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Brune Rotaillot, quand vous étiez ministre de l'Intérieur, vous avez dit « abat le
voile », ce qui était une parole très forte. Est-ce que vous le regrettez aujourd'hui ? Absolument pas. On a entendu tout à l'heure la phrase exacte, c'est « Vive le sport, abat le voile ». Je m'exprimais dans des conditions très précises et je disais que le voile n'avait rien à faire dans les compétitions sportives parce que le sport, c'est un sanctuaire. C'est comme les institutions républicaines. C'est un moment où on peut créer du commun, où au-delà de ce que l'on est, la couleur de la peau, la religion, etc., on est capable de supporter une équipe. Et ça, je pense que ce sanctuaire... Le sport, il faut le garder. Et les signes ostentatoires, religieux, syndicaux ou politiques n'ont rien à faire sur un terrain de foot ou peu importe.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Mais est-il possible de dire qu'on est ministre de l'Intérieur à bas le voile et ensuite, quand on est candidat à l'élection présidentielle, s'opposer à son interdiction dans l'espace public et dire que c'est populiste et irréalisable ?
Non mais attendez, là vous y allez fort. Bien sûr, ça pour moi... C'est démagogique. C'est typiquement la proposition... D'ailleurs, j'ai observé que depuis qu'elle a été formulée, il y a eu quatre reformulations, y compris d'ailleurs avec celui qui l'avait formulée en premier. Bien. Vous savez parfaitement que les policiers, les gendarmes dans la rue, ça ne pourra pas être respecté. Il n'y a pas pire conduite... Il le fout sur le voile
intégral.
Mal. Mal. Souvenez-vous d'ailleurs, il y avait un type qui s'était évadé d'une prison. Il s'était évadé d'ailleurs sous une burqa pour passer inaperçu. Vous vous rendez compte ? Le symbole ? Non, ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas pire chose que dédicter une règle dont on sait qu'elle ne sera pas respectée. En revanche, qu'est-ce qu'on fait ? Un, on réduit l'immigration. Parce qu'on sait très bien que c'est l'immigration qui alimente ce séparatisme. Parce que le voile est aussi... un signe, un signal de séparatisme en même temps que de soumission de la femme. Deuxième chose, on interdit le voile là où c'est déjà possible, où on peut le faire. J'ai parlé par exemple du sport, c'est symbolique. J'ai parlé de l'école, en tout cas des accompagnatrices scolaires. J'ai parlé de l'université. Et troisième chose, on combat le voile. en s'attaquant à ceux qui veulent voiler les femmes, et notamment aux frères musulmans. J'ai déposé un texte qui a été voté au Sénat pour pouvoir dissoudre plus facilement ces organisations, pour les taper au portefeuille, pour créer un nouveau délit de séparatisme. Donc oui, on a un certain nombre de mesures qui pourraient faciliter l'arsenal de combats contre cette idéologie qui est de l'entrisme ou du séparatisme.
Pour reformuler ma question une dernière fois, est-ce que philosophiquement, vous voulez que le voile disparaisse de l'espace public et de nos rues ?
non, mais philosophiquement, je pense que voile, je viens de le dire, c'est un double symbole. C'est un signe qui dit qu'on n'est pas comme vous, de séparatisme. Et c'est surtout un symbole qui veut inférioriser le statut de la femme. Et on sait parfaitement que toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes ou des terroristes, si vous voulez. Mais tous les islamistes, vous voyez, veulent que les femmes soient voilées. En revanche, je ne suis pas prêt. à faire n'importe quoi, à dire n'importe quoi. Je ne suis pas prêt non plus à interdire dans l'espace public des cornettes ou des kippas. C'est la même chose pour vous ? La kippa ou la religieuse, c'est la même chose qu'une femme avec un voile islamique ? Vous aurez pu observer... que dans la charte constitutionnelle que j'ai adossée à la Constitution, pour la première fois, j'inscrivais les racines judéo-chrétiennes de notre culture et de notre civilisation. Donc non, ce n'est pas la même chose, mais en matière juridique, il faut y prendre garde. Il faut proposer des choses dont on sait qu'on pourra les faire. Or, le Rassemblement national, ils savent parfaitement que c'est inapplicable.