commerce, mais également les nouveaux axes de développement, tout ce qu'on a autour de la biodiversité et des métiers que ça va engager avec notre stratégie polaire, et puis tout ce qu'on veut faire également avec le numérique. J'avais ici trois entreprises à mes côtés. on était à l'instant avec elles, qui vont investir sur Saint-Pierre et Miquelon, qui vont développer un câble. On va faire passer le câble transatlantique par Saint-Pierre. Ça, c'est une révolution. Mais avec quelle
échéance, monsieur le Président ? Quand les années Saint-Pierre verront ces changements ?
Ça, c'est maintenant. C'est en cours. Et donc, les entreprises qui sont là, je suis venu pour annoncer le lancement. Les travaux que j'ai annoncés hier, ils commencent là, dès la fin d'année. Et donc le câble transatlantique qui passera par Saint-Pierre, c'est entre maintenant et 2030, la finalisation. Derrière, ça permet de faire quoi ? De créer des entreprises, de la donner, d'avoir une vraie souveraineté, pouvoir développer des activités téléméthines aussi sur l'archipel et d'aider beaucoup de vos jeunes qui ont des projets dans le numérique, qui pourront les consolider, d'avoir aussi des data centers et d'être plus souverains. Ensuite, on a Skynopy qui va installer ici des systèmes d'antenne pour améliorer justement notre connaissance de l'espace et de l'investissement et des emplois. Et puis, on avait Lookup, qui est aussi une entreprise du spatial français, qui va installer ici des structures, qui va investir 20 millions d'euros sur l'archipel et créer des emplois. Tout ça, ça change aussi l'image pour la jeunesse. qui est né ici pour la jeunesse d'ailleurs d'Hexagone ou de la région, et leur dire à Saint-Pierre et Miquelon, il y a des métiers d'avenir, il y a une qualité de vie et donc venez vous installer.
l'avez évoqué, la pêche, le Canada. D'ailleurs, vous avez donc rencontré ici le Premier ministre canadien, Marc Carnet, et vous avez acté avec lui un rapprochement, notamment dans le secteur de la pêche. Concrètement, est-ce que cela signifie aussi davantage de quotas pour les pêcheurs de l'archipel
Ça veut dire que ce qu'on doit nous faire, je pense d'abord à ce qui est bon pour nous. On doit aider nos pêcheurs à renouveler leur flotte, donc il faut qu'ils puissent créer plus de valeur pour ça, plus de richesse, avoir plus de facilité, donc ça veut dire une souplesse dans le dialogue. Certains ont commencé à le faire sur le flétan, on veut pouvoir le faire sur d'autres espèces et réussir à... enrichir nos pêcheurs pour qu'ils puissent investir et renouveler la flotte. La deuxième chose, c'est qu'on veut assouplir les conditions parce que nos pêcheurs aujourd'hui ont besoin des ports canadiens parce que c'est là qu'ils vont faire valoriser, qu'ils vendent leur pêche et on a encore beaucoup de contraintes, donc on veut fluidifier ce dialogue. Et puis la troisième chose, on veut aussi pouvoir transformer chez nous. Et donc, ce qu'on veut pouvoir analyser, c'est comment Saint-Pierre-et-Miquelon peut avoir un intérêt pour les Canadiens, parce qu'en transformant chez nous, ils pourraient rentrer plus facilement sur le marché européen. Et puis la dernière chose, c'est qu'on veut évidemment avoir sur l'extension du plateau continental, sur les nouvelles discussions, plus de souplesse. Notre conviction, c'est qu'aujourd'hui, le rapprochement entre le Canada et l'Europe, parce que... il y a le voisin américain qui met plus de pression sur les Canadiens par les tarifs, parce qu'il y a une communauté de vue, et bien le laboratoire de ce rapprochement, ça doit être Saint-Pierre et Miquelon. C'est pour ça qu'ici même, à cet endroit, hier, on tenait notre conférence de presse après avoir passé deux heures ensemble avec le Premier ministre Carnet, et on a décidé de lancer immédiatement ce travail pour aboutir à des solutions très concrètes sur la pêche, sur le sport, sur le transit de nos passagers par le Canada. sur les étudiants, sur l'énergie, beaucoup de domaines où on peut bâtir ensemble et où Saint-Pierre-et-Miquelon doit être le laboratoire. Mais ce qui m'importe aussi de vous dire en évoquant ça, c'est que ça a été une première historique hier. Jamais un Premier ministre canadien en fonction n'était venu à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ça doit ouvrir une nouvelle page. Et moi, je sais combien Saint-Pierre-et-Miquelon, l'ensemble des habitants, évidemment les pêcheurs, ont été marqués par 1992. qui a été vécu comme un abandon par la République, qui n'avait pas assez défendu. Vous sentez
aujourd'hui que le Canada est prêt à assouplir... Je sais que le Canada,
il a un intérêt qui est de réengager avec nous. Et je sais que nous, on a un intérêt qui est d'ouvrir un nouveau chapitre. Et donc, je dis qu'il y a eu cette phase de l'abandon si dure après 92. On l'a rattrapé les 10 dernières années en investissant comme l'Etat ne l'a jamais fait à Saint-Pierre-et-Miquelon. Aujourd'hui... Je veux regarder l'avenir et je veux pour la nouvelle génération qu'on se dise Saint-Pierre et Muclon, on est en train de le réinventer parce qu'on a fait ces 10 ans d'investissement, parce qu'on a un potentiel énorme, la pêche, le numérique, la diversification, notre stratégie polaire, cette région redevient au cœur du monde, on l'a vu avec le Groenland, et parce qu'on va réinventer la relation avec le Canada. Et c'était ça le message d'hier, et pas qu'un message, la décision qu'on a prise avec le Premier ministre Carnet. Et donc je veux vraiment redonner de la confiance et du goût de l'avenir à tous nos compatriotes ici.
le Président, la vie chère reste une préoccupation majeure pour l'ensemble des Français. C'est encore plus vrai à Saint-Pierre-et-Miquelon. L'alimentation ici coûte près de 70 fois plus cher que dans l'Hexagone. Alors est-ce qu'il faut aujourd'hui un dispositif spécifique pour faire baisser les factures des habitants ?
Alors vous savez, sur ce sujet, la stratégie est simple. Davantage produire localement, mais on sait qu'il y a des facteurs limitants à Saint-Pierre-et-Miquelon. favoriser la production locale, parce que c'est ça qui est la première des souverainetés et qui permet d'avoir des prix beaucoup plus bas. La deuxième chose, ça a été aussi la connexion pour avoir des denrées qui viennent de l'Hexagone plus facilement. Maintenant, on l'a une fois par mois, avec le Neoliner, on a changé ce système depuis novembre dernier, donc les choses sont en train de bouger, qui permettent d'apporter du frais, de remmener justement aussi les déchets de Saint-Pierre et Miquelon vers l'Hexagone. Donc ça, ça a commencé à transformer les choses. La troisième, ça fait partie de la discussion avec le Canada. C'est aussi comment, de manière plus simple, avec des tarifs... Les relations douanières qui sont différentes, on aide les habitants à vivre moins cher, c'est-à-dire à moins dépendre de ce qui vient de l'autre bout du monde, pour s'approvisionner dans le marché local en ayant des systèmes de détaxe. C'est exactement aussi au cœur de cette discussion.
marge de votre visite, il y a aussi, monsieur le président, l'attente d'une famille. Céline Lafargue a disparu il y a 21 ans. Sa famille d'ailleurs vous a écrit personnellement et vous a directement interpellé. Que pouvez-vous faire pour elle
'ai vu hier la fille et la soeur de Mme Lafargue, ainsi que l'association qui les accompagne. Mon directeur de cabinet les a reçus longuement. D'abord, je leur ai dit vraiment toute notre affection et notre soutien. Et ensuite, nous avons créé ces dernières années, et j'en suis très fier, un parquet spécialisé à Nanterre, et pardon de cet anglicisme, sur ce qu'on appelle les cold cases, c'est-à-dire ces affaires qui sont non élucidées. 'est une chance, c'est une opportunité nouvelle. Et donc ça ouvre une perspective et on va l'accompagner.
le président, vous allez vous envoler dans quelques instants, direction New York, où vous allez d'ailleurs rencontrer ce soir le président américain. Quel message allez-vous porter à Donald Trump ?
vais retrouver en effet New York, les Nations unies, et je verrai tout à l'heure le président Trump où je continuerai de défendre l'intérêt de la France et notre agenda, la relation bilatérale, pour continuer d'assouplir la relation tarifaire, essayer de bâtir une solution de paix pour Hormuz, parce que la réouverture d'Hormuz pacifique, la baisse de la tension, c'est la clé. pour que le marché du pétrole, du diesel, du jet fuel et du gaz se détendent. Et on en a besoin pour nos économies, pour l'ensemble de nos compatriotes. Et puis aussi avoir une discussion sur l'Ukraine, parce que ce qui se passe aujourd'hui entre l'Ukraine et la Russie, la guerre d'agression russe a aussi un impact sur notre énergie, mais sur la sécurité des Européens. Les Américains sont revenus vers nous lors du sommet du G7 déviant, ce qui a été une vraie avancée du mois de juin dernier. Je veux pouvoir consolider ça, parce qu'après, je verrai le président Zelensky, et donc continuer à mettre la pression pour que la Russie arrête cette guerre d'agressions et que, là aussi, on puisse avoir une paix durable et négociée est clé. Donc voilà les principaux sujets que j'évoquerai avec le président Trump tout à l'heure.
Merci, Emmanuel Macron, monsieur le président, d'avoir répondu à nos questions ici à Saint-Pierre-et-Miquelon, et bon retour.
Merci beaucoup, merci pour votre accueil, et je veux vous dire combien j'ai été fier et heureux d'être ici à vos côtés. dans ce morceau de France, de ce continent. Vous pouvez être formidablement fier et j'ai été très heureux. Je vous remercie infiniment de l'accueil qui m'a été réservé. Merci beaucoup.
Merci.