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direct sur CNews et sur Europe 1, objectif Elysée 2027. C'est l'heure du face aux rédactions. Vous allez vous installer sur le grand plateau. Et les journalistes de CNews et d'Europe 1 sont en train de s'installer. Gautier Lebret pour CNews, Louis Dorignel pour Europe 1, Charlotte Danelas pour le GDD. Bonsoir à tous les trois. Bonsoir. Évidemment, vous vous en doutez, M. Rotaillot, ils ont des questions à vous poser. On commence par Gautier Lebret.
Bruno Rotaillot, quand vous étiez ministre de l'Intérieur, vous avez dit « abat le voile », ce qui était une parole très forte. Est-ce que vous le regrettez aujourd'hui ?
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Absolument pas. On a entendu tout à l'heure la phrase exacte, c'est « vive le sport, abat le voile ». Je m'exprimais. dans des conditions très précises. Et je disais que le voile n'avait rien à faire dans les compétitions sportives parce que le sport, c'est un sanctuaire. C'est comme les institutions républicaines. C'est un moment où on peut créer du commun, où au-delà de ce que l'on est, la couleur de la peau, la religion, etc., on est capable de supporter une équipe. Et ça, je pense que ce sanctuaire de sport, il faut le garder. Et les signes ostentatoires, religieux, syndicaux... ou politiques n'ont rien à faire sur un terrain de foot ou peu importe.
Mais est-il possible de dire qu'on est ministre de l'Intérieur à bas le voile et ensuite, quand on est candidat à l'élection présidentielle, s'opposer à son interdiction dans l'espace public et dire que c'est populiste et irréalisable ?
Non mais attendez, là vous y allez fort. Bien sûr, ça pour moi... C'est démagogique. C'est typiquement la proposition... D'ailleurs, j'ai observé que depuis qu'elle a été formulée, il y a eu quatre reformulations, y compris d'ailleurs avec celui qui l'avait formulée en premier. Bien. Vous savez parfaitement que les policiers, les gendarmes dans la rue, ça ne pourra pas être respecté. Il n'y a pas pire conduite. Il le trouve le voile
intégral.
Mal. Mal. Souvenez-vous d'ailleurs, il y avait un type qui s'était évadé d'une prison. Il s'était évadé d'ailleurs sous une burqa pour passer inaperçu. Vous vous rendez compte ? Le symbole ? Non, ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas pire chose que dédicter une règle dont on sait qu'elle ne sera pas respectée. En revanche, qu'est-ce qu'on fait ? Un, on réduit l'immigration. Parce qu'on sait très bien que c'est l'immigration qui alimente ce séparatisme. Parce que le voile est aussi... un signe, un signal de séparatisme en même temps que de soumission de la femme. Deuxième chose, on interdit le voile là où c'est déjà possible, où on peut le faire. J'ai parlé par exemple du sport, c'est symbolique. J'ai parlé de l'école, en tout cas des accompagnatrices scolaires. J'ai parlé de l'université. Et troisième chose, on combat le voile. en s'attaquant à ceux qui veulent voiler les femmes, et notamment aux frères musulmans. J'ai déposé un texte qui a été voté au Sénat pour pouvoir dissoudre plus facilement ces organisations, pour les taper au portefeuille, pour créer un nouveau délit de séparatisme. Donc oui, on a un certain nombre... de mesures qui pourraient faciliter l'arsenal de combats contre cette idéologie qui est de l'entrisme ou du séparatisme.
Pour reformuler ma question une dernière fois, est-ce que philosophiquement, vous voulez que le voile disparaisse de l'espace public et de nos rues ?
non, mais philosophiquement, je pense que le voile, je viens de le dire, c'est un double symbole. C'est un signe qui dit qu'on n'est pas comme vous, de séparatisme. Et c'est surtout un symbole qui veut inférioriser le statut de la femme. Et on sait parfaitement que toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes ou des terroristes, si vous voulez. Mais tous les islamistes, vous voyez, veulent que les femmes soient voilées. En revanche, je ne suis pas prêt. à faire n'importe quoi, à dire n'importe quoi. Je ne suis pas prêt non plus à interdire dans l'espace public des cornettes ou des kippas. C'est pas ça. La
kippa ou la religieuse, c'est la même chose
qu'une femme avec un voile islamique ? Vous aurez pu observer... que dans la charte constitutionnelle que j'ai adossée à la Constitution, pour la première fois, j'inscrivais les racines judéo-chrétiennes de notre culture et de notre civilisation. Donc non, ce n'est pas la même chose, mais en matière juridique, il faut y prendre garde. Il faut proposer des choses dont on sait qu'on pourra les faire. Or, le Rassemblement national, ils savent parfaitement que c'est inapplicable. Voilà.
de Ragnel, une question pour Europe 1.
Bruno Retailleau, vous venez de rappeler à Gauthier Lebret que vous vouliez réduire l'immigration légale en France. Mais vous le savez, le Rassemblement national vous le reproche. Quand vous étiez ministre de l'Intérieur, jamais autant de premiers titres de séjour n'ont été délivrés. On est à 385 000. Comment est-ce que vous vous y prendrez quand vous serez président de la République si vous êtes élu ? Et qu'est-ce qui changera par rapport à votre méthode de ministre de l'Intérieur ?
Un des points d'opposition avec le président de la République, c'est que moi j'ai voulu très vite, je me suis aperçu qu'on ne pouvait pas limiter l'immigration sans que le ministre de l'Intérieur ne soit responsable que des expulsions, des OQTF. Il fallait limiter les entrées. Je voulais avoir la main sur les visas parce que, je vais vous l'apprendre peut-être, la France c'est un quart de tous les visas européens. On est en avance par rapport à l'Allemagne de 900 000 à 1 million. C'est injustifiable. Donc il y a trop d'entrées. Je me souviens que l'ambassade d'Algérie nous avait fait un drôle de coup. Sur Twitter, il s'était vanté d'avoir augmenté de 1000, je crois, le nombre des étudiants algériens qui venaient en France, avec la crise algérienne. Donc c'était quelque chose qui n'était pas entre mes mains. En revanche, moi j'ai... abroger la circulaire vals, j'ai fait reculer de 34% justement les régularisations, ce qu'on appelle les admissions exceptionnelles pour les clandestins, et enfin la naturalisation, je me suis raccroché au concept d'assimilation, plus personne n'en parlait, y compris à droite, et la circulaire que j'ai fait a permis de faire baisser de 24%. Ce que moi je ferai, je l'ai dit tout à l'heure, d'abord rien de possible sans que le peuple ne reprenne la main. Parce que le droit de l'immigration, je sais que vous le connaissez bien, est un droit qui était largement construit, non pas par des élus. Regardez le regroupement familial. C'est le Conseil d'État, dans les années, fin des années 68, qui impose à Giscard, en fait, de ne pas pouvoir revenir, de resserrer les conditions du regroupement familial. Donc, un, moi, c'est le peuple. Je reprends la main. Et ensuite, je vais aller sur l'ensemble des canaux d'entrée. Et les pompes aspirantes. Les canaux d'entrée, c'est les étudiants, c'est l'asile, c'est le regroupement
familial. – Bruno Retailleau, c'est vous, président de la République. Vous choisirez quel type d'immigration légale ? Parce qu'aujourd'hui, le premier poste, ce sont les étudiants étrangers. Ensuite, il y a l'immigration familiale. Et puis très loin derrière, en réalité, il y a l'immigration économique. Vous vous attaquez à laquelle ? – Vous avez oublié l'asile. – Et l'asile, évidemment. – Mais je
m'attaque à tout.
Vous baissez l'immigration économique, par exemple
? – Je la baisse, oui. Je la baisse. Ce que je veux que… On en a parlé trop vite peut-être. Je ne vais peut-être pas rester suffisamment clair tout à l'heure. Je veux faire passer l'immigration. C'est ce que veulent les Français. Ils disent qu'il y a trop d'étrangers, trop d'immigrés régulièrement. eh bien on ne s'y prendra pas, en tout cas pour s'y prendre de façon efficace, il faut agir sur les deux, légal et illégal. Je l'ai dit tout à l'heure, quand vous entrez légalement sur le territoire avec un visa touristique, vous vous maintenez parfois illégalement. Donc l'entrée est légale, le maintien est illégal. Ça c'est quelque chose qu'il faut comprendre. Et je fais baisser. Alors l'immigration économique, un autre point. Je dis aux chefs d'entreprise... On a quasiment entre 380 et
400 000. Ils vous l'ont dit au MEDEF. Ils vous l'ont dit. On a besoin de main d'oeuvre au MEDEF. Aujourd'hui, c'est très
faible. La part des titres de séjour économiques, on est à 13,5%. Comparé aux étudiants étrangers, on est à 31%. Vous voyez, le décalage est énorme. Je vais être très clair.
Le chômage touche quasiment deux fois plus les étrangers que les nationaux. On croit faire venir des travailleurs et on fabrique des chômeurs. La preuve, au moment où on se parle, à Pôle emploi, je n'ai pas les derniers chiffres, on doit être entre 380 et 400 000 étrangers qui ne sont pas clandestins. Eux, ils ont attendu des semaines, parfois des mois pour avoir un titre de séjour régulier. Et ils sont à France Travail, ils sont au chômage. Donc je dis évidemment à ces chefs d'entreprise qu'ils sont disponibles. Mais moi, je pense par ailleurs que... On doit réformer l'assurance chômage. Je pense qu'il y a trop d'assistanat en France. Je pense qu'on a encouragé... Et là, on parle plus d'immigration. On parle plus d'immigration du tout. Non, mais regardez, Lance Ferrari. Quand Marine Le Pen, par exemple, elle avait refusé de voter les 15 heures, je l'avais proposé au Sénat, de contrepartie du RSA. Pour remettre les gens au travail, en insertion économique. Elle avait refusé. Elle est pour l'assistanat. De toute façon, la retraite à 60 ou 62 ans, moins on travaille, mieux on se porte. Très bien. On sait ce que ça donne. C'est ce qui appauvrit la France. Mais quand vous faites ça... Et quand vous ne mobilisez pas suffisamment de travail en France, la solution, c'est l'immigration. Donc moi, je pense qu'il faut être très clair. Je pense qu'en France, il n'y a pas suffisamment de travail. Et je pense qu'il y a des prestations sociales, il y a des filets de sécurité avec des dérives qui encouragent.
Dernière relance sur ce sujet. Quel est votre chiffre idéal ? Aujourd'hui, on est à 385 000 premiers titres de séjour. Il y a un stock total de plus de 3 millions de titres de séjour. Vous, vous aimeriez quoi comme chiffre, comme ordre de grandeur
? Le plus faible possible. Je ne crois pas à l'immigration zéro. Je ne crois pas à l'immigration zéro. Je pense que sur les étudiants, on a besoin, mais pas du tout, de l'immigration estudiantine qu'on a aujourd'hui. On a aujourd'hui des étudiants, pour les deux tiers, ils passent leur licence en plus de trois ans. Et pour révoquer leur titre de séjour, il faut qu'ils aient redoublé trois fois la même année. C'est totalement laxiste. Je discutais avec l'ambassadeur indien tout à l'heure qu'il y ait des ingénieurs indiens qui viennent en France. Oui, bien sûr, parce qu'on en a besoin. Mais on n'est pas, encore une fois, le réceptacle d'une immigration estudiantine qui vient comme étudiante et en réalité qui reste en prolongeant son séjour. Il faut être beaucoup, beaucoup plus strict.
Bruno Rotaillot, il est 21h32, on est en direction CNews et sur Europe 1. Vous êtes l'invité d'Objectif Elysée 2027. Charlotte Dornelas du JDD a une question à vous poser à propos de la justice.
Absolument. Cet été a été marqué évidemment par la mort de la petite Liana. Et dans le sillage de ce drame, la question de la responsabilité notamment individuelle des magistrats a été posée. Mais l'intégralité de la chaîne pénale, depuis les enquêteurs jusqu'aux magistrats, ont réagi, parfois de manière assez virulente, en expliquant que, quelles que soient les responsabilités des uns et des autres, il y avait un engorgement structurel de toute la chaîne pénale. Les enquêteurs vous expliquent qu'il n'y a plus de vocation dans la police judiciaire, les magistrats qui sont beaucoup moins nombreux, et c'est factuel que partout ailleurs en Europe, que la procédure pénale s'est complexifiée au fil du temps, que personne ne l'a simplifiée. Bref, tout ça s'ajoute et au bout du bout, on a évidemment des victimes absolument désespérées. Qu'est-ce que vous répondez à cet état de fait ? De quoi faut-il aujourd'hui délester la chaîne pénale pour qu'elle retrouve son efficacité depuis les enquêteurs jusqu'au magistrat
'il y ait des problèmes moyens, sans doute. On est dans l'État, je l'ai éprouvé. à l'âge de pierre numérique, concrètement, pour qu'on comprenne ce que je veux dire à une portée très concrète, si on avait des systèmes d'information, des fichiers, entre le ministère de la Justice, Cassiopée, et les fichiers gendarmerie, police, qui soient interconnectés, et qu'on fasse ce qu'on fait pour les affaires sexuelles, ce qu'on fait pour le terrorisme, que dès qu'un nom apparaît deux fois dans ces fichiers, il y ait une sonnette pour avertir. Il y en a serait en vie. Donc il y a bien sûr des questions qui sont des questions de moyens. Mais vous n'épuisez pas le problème en disant que ça n'est qu'une question de moyens. Il y a un problème de laxisme pénal en France. Moi, j'ai vu des policiers tabasser des vidéos. Donc on avait les images, on a interpellé les individus et quelques heures après, quelques jours, ils étaient en liberté. Ce n'est pas possible. Ce qui me choquait le plus quand j'étais au ministère de l'Intérieur, c'est la violence de mineurs, sans aucune empathie, qui pouvaient tuer. À chaque fois, je demandais aux policiers, aux gendarmes, le nombre d'antécédents judiciaires. Eh bien, c'était 20, 25 antécédents judiciaires. Ils n'avaient pas eu de punition, de sanction. Et quand le Conseil constitutionnel... Quand on vote un texte qui allait dans le bon sens, qui était timide il y a un an, sur la justice pénale des mineurs, le Conseil constitutionnel en censure l'essentiel. Et vous savez ce qu'il dit ? Il dit, attention, en France, pour les mineurs, le principe cardinal, ça doit être en réalité l'éducation et non pas la sanction. Ceux et celles qui ont des enfants, est-ce qu'un jour, ils ont imaginé de séparer la sanction et l'éducation ? Donc c'est ce que je veux faire sauter, moi. Parce qu'on est dans un système qui refuse la sanction.
Donc vous voulez des peines courtes ?
Pour les mineurs, je veux par exemple abaisser la majorité pénale à 15 ans. Je veux que dès qu'un mineur, par exemple tabasse, qui a des violences physiques, un premier délit grave, qu'il fasse des courtes peines de prison. Parce qu'ils n'ont plus d'empathie, parce qu'ils ne savent plus calculer la portée de leurs actes. Et pour qu'ils la calculent, il faut qu'ils soient enfermés. pendant 15 jours, dans des prisons qui seront des prisons un peu spéciales. On ne va pas les mélanger avec des terroristes, évidemment. Mais il faut rétablir en France une fermeté. Il y a un principe très simple, parce que là, on vit sur un principe. D'ailleurs, un peu 68 armes, mais y compris du temps de Mme Taubira, il y avait eu des assises du consensus. Et dans ses conclusions, il y avait la prison comme école du crime. Et moi, je pense que le grand principe, c'est que les individus... sont parfois rationnels. Et il faut que lorsqu'ils commettent un crime ou un délit, ils se disent « ça peut me coûter beaucoup plus que ça va me rapporter ». Pour que ça leur coûte beaucoup plus, il faut augmenter les chaînes des peines. Voilà pourquoi je veux par exemple des peines minimales, pour que quand on tabasse un policier, un gendarme, un sapeur-pompier, le juge… Il n'est pas le choix. Il y a une peine minimale. Le code pénal dit qu'il y a des peines maximales. Il y aura des peines minimales. En
cas de
récidive, par exemple.
Dans le siège de votre réforme constitutionnelle, il y a plusieurs points qui touchent la justice. Il y a cette question des peines minimales. Il y a le renforcement de la sécurité des établissements pénitentiaires.
Les fouilles, par exemple, des juges internationaux. ont fait qu'aujourd'hui, on ne peut quasiment plus faire de fouilles systématiques pour des individus qui pédètrent dans les prisons.
Mais il y a aussi la rétention de sûreté pour certaines personnes après leur peine qui sont jugées encore dangereuses.
Notamment pour ceux qui risquent d'avoir une récidive sur les agressions sexuelles, oui. Parce que ce sont des pulsions. J'ai même été jusqu'à proposer la castration chimique. Soit tu acceptes la pratique, mais de façon... obligatoire. Sinon, tu restes en prison. Mais
simplement, pour toutes ces mesures-là, il faut des places en prison. Or, il vous a échappé qu'on n'en a plus et que les magistrats sont aussi chargés de voir le nombre de places de prison qu'il reste et on leur demande également de regarder ça. Alors, j'imagine que vous allez me dire que vous voulez construire des places de prison. Vous n'êtes pas le premier à nous le promettre.
Comment
vous ferez concrètement ? C'est-à-dire que, est-ce que les moyens de cette fermeté passent notamment par la construction de prison et comment on fait puisque personne n'a l'air d'y arriver ? Un,
il le faut. Deux, ceux qui disent que les maires ne le veulent pas, c'est faux. Ils mentent. Par exemple, en Vendée, il y avait deux maires, La Roche-sur-Yon et Fontenelle-Comte, qui avaient souhaité qu'il y ait une prison nouvelle, d'ailleurs, sur leur sol. Deuxième chose, on ne construit pas des prisons. Au même prix, il y a des prisons qui doivent être plus coûteuses parce qu'il y a un niveau de sécurité. Mais par exemple, pour des jeunes, il faut faire des prisons. Troisième chose, pourquoi s'interdire de construire grâce aux privés ? Il sera plus efficace que l'État. Et enfin, regardez ce qu'ont fait les Hollandais. Les Pays-Bas ont une politique où, effectivement, ils emprisonnent plus vite, moins longtemps. Et ce qui fait qu'ils ont besoin de beaucoup, beaucoup moins de place pour y mettre beaucoup plus... parce qu'il y a des places, il y a ce qu'on appelle une rotation, et ils ont d'ailleurs construit au départ des places de prison, et ils ont fini par en louer, notamment à la Belgique, parce que ça a été dissuasif. Donc je pense que la construction de prison, oui, mais il n'y a pas que ça. Il y a une différenciation. Il y a le privé et puis il y a une autre politique pénale qui permettra justement de ne pas engorger les prisons. Nous on attend le dernier moment et donc on a des peines de prison qui sont beaucoup plus longues et ça engorge les prisons. Et 84
% des Français sont évidemment favorables à la construction de nouvelles places de prison. Une dernière question
justement sur le laxisme judiciaire parce que là encore une fois on le fait beaucoup peser sur des décisions individuelles de magistrats. Or il se trouve qu'on discute beaucoup du prononcé des peines. Mais il y a bien des peines qui sont prononcées puisqu'on discute aussi de l'exécution des peines. Or, la question de l'exécution des peines est peut-être la première chose à examiner. Et là, le cadre est légal, cette fois-ci, de l'exécution des peines et de leur aménagement permanent. Est-ce que vous allez revoir ça de fond en comble ? De fond
en comble. Vous avez raison, ce qui choque les Français, c'est l'écart entre les peines encourues dans le code pénal, les peines prononcées par le tribunal. Et les peines réellement effectuées. Comment fait-on ? Je supprime les aménagements de peines automatiques. Je supprime la loi de Taubira qui dit qu'avant 6 mois et 1 an, en réalité, dès que vous êtes condamné à 6 mois, 1 an de prison, vous ne faites pas de prison. Et ce que je fais aussi, je supprime le JAP, c'est-à-dire le juge d'application des peines. Parce qu'on est le seul pays européen avec l'Italie à avoir un juge qui va réformer, qui va... changer la décision du juge du tribunal. Non, le juge qui juge au tribunal, il prend une sanction, elle doit être appliquée. Je pense qu'il faut une grande fermeté, tout simplement. Vous supprimeriez
le juge d'application ?
Je viens de le dire, je supprimerai, ça fait plusieurs années que je l'ai proposé. Mais tout simplement, on vit dans une société qui est hyper violente. Et moi, je veux casser la fabrique des barbares. Il faudrait même parler de l'école et même sans doute de la famille. Et on va en parler dans un instant. Parce que ça remonte, si j'ose dire, un peu loin tout cela. Il faut déjà que les familles donnent un cadre, qu'on arrête l'éducation dite positive. Un enfant, ça a besoin d'avoir un cadre, des limites. On lui dit non. Voilà, parce que dans la vie... Il y aura des buts. Il faut l'éduquer. Éduquer, ce n'est pas toujours dire oui. C'est vrai.
21h41, on est en direct sur CNews Europe 1. Merci à Charlotte Donnelas, Gautier-Lobrette et Louis de Ragne.