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Mon invité aujourd'hui est Marine Tondelier. Bonjour Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à la présidentielle. Prix de l'essence, prix du gazole, entre 2,15 et 2,30 le litre, on est à des records. Qu'est-ce qu'il faut faire d'après vous ? Est-ce qu'il faut bloquer les prix ou baisser les taxes ?
Déjà dire qu'on est en situation de surendettement climatique en réalité. C'est-à-dire qu'on vit à crédit sur la planète parce qu'on dépend du gaz et du pétrole dont depuis des décennies on sait qu'on doit se févrer et on ne met pas les bonnes politiques en place pour. Deuxièmement... Notre balance commerciale est très impactée par ça parce qu'on a deux fois plus d'importations de gaz et de pétrole que notre déficit de la balance commerciale. Donc c'est un coût économique majeur pour notre pays. Et puis les Français, les ménages, mais aussi les collectivités, l'État, les entreprises se surendettent chaque jour parce qu'ils sont dépendants de leur voiture et du prix du pétrole pour aller travailler ou du gaz pour se chauffer. Et donc ça, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Deux choses. Premièrement, des aides ciblées. Quand vous faites un blocage des prix, moi, mon problème avec le blocage des prix, c'est que ça coûte. Très très cher. Et donc si on estime que c'est une bonne politique, faisons-la. Mais ça va bénéficier à tous ceux qui achètent du pétrole, y compris quelqu'un qui aurait un SUV de 2 tonnes pour conduire son enfant de 30 kilos à l'école et qui a largement les moyens, s'il a pu s'acheter ce SUV, de s'acheter l'essence qui va avec. Donc vous n'êtes pas
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pour le
blocage des prix. Donc moi je préfère des mesures ciblées. Aujourd'hui il y a cette aide ciblée de 100 euros par mois en moyenne qui concerne 3 millions seulement de gros rouleurs. Je pense qu'il y a pas que 3 millions de Français qui là, à ce niveau de prix, n'arrivent pas à se payer les 100 euros. Vous êtes
d'accord avec les aides ciblées du gouvernement, mais il faudrait qu'elles soient plus importantes
et plus nombreuses. Ça ne va pas assez loin, mais pourquoi
ça
ne va pas assez loin ?
Je
suis d'accord pour aider en priorité celles et ceux qui en ont le plus besoin, puisque l'écologie populaire, c'est mettre des dispositifs différents. Pour quelqu'un qui va bien et quelqu'un qui n'a ni les ressources, ni les alternatives, ni quelque part la même responsabilité dans le problème. Donc c'est ça la ligne des écologistes. Ensuite, je le dis, il faut financer ces aides. Aujourd'hui, les aides civiques du gouvernement, tous les Français les financent, y compris les plus précaires sur leur TVA, etc. Moi, je souhaite qu'on taxe les super profits des pétroliers. Total a encore augmenté cet été ses dividendes de 5,6%. Donc ça suffit. Ils font énormément de profits sur la guerre. Ils doivent payer et contribuer à ces aides. Mais
il faut augmenter ces aides ciblées, oui ou non ?
Bien sûr.
En nombre et en volume ? En nombre
et en volume.
actions coupent de poing des agriculteurs aussi aujourd'hui parce que les agriculteurs vont avoir un milliard d'aides. C'est le gouvernement qui a annoncé ça après la sécheresse. Pour vous, est-ce qu'il faut mettre plus sur la table
? Alors, il faut mettre plus et il faut mieux répartir. Comme souvent, c'est une politique macroniste et nous, on est de gauche et écologiste. Donc on n'aurait pas fait pareil. Je vois les syndicats agricoles qui disent que l'aide d'un milliard ne suffira pas. Ils ont raison. Il y a 30 à 35 000 fermes qui vont aujourd'hui très mal et qui menacent de déposer le bilan dans les mois qui viennent. Ensuite, le dispositif qu'ils ont utilisé, c'est l'ISN. C'est un dispositif qui existe déjà. Donc ils mettent 500 millions en plus dedans. Le problème, c'est que ce dispositif, il est... très liées au fait que vous soyez assurés ou pas. Donc les 82% de fermes qui ne sont pas assurées aujourd'hui... vont beaucoup moins bénéficier du dispositif. En bénéficier, ils doivent avoir plus de 50% de pertes. S'ils ont plus de 50% de pertes, ils sont indemnisés à 28%.
La
plupart de cette aide va aller à des agriculteurs qui sont déjà assurés. Ca veut dire que
ce
n'était pas le bon dispositif. Il faut des aides en priorité sur des filières maraîchage, élevage qui ont vraiment trinqué. Les éleveurs qui ne savent pas comment ils vont donner du fourrage à leurs animaux parce qu'ils ont déjà dû en donner cet été. Et donc cuisiner leur stock et qu'ils n'en ont pas produit assez. Et puis les maraîchers qui ont tout perdu sur des productions qui ne s'assurent pas en plus. Vous avez vu qu'il y a
d'autres conséquences, notamment des ONG qui ont lancé une pétition pour interdire la chasse pendant trois ans.
La conséquence, c'est d'abord qu'il y a eu beaucoup d'animaux sauvages morts dans les 96 000 hectares de forêt disparus. Et donc, pour interdire la chasse
pendant trois ans, un moratoire dans les zones qui ont été impactées par les incendies, 500 000 signatures, vous l'avez signée ? Dont la
mienne. Vous l'avez signé.
Qu'est-ce que vous voulez comme suite à ce... Et j'invite
vos téléspectateurs à la signer. Au-delà de ça,
est-ce que vous interpellez le gouvernement en disant qu'il faut absolument prendre cette décision ?
La faune sauvage, elle a tellement trinqué des incendies que personne n'arrive à chiffrer ça. Mais on se rend bien compte à quel point c'est dramatique. Il y a les 96 000 hectares de forêts brûlées qu'il faut régénérer. Et les animaux qui sont encore vivants, qui vivaient là, se sont réfugiés autour. Donc il faut une sorte de sanctuaire où ils peuvent se régénérer tranquillement sans être victimes de coups de fusil. Il faut des décisions vite. L'ouverture de la chasse, dans certains départements, c'était le 6 septembre. Dans beaucoup de départements, le 13. Et chez moi, dans le Pas-de-Calais, c'est le 20. Donc on a peu de temps pour agir. Et ce
sont les préfets qui doivent décider. Là, vous demandez une décision nationale. Le
gouvernement dit que les décisions doivent se prendre au plus près du terrain. Moi, je suis d'accord avec ça. Sauf que le gouvernement... peut quand même impulser une ligne en leur disant, on vous demande d'être vigilant. Donc aujourd'hui, il y a 20 départements où il y a des débuts de mesures qui ont été pris.
Il doit donner une ligne,
c'est comme ça que ça marche, dans toutes les politiques. Dans toutes les politiques, ça marche comme ça, sauf dans l'écologie où on dit le préfet débrouille.
Bientôt un an, ça fait bientôt un an que vous avez déclaré votre candidature. Avec
différentes phases de campagne. Vous parliez toujours
sur l'union de la gauche pour la présidentielle. Est-ce que vous imaginez qu'il n'y ait qu'un seul ou une seule candidate de la gauche en 2027 ?
Pour tout vous dire, je n'ai pas changé de ligne. Je fais une campagne pour l'écologie et pour l'union. Et j'ai honte de ce qui se passe à gauche. Parce que, voyez-vous, quand il y a une dissolution en 2024 et qu'on a cru que Jordan Bardella pouvait arriver à Matignon, j'étais fière de ce sursaut. Et je vais vous dire, personne n'y croyait. J'étais celle qui, ce soir-là, dans la stupéfaction, la sidération, il dit « moi je cours tout droit ». Tout ce que je peux faire, je l'aurais fait. Et à cette époque-là, on y a réussi, mais vous m'auriez posé la question,
mais
vous m'auriez demandé, deux jours après la dissolution, vous m'auriez réussi, vous auriez dit, Madame Tounoui, vous êtes bien gentille, ça ne marchera pas. Là, c'est la
présidentielle. Là, c'est la présidentielle,
et je vois bien à quel point quelqu'un, et chacun s'est mis dans son couloir de natation. Je déplore ça, j'ai tout fait pour que ça n'arrive pas, nous en sommes là aujourd'hui. Et donc ? Et je le dis, je ne pardonnerai pas. Je ne pardonnerai pas, si ça se termine comme je pense que ça peut se terminer, à celles et ceux qui ont fait ça.
C'est-à-dire ?
Celles et ceux qui ont refusé de discuter ensemble, qui ont fait vivre ce discours et ce récit des gauches irréconciliables, il y en a à ma droite et il y en a à ma gauche. C'est qui à votre droite et qui à votre gauche ? Vous voulez que je donne des noms pour faire des reprises à l'AFP ? Non, c'est pour ça. Vous savez très bien. Moi, mon sujet, c'est que les écologistes ont une position constante, cohérente. On sera là pour les électeurs de gauche qui nous regardent ce matin, qui sont désespérés. Et je n'ai pas dit mon dernier mot. Donc ça
veut dire que vous restez candidate à la présidentielle ?
Je reste candidate pour l'écologie et pour l'Union. C'est ça mon mandat. Vous
restez candidate à la présidentielle. Pour
l'écologie et pour l'Union. Je serai toujours partie de la solution. Vous verrez, je n'ai pas dit mon dernier mot. Non,
mais vous êtes toujours candidate à la présidentielle. ça que je voulais savoir. Je vous
l'ai dit quatre fois. Pas
tout à fait comme ça. Il y a une centaine d'élus socialistes qui, hier, ont dit qu'il faut ouvrir la périmaire du Parti socialiste à d'autres. À François Ruffin, qui est prêt. C'est arrivé un peu après la bataille,
nos amis. Et à vous aussi.
Donc vous dites que c'est trop tard.
Non, mais écoutez, je ne sais plus quoi vous dire. J'ai plaidé une primaire pendant un an. J'ai fait des dizaines de réunions avec les socialistes sur le sujet. Ils ont fini par trancher qu'ils ne voulaient pas venir parce que Raphaël Glucksmann ne voulait pas participer s'il n'y avait pas que des socialistes avec lui. En fait, ils font la primaire de leur liste aux européennes. C'est un choix que je trouve tragique, dont j'ai pris acte. Après, s'ils veulent qu'on participe, c'est simple. Il faut déjà que ce soit un tarif à 2 euros accessible comme on l'avait prévu. Une primaire à 15 euros, qui va aller voter sérieusement ? Et puis le principal intéressé, Raphaël Glucksmann. qui met ses conditions, il faut qu'il change d'avis. Ce n'est pas moi le problème dans cette affaire, vous l'avez bien compris. Donc
vous ne fermez pas la porte si ça pouvait se faire ? À
tout ce qui pourra favoriser l'Union et un chemin de victoire pour notre camp, je ne ferme pas la porte, mais je peux vous dire que je suis un peu échaudée du Parti Socialiste avec qui j'ai perdu beaucoup de temps pendant un an.
Vous n'y croyez plus quoi.
moi je suis pleine d'espoir, je suis en colère, mais déterminée, retenez ça. Mais
ce n'est pas gagné dans votre parti, parce que vous avez vu que Sandrine Rousseau regarde du côté de Jean-Luc Mélenchon, mais il y en a un qui a pris clairement position, c'est Yannick Jadot qui soutient lui, Raphaël Guxman. Dans vos statuts maintenant de parti, ceux qui soutiennent un autre candidat peuvent être exclus. Yannick Jadot sera-t-il exclu des écologistes
Franchement, j'étais venue ce matin parler de santé reproductive à la base. Je suis ravie à 8 mois et demi de grossesse d'avoir pris un train à 22h
pour répondre à des questions sur Yannick Jadot. On est toujours
invisibilisés par des hommes quand on veut parler de santé féminine.
Je
fais confiance à mes instances. Pour moi, il s'exclut lui-même. Ce n'est plus un sujet pour moi. Je ne perds plus une seconde sur le sujet. J'espère que vous mettrez tout ce que vous avez dit sur lui sur le temps de parole de Raphaël Glucksmann et pas sur le mien.
Vous allez justement présenter aujourd'hui votre livret sur la santé reproductive. C'est-à-dire, pour résumer, le bien-être sexuel, la maternité quand on le veut, la paternité quand on le veut, des choix, des choix personnels. Quand vous mettez ce débat au centre de la campagne, qu'est-ce que vous voulez dire exactement ?
Je veux dire qu'en tant que femme, en tant que maman, en tant que future maman, je déplore le fait qu'il y a des sujets. qui sont omniprésents dans le quotidien des Français et des Françaises, et dont on ne parle jamais en politique. Je l'ai fait avec la solitude, je l'ai fait avec le bien-être des enfants, pas juste qu'ils ne soient pas agressés sexuellement, mais qu'on fasse une société épanouissante pour eux. Et bien là, j'assume de le faire sur la santé reproductive, parce que vous voyez, il y a une femme sur trois qui vivra une fausse couche dans sa vie. Il y a une femme sur dix qui est victime d'endométriose. Errance médicale de 7 ans au moyen avant d'avoir le diagnostic. Il y a un couple sur 5 qui n'arrive pas à avoir d'enfants. Et puis le parcours PMA, on sait qu'ils sont compliqués. Et ça, on n'en parle jamais des 50% de spermatozoïdes qui ont perdu en concentration, qui créent des problèmes d'infertilité, du postpartum, du deuil périnatal. Et donc quand ça vous arrive, vous vous sentez seul. Parce qu'on n'en parle jamais dans le débat public. Donc je veux que les gens sachent que ça existe, qu'on en parle et qu'on ait des solutions politiques pour accompagner, y compris le postpartum, je dis, une femme. En fait, il y a beaucoup de femmes qui, un mois après la naissance de Babé, ont des souffrances psychiques, une femme sur dix. Et ça aussi, il faut pouvoir en parler les accompagnés. Alors, une
question personnelle. Vous êtes enceinte. Le terme, c'est pour bientôt.
Quand on ne parle pas de Yannick Jadot, tout va bien.
Le terme, c'est pour bientôt. Comment vous imaginez mener votre campagne après
Écoutez, toutes celles et ceux qui ont déjà eu des enfants savent que... on peut réfléchir à comment on aimerait faire, mais que tant que le bébé n'est pas là, tant que vous n'avez pas accouché, tant que vous n'avez pas pris connaissance de ce bébé, de comment il va, physiquement, psychiquement, c'est difficile de projeter, et je le dis, même en campagne présidentielle, ce bébé sera ma priorité, tant qu'il aura besoin d'être sécurisé, mais je ne compte pas partir 4 mois, mais je reviendrai en pleine forme, plus déterminée de jamais, et pendant mon absence, il y a une équipe très soudée aussi qui fera le travail.
Merci Marie-Antoine Lélie d'avoir accepté notre invitation dans les cas de vérité où vous nous avez annoncé aujourd'hui qu'il était trop tard pour partir. pour parler d'une primaire avec les socialistes et que vous restez candidate à la présidentielle et que vous restez candidate à la présidentielle. Merci à vous Maya.