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Je crois qu'Emmanuel Macron va s'entretenir avec Sophie Adnaud depuis la Station Spatiale.
Bonjour Monsieur le Président, c'est un honneur et je suis absolument ravie de vous entendre aujourd'hui.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
vous êtes au Grand Palais, à Paris, et l'ensemble des chefs d'État, de gouvernement, la présidente de la Commission européenne, vos collègues astronautes, les scientifiques, les industriels sont là, et vous voient et vous entendent.
Merci, un grand merci à vous d'avoir organisé ce sommet. Je suis une grande fan d'exploration spatiale. J'aurais adoré participer et écouter les débats sur l'exploration spatiale. Malheureusement, je n'ai pas les pieds sur Terre. C'est bien la seule fois de ma vie où je peux le dire sans en avoir honte. Je serais ravie de savoir quels ont été les engagements pris pendant ces débats et ce sommet.
va continuer les travaux, mais il y a déjà plusieurs grands projets qui ont été lancés. Aussi, de nouvelles missions qui ont été conclues hier avec plusieurs collègues qui vont pouvoir partir dans l'espace dans les prochains mois. Donc ça, c'est une formidable nouvelle. Des grandes déclarations à la fois géopolitiques, des engagements scientifiques, des engagements industriels, des partenariats nouveaux entre Européens avec aussi... d'autres puissances spatiales. Donc tout ça, ce sont des bonnes nouvelles pour le spatial. Une cinquantaine d'engagements, plusieurs milliards. Mais dites-nous, vous, Sophie, comment ça se passe ? Et comment ça se passe pas simplement d'être là-haut, mais les missions les plus récentes que vous avez pu effectuer ?
Écoutez, d'abord je tiens à vous féliciter ainsi que toutes les personnes qui ont travaillé dur à tous les engagements que vous avez pris. C'est vraiment chouette de voir que la France et l'Europe sont plein pot dans l'exploration spatiale. Bravo à vous, c'est très inspirant. Écoutez, moi ça va super bien pour être honnête. Je suis toujours aussi émerveillée d'être dans l'espace. Un de mes objectifs, c'était d'embarquer la France et les Français et j'espère leur avoir offert quelques moments suspendus loin du quotidien. C'est vrai que les expériences récentes ont été un peu accélérées avec les sorties extravéhiculaires. C'est l'émerveillement absolu quand on voit la Terre qui est juste là, sous nos pieds, qu'on voit les continents, les pays qui défilent, les océans qui défilent. Et bien sûr, on reste concentré sur la sécurité, sur chaque action, accrocher le mousqueton pour rattacher la ligne de vie à la station, etc. Mais quel émerveillement, c'est d'une beauté à couper le souffle.
quotidien n'est pas trop dur depuis le début de la mission. On a envie de vous poser cette question aussi.
mais écoutez, là, c'est sans aucun doute, non ? Moi j'adore, je suis une grande fan d'espace et de tout ce qui se passe ici. Franchement, chacun astronaute a son analyse différente de la situation. Mais alors moi depuis le début, pour être tout à fait honnête, j'adore. Donc c'est pas trop dur, tout est surprenant en fait. Tout est différent, fondamentalement différent sur Terre. Que ce soit manger la tête en bas, dormir contre le mur et pas plaquer au sol. que ce soit faire des saltos ou travailler sur de la science ultra précise. C'est génial, j'adore l'aspect coopération internationale. Quand on travaille dur avec les équipes qui sont dans les quatre coins du monde, ça j'adore aussi. Je suis heureuse comme tout ici.
quelles sont les prochaines étapes maintenant ?
Écoutez, la prochaine grande étape, ça va être le retour. Les équipes et moi, on s'y prépare. On s'y prépare comme une mission, une partie de la mission à part entière. Donc voilà, le tout, ça va être d'être prêt pour le retour. Il va falloir retrouver, réapprendre à vivre avec la gravité. Il y aura toute une période de réadaptation à Cologne, mais aussi les debriefings techniques, scientifiques, des analyses médicales pour que la science puisse continuer à analyser les données de comment le corps a vieilli et comment il récupère. Voilà, donc c'est à la fois de l'enthousiasme pour penser au retour, parce que je vais redécouvrir les arbres, le vent, les odeurs de la terre. Mais aussi un petit pincement au cœur, parce que j'adore la vie ici. Voilà, donc écoutez, je vais prendre les choses au jour le jour et redécouvrir tout ça, les plaisirs de la terre comme un enfant émerveillé. Et à propos du retour, j'aimerais bien vous inviter, Monsieur le Président, à mon direct return à Cologne. Ça se passera dans quelques semaines, je pense. On ne sait jamais la date précise avec tant d'avance, mais ce sera... un plaisir de vous saluer en personne, et cette fois-ci avec les pieds sur terre.
Merci infiniment, Sophie. Merci beaucoup d'être là avec nous et de partager ce moment. Merci pour l'invitation. Je le rappelle, hier, j'ai commencé mon premier mandat. Je n'étais pas sur place parce qu'il est arrivé en Asie centrale, mais Thomas revenait sur le sol. Alors Nicolas
Châteauneuf, comme si... Alors d'abord, on n'est pas stupéfait, mais elle a un enthousiasme communicatif, Sophie Adnaud. D'ailleurs, je me demandais si c'était l'un des traits de caractère qui étaient nécessaires pour vivre dans la promiscuité. qu'impose la station spatiale. Et puis ma deuxième question, elle a l'air de se soucier de son retour sur Terre et de retrouver la gravité, comme si elle appréhendait le retour, les pieds sur Terre, à Cologne, où il va falloir réapprendre à vivre et mesurer ô combien son corps avait vieilli.
Absolument. Alors, au niveau du caractère, oui, Sofiano, c'est un... C'est vraiment un plaisir. Moi, je l'ai rencontrée plusieurs fois et elle a vraiment un caractère formidable, accessible, enthousiaste. Mais c'est une qualité qui est requise. Si on
ne va pas mettre quelqu'un qui a un mauvais caractère, parce que dans 9 mètres carrés, il faut être de bonne composition.
Ce qui est certain, c'est que le recrutement des astronautes a profondément changé entre les pilotes, les têtes brûlées, on va dire, du programme Gemini, qui étaient tous des pilotes d'essai, etc. Et aujourd'hui, les astronautes qui sont dans la station spatiale, ce sont des gens qui coopèrent, des gens qui savent travailler en équipe. qui savent supporter les longs voyages dans l'espace. Donc, ce sont des gens qui ont quand même un caractère et qui sont solides sur leurs appuis au niveau psychologique et qui sont remarquablement stables, y compris avec quelqu'un qui est aussi très enthousiaste. Et ça, c'est vraiment hyper agréable. On peut discuter avec elle de beaucoup de choses. C'est vraiment une personnalité très, très, très attachante, Sofiane. Et la deuxième question, votre deuxième question, en fait, sur le retour sur Terre, c'est... C'est toujours un moment qu'ils appréhendent. Le retour sur Terre pour Sophie, c'est dans à peu près un mois. Et tous ceux qui vous diront que le retour sur Terre a été facile mentent. C'est toujours compliqué. Alors on les voit plus livides. Certains sont un peu plus livides. Certains ont du mal à marcher. Ils ont l'impression de peser
une tonne parce que dans l'espace, on est très léger. On retrouve le poids de son corps. Absolument.
En fait, votre cœur, par exemple, n'a pas lutté contre la gravité pendant neuf mois pour faire circuler votre sang. Vos muscles se sont atrophiés. Même s'ils font deux heures de sport par jour, il y a l'ostéoporose. On voyait Sophie avec des lunettes, avec Olivier. On se faisait la réflexion. Elle a des lunettes. C'est peut-être dû, vous savez, aux modifications de la pression oculaire qui peut brouiller la vue, par exemple. Donc, il y a des effets. Il y a les effets des radiations, etc. Il y a quand même beaucoup d'effets sur le corps humain. Et lorsqu'il revient sur Terre, c'est évident que dans... les premiers jours, c'est compliqué.
Olivier Laskar, on revient de l'espace quand on revient sur Terre. Son corps est fatigué. L'esprit est fatigué aussi. On sait que beaucoup ont souffert de dépression. Neil Armstrong, je crois qu'il est devenu un peu mystique, non ? Derrière. Il y a d'autres personnes, je ne veux pas donner des noms, mais qui n'ont pas très bien vécu. Du côté
de la fiction, il y a un film avec Jack Nicholson où il joue un ancien astronaute qui est alcoolo. Parce qu'il a... Et pourquoi alors ? Parce que qu'est-ce qu'on a vu qui vous a... changer, transformer, marquer ? Alors, il y a une circonstance qui est souvent évoquée par les astronautes. Ils parlent de l'overview effect. L'overview effect, c'est... Écoutez, derrière vous, vous voulez que je vous dise, on voit la planète. Et je me disais, si je voyais ça... Mais eux le voient en vrai. Vu de mes yeux, vu, comme on dit. Et je me souviens d'une conversation avec Jean-François Clairvoy, par exemple, l'astronaute Jean-François Clairvoy, qui m'avait raconté le saisissement. Il me l'a raconté, mais c'est irracontable. Quand on voit la rotondité de la Terre derrière le hublot, il se passe quelque chose qui n'est pas simulable. Ils n'ont pas pu être préparés à ça. Et donc, quand ça arrive pour de vrai... c'est une joie et sans doute que c'est un déchirement quand on le quitte et qu'il faut apprendre à vivre avec ça. Donc oui, les astronautes ont besoin d'une forme d'accompagnement qui est peut-être, alors je pense que tous les gens qui les entourent le savent parfaitement, mais pour nous qui voyons ça de l'extérieur, c'est peut-être difficilement appréhendable parce qu'ils ont un côté super-héros, tous ces gens-là, mais les super-héros ont leur fragilité.