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La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Guillaume Tabard pour l'éditorial avec le Figaro. Guillaume, bonjour. Bonjour David. Emmanuel Macron sera à la télévision jeudi, il parlera aux Français. Pourquoi cette intervention et que faut-il en attendre ? Le
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chef de l'État veut tout simplement dire aux Français ce qu'il a dit vendredi aux responsables des partis politiques, à savoir les informer de la réalité et de la gravité de la menace russe, d'une part. et les éclairer sur la nature durable de la crise pétrolière alors que les prix à la pompe s'envolent. Alors, quant au timing, après avoir tenu ce qu'on appelle maintenant un format Saint-Denis, comme il désigne la rencontre avec les chefs de parti, on le sait, Emmanuel Macron est parti à Saint-Pierre-et-Miquelon. Aujourd'hui, il arrive à New York pour l'Assemblée Générale des Nations Unies. Il rentre à Paris mercredi soir et vendredi matin, c'est le pape Léon XIV qui arrive à Paris. que jeudi soir pour faire un 20h. C'est donc un hasard si cette intervention fera de la concurrence à la première heure de vérité dont Edouard Philippe est le premier invité, voire pourrait obliger même au report de cette émission. Mais gageons que ce hasard ne déplait pas. totalement au président.
Sur la Russie, certains accusent le chef de l'État de chercher à faire peur en dramatisant la situation. Est-ce que ce reproche est fondé ?
La rencontre de vendredi avec les chefs de parti s'est faite autour des responsables du renseignement qui ont communiqué, ces responsables politiques, des informations confidentielles. Le moins qu'on puisse dire, c'est que même les opposants les plus résolus à Emmanuel Macron sont ressortis de l'Élysée. assez secoué. Donc je dis par exemple, le chef de l'État pourrait dire aux Français que ce qui s'est passé il y a deux semaines à Leipzig, à savoir une attaque au drone sur l'aéroport et qui n'a échoué que pour des raisons techniques, pourrait se produire. ailleurs en Europe et notamment en France. Et alors qu'on s'attend à une mobilisation de quelques 300 000 soldats russes supplémentaires, Macron assura que non seulement la guerre en Ukraine n'est pas près de s'arrêter, mais que tout relâchement du soutien à l'Ukraine inciterait Vladimir Poutine à se montrer plus agressif encore. Ça, ce sera évidemment une pierre dans le jardin de Marine Le Pen qui, en disant plus clairement qu'avant soutenir l'Ukraine, considère qu'on ne pourra pas maintenir une aide financière aussi élevée au profit de Kiev.
Face à l'envolée des prix du carburant, le chef de l'État pourrait-il annoncer des mesures d'aide ? au pouvoir d'achat au-delà des mesures ciblées actuelles.
C'est là que la diarchie au sommet de l'exécutif français a du bon pour lui, car elle lui permet de laisser au Premier ministre le soin de répondre concrètement à l'inquiétude ou à la colère des Français face à l'envolée des prix à la pompe. Lui, en tant que chef de l'État, ce qu'il dira, c'est qu'il ne croit pas à un règlement à court terme de la situation dans le détroit d'Ormuse et qu'il ne faut pas attendre que la crise s'arrête et que le prix du brut revienne à la normale, mais se préparer à un temps. durable. Et surtout, il tentera d'expliquer que des rustines budgétaires, style baisse de la TVA, ne suffiront pas et que ce qui fera bosser les prix à la pompe, c'est d'agir en amont, à savoir aider à réparer des infrastructures détruites, sécuriser les approvisionnements et négocier avec des pays comme la Chine ou l'Inde qui jouent par leur achat sur le prix du brut. Bref, laissant à le cornu le levier budgétaire. Passablement rouillé, il faut le reconnaître, Macron va se poser comme celui qui manie activement le levier diplomatique. C'est aussi pour lui une manière de justifier son rôle alors que son mandat entre dans sa phase terminale.
Guillaume Tabard, éditorial à retrouver sur lefigaro.fr et sur votre application Radio Classique. Guillaume, à demain. À suivre l'invité de la matinale au moment où l'on s'interroge sur la place des robots et des intelligences artificielles dans la société. Alors qu'Éric Zemmour vient d'expliquer qu'on pourra demain confier nos aînés à des robots, je reçois l'auteur et réalisateur Johan Sfar qui vient de publier « Cohen contre l'intelligence » ou « Comment survivre à l'intelligence artificielle