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chers amis, d'abord, je remercie... Oui, bonjour. Je remercie Cécile pour son invitation. Il y a longtemps que je n'étais pas venu à Frangy, donc elle a pensé que ça me manquait. Ça me manquait. J'aurais pu venir comme candidat à l'élection présidentielle, j'étais venu comme premier secrétaire. J'aurais pu venir comme président de la République, même une année où... Il y avait une cuvée particulière. J'aurais pu venir après, mais je viens aujourd'hui, parce que le temps est beau, je le savais, et que je voulais ici, à Franchy, retrouver des élus, Jérôme, comme président de la région, des parlementaires, des amis qui m'ont accompagné et qui m'accompagneront toujours. C'est vrai que cette fête, elle s'est inscrite dans la mémoire socialiste. parce qu'elle est née au moment où précisément le parti socialiste s'est refondé au début des années 70 c'était pierre jox il venait d'être élu député et il avait lancé cette belle initiative puis ensuite régulièrement les dirigeants socialistes sont venus pour saluer les oeuvres de la gauche qui arrivait au pouvoir en 1981 et qui ont considérablement changé notre pays, pour ensuite venir, j'ai été premier secrétaire, pour saluer ce que faisait Lionel Jospin au moment de la gauche plurielle, puis ensuite aussi pour regarder ce que nous faisions nous, comme président de la République, à partir de 2012, notamment pour réduire le chômage, pour faire en sorte que l'éducation puisse être prioritaire, et puis aussi pour faire que les... les valeurs de la République puissent être défendues. Depuis 2017, justement, la gauche a laissé la place. La gauche s'est même progressivement divisée et effacée. Et aujourd'hui, nos électeurs, après 10 ans et deux élections présidentielles au cours desquelles ils ont été amenés à voter contre et à ne pas voter pour, à être écartés du second tour de l'élection, ces électeurs se posent la même question. Est-ce que nous serons capables, l'année prochaine, à travers la candidature que nous choisirons, mais surtout le rassemblement que nous opérerons, est-ce que nous serons capables d'être l'espoir pour le pays et de mener nos compatriotes ? à nous choisir pour les cinq ans qui viennent, et pas simplement d'écarter l'extrême droite. C'est vrai que Jérôme l'évoquait, quand on regarde ce qui se passe aujourd'hui sur le plan électoral, sur le plan des mouvements de la société, nous pouvons nous inquiéter. Nous inquiétons d'ailleurs comme beaucoup d'Européens qui voient l'extrême droite progresser jusqu'au point. Oui, quand on voit aussi un certain nombre de comportements, d'actions d'élus, de dérives dans les propos publics, oui, nous pouvons nous poser cette question. Est-ce qu'il y a encore une force capable d'enrayer ce processus qui conduirait la France et sûrement l'Europe à basculer, à verser ? Eh bien, ce que j'étais venu vous dire aujourd'hui, c'est que rien n'est fatal. Tout dépend de nous. Tout a toujours dépendu de nous, d'une certaine façon. Je ne parle pas simplement de ce qui s'est produit lorsque le pays était dans le chaos le plus complet pendant les années noires. Non, je pense surtout à ce qui a été le long chemin de la Ve République. Cette course que François Bitterrand avait engagée pour qu'enfin l'alternance vienne. Oui, tout a dépendu de nous parce qu'il y avait un grand parti, le parti socialiste, qui faisait qu'il dominait tout en respectant ses partenaires de la gauche. Tout a dépendu de nous parce que les grandes réformes, les grands actes de progrès ont été d'une certaine façon combattus avec nous et ensuite fait en sorte qu'ils puissent être adoptés grâce à nous. Donc rien n'est fatal, beaucoup dépend de nous. à condition que nous soyons capables de trouver l'issue et que nous puissions élever l'enjeu de l'élection présidentielle. Si nous nous laissons prendre simplement par le commentaire du jour, par les difficultés du quotidien, elles sont réelles, évoquer le prix de l'essence, ce qui s'est passé aussi cet été, les craintes que nous pouvons avoir pour la rentrée, si nous nous laissons simplement baloter par le quotidien, Si nous laissons ce sentiment d'impuissance prospérer, si nous ne sommes pas conscients qu'il faut que les Français soient fiers du vote qu'ils vont faire l'année prochaine, alors nous ne pourrons pas les convaincre. Pour gagner, il faut qu'ils soient conscients, nos compatriotes, que le suffrage qu'ils vont utiliser va être non seulement utile pour eux-mêmes, mais capable de donner à la France... un autre élan, un autre souffle, et de permettre à l'Europe de retrouver une cohésion, et au monde même, d'espérer dans la paix. Jamais un vote, depuis 50 ans, jamais un vote n'a été aussi décisif pour l'avenir non seulement de notre pays, mais de notre continent, et même de la démocratie. C'est en élevant l'enjeu que nous pouvons élever aussi. L'espoir et faire lever les têtes. C'est regardant le monde tel qu'il est que nous devons mesurer notre responsabilité. J'ai dirigé la France pendant une période qui était déjà très difficile. Mais d'une certaine manière, le monde que j'ai pu appréhender, qui m'a fait face, a peu à voir avec le monde d'aujourd'hui. Le monde d'aujourd'hui, c'est deux guerres qui sont... à nos frontières pour l'une et pas si loin de nous pour l'autre. Ce sont deux guerres meurtrières qui chaque jour font hélas des victimes. C'est aussi deux des trois qui sont bloqués par l'intervention américaine et le comportement iranien avec toutes les conséquences que ça a pour notre vie quotidienne. C'est la liberté des mères qui est mise en cause. C'est le libre-échange qui est entravé par le retour du protectionnisme. C'est la Chine qui impose ses dominations par une subvention permanente à ses produits. C'est l'intelligence artificielle qui vient changer nos modes de vie et nos modes de production. C'est le climat dont la dégradation qui était déjà présente sous nos yeux il y a 20 ans et qui avait donné à la conférence de Paris tout son rôle historique. mais qui aujourd'hui s'est amplifié, s'est accéléré. Voilà le monde tel qu'il est. Et ce monde-là, il crée des peurs, mais il doit aussi créer des responsabilités. C'est la nôtre. Quant à l'Europe, l'Europe que les socialistes, pas seulement les socialistes, ont considéré comme essentiel et ont contribué à bâtir l'Europe, qui était un espace regardé comme paisible. et qui était un exemple pour les démocraties. L'Europe, aujourd'hui, elle s'inquiète, elle a raison pour sa propre sécurité. Elle est plus sûre que son partenaire, son allié américain viendra la sauver si elle était attaquée. L'Europe, n'est pas capable aujourd'hui... d'avoir la force nécessaire pour intervenir là où elle est attendue notamment pour préserver la paix l'europe qui est elle-même incapable de faire fond face à la prédominance américaine sur le plan commercial l'europe qui ne protège pas suffisamment également ses industries face à la concurrence déloyale de la chine l'europe l'europe qui est aussi gagné par les mouvements d'extrême droite C'est cette Europe-là que nous avons aussi, d'une certaine façon, en charge par le vote que nous allons émettre l'année prochaine. la France ? France où elle en est aujourd'hui. On nous avait promis depuis 10 ans un dépassement, nous avons un déclassement. Déclassement d'abord économique, chacun connaît les chiffres, hélas. Une croissance qui s'est arrêtée, un chômage qui a repris, une inflation qui est forte. Un pouvoir d'achat qui s'est contracté et des déficits publics considérables qui font que nous avons une dette qui est aujourd'hui record dans notre histoire. Des classements sociaux aussi avec un pouvoir d'achat qui est entamé et puis un accès aux soins, un accès à l'éducation même qui se rendent finalement plus difficiles que par le passé. Enfin, un déclassement politique qui s'ajoute aux autres avec des partis traditionnels, classiques, le nôtre. qui se sont affaiblis au cours du temps. Une instabilité rare sous la Ve République. Un gouvernement dont le Premier ministre se vante d'être le plus faible de l'histoire de la Ve République. Un budget dont on ne sait pas s'il sera voté. Voilà le déclassement politique aussi. Alors, dans ce contexte, il y a deux attitudes à avoir face à ce désordre mondial. à cette crise européenne et à ce sentiment de déclassement ici en France qui correspond pour une part à la réalité, il y a deux attitudes possibles. L'attitude de repli, que j'appellerais la division. Penser que finalement il n'y aurait rien d'autre à faire que de se rétracter, que de s'enfermer dans nos frontières ou dans nos certitudes. et de faire que la France puisse espérer s'en sortir seule. L'attitude aussi qui consisterait à nous séparer les uns des autres, à nous confronter les uns avec les autres. De ce point de vue, la gauche radicale et l'extrême droite jouent à ce phénomène de confrontation. Et enfin, il y aurait cette idée que l'adversaire serait en notre sein. y compris dans notre pays, que l'autre serait finalement la menace qui pèse sur nous. Ça c'est la première attitude. Elle est possible. Elle est possible quand il n'y a plus d'espoir. Elle est possible quand il y a cette inquiétude qui l'emporte sur toute raison. Elle est possible quand il y a une incapacité pour la démocratie à montrer à la fois son efficacité et sa vertu. Mais l'autre voie, et c'est celle-là qu'il faut ouvrir, et c'est celle-là qui sera décisive, c'est l'union. L'union, non pas pour l'union, l'union pas pour sauver un système ou pour préserver des institutions seulement. Non, l'union pour un projet. C'est le projet qui, finalement, est candidat à l'élection présidentielle. Des candidats, il y en a. chaque jour on amène un de plus ou une de plus c'est le projet qui va compter est ce que nous sommes capables de porter un projet un projet qui unit qui fédère qui rassemble pour ça il faut avoir une volonté pas simplement une volonté de nous mettre les uns avec les autres au delà même des partis politiques non une volonté de porter la même ambition la même fierté la même Capacité à donner un avenir est d'abord à la jeunesse. Moi je considère que la grande priorité c'est la jeunesse aujourd'hui. Dans une société qui vieillit, elle vieillit. Dans une Europe qui connaît et va connaître longtemps un univers démographique. Quel autre espoir peut-on donner à toutes les générations ? que d'offrir à la plus récente, à celle qui va finalement non seulement avoir à conduire le pays le moment venu, mais à nous donner le sentiment que nous progressons, que nous avançons, c'est-à-dire la jeunesse. La première priorité, c'est l'école de la République. La première priorité, c'est aussi, pas simplement l'école, de faire qu'avec, finalement, peut-être moins d'élèves, nous arrivions à mieux encadrer. que nous donnions aux enseignants plus de capacité pour agir, aux chefs d'établissement plus d'autonomie aussi, dans certaines circonstances, pour porter les projets, plus de mentorat pour les enseignants, plus de souplesse. Mais nous avons aussi le besoin d'une orientation différente, de faire que le lycée professionnel, 30% des jeunes sont en lycée professionnel, puissent être source de débouchés, de compétences, de qualifications. Les pays qui s'en sortiront le mieux, parce que tous connaissent un univers démographique, seront ceux qui ont fait l'investissement sur la jeunesse. L'investissement sur la jeunesse, c'est l'école, c'est l'éducation, c'est l'enseignement supérieur, c'est l'orientation, c'est la qualification. Arrive l'intelligence artificielle, à la fois celle qui va nous donner des informations que nous mettrons quelques secondes à pouvoir disposer. mais aussi celles qui risquent de nous enfermer aussi dans des algorithmes que nous ne maîtrisons plus. L'intelligence artificielle doit être un outil pour l'éducation nationale et pour nous, pour nous tous, une responsabilité pour en maîtriser les conséquences. La seconde priorité, c'est toujours le travail. Le grand débat de l'élection présidentielle, vous l'entendez déjà, c'est d'un côté la droite. Il dira qu'il faut travailler plus. Nous connaissons la chanson. Elle a déjà été prononcée par des chanteurs célèbres. Donc, travailler plus, c'est plus nombreux à travailler. C'est nécessaire. Il y a 1 500 000 jeunes de 15 à 30 ans qui sont sans emploi ni formation. Il y a des seniors que l'on écarte à partir de 55 ans de l'activité. Il y a des personnes qui sont sans qualification et qu'on ne parvient pas à réinsérer sur le marché du travail. Oui, il faut travailler. Il faut travailler davantage. Il faut qu'ils soient plus nombreux à travailler. Il faut que le travail aussi puisse avoir un sens, que la qualité au travail puisse aussi être une dimension de ce que nous avons à proposer, notamment aux jeunes générations. Il faut que, justement, face aux mutations qui vont arriver, nous puissions offrir des qualifications à tous les moments de la vie. La troisième priorité, c'est l'écologie, non pas telle que nous l'avions conçue peut-être il y a des années, simplement dans la préservation de la nature, et une forme d'empêchement, d'un certain nombre de dégradations. Ça va plus loin, aujourd'hui, la transition écologique, compte tenu de la question climatique. C'est de savoir comment nous allons changer à la fois... Nos modes de transport, nos modes de production, comment nous allons électrifier l'ensemble de notre économie. Ce qui était quelquefois un doute est-ce que finalement il fallait choisir entre l'écologie et l'emploi ou la croissance. Ce débat est derrière nous. Nous allons avoir plus d'emplois, plus d'économies, plus d'industries par l'écologie. A la condition, bien sûr, que nous fassions des choix industriels qui correspondent à la fois à l'intérêt de la planète, à la question aussi du territoire, de la localisation de ses activités et de l'enjeu productif. Ça, c'est la troisième priorité. La jeunesse, travail, l'écologie, qui induit une industrie. Et puis enfin, d'assurer notre souveraineté. La souveraineté, on en parle beaucoup, je laisse ça aussi aux souverainistes, c'est pas de produire tout ce que nous consommons, c'est impossible, c'est pas de nous enfermer derrière nos frontières, ce n'est pas ce que l'intérêt de la France et du monde exigent, l'échange est nécessaire, ce n'est pas de refuser l'ouverture des marchés, non, nous avons besoin aussi qu 'il y ait des produits qui rentrent et des produits qui sortent, ce que nous fabriquons. Non, la souveraineté, ça veut dire d'être capable d'être indépendant sur les choses essentielles. Et la première, c'est l'énergie. Je suis ici dans une région qui sait ce qu'il en est. Et nous avons eu nous-mêmes des débats sur cette question énergétique entre ceux qui étaient pour le renouvelable, ceux qui étaient pour le nucléaire. Et bien il se trouve que nous sommes à la fois pour le nucléaire et pour le renouvelable. Que nous sommes les meilleurs sur le nucléaire. Nous avons réussi à préserver, et j'y ai veillé quand j'étais président de la République, à ce que nous ayons avec Christophe des choix qui n'étaient pas faciles, y compris quand il s'agissait d'autoriser des centrales nucléaires au dehors de France, notamment au Royaume-Uni, pour préserver les capacités, pour préserver les savoir-faire. Donc nous avons réussi à avoir une industrie nucléaire qui nous permet de ne plus émettre de CO2 lorsque nous consommons de l'électricité. Et qui nous permet aussi d'avoir tous les développements qui sont liés. Je parlais du Creusot et de ce que le Creusot apporte pour les fabrications de nos centrales. Et nous avons besoin aussi de renouvelables. Parce que le renouvelable s'ajoute avec des formes différentes à ce que le nucléaire offre. Et ça aussi, c'est une grande capacité qu'a la France que nous devons garder pour notre indépendance. Ne plus avoir à dépendre, comme nous le faisons aujourd'hui, des ressources qui nous viennent hier du gaz russe, aujourd'hui du pétrole du Moyen-Orient, de tout ce qui est l'énergie fossile, d'être nous-mêmes capables de nous débarrasser à la fois du CO2 et de ces importations-là. Et pour notre commerce extérieur et pour nous-mêmes. Ça prendra du temps, d'où la nécessité de l'électrification. D'où l'enjeu du véhicule électrique. Je parle notamment ici, dans un département rural, où la mobilité est tout à fait essentielle et où le véhicule électrique doit être prioritaire. Là où on doit aider l'achat auprès de véhicules électriques, c'est ici, dans les départements ruraux. Et notamment en soutenant l'industrie automobile française pour qu'elle accélère encore la mutation vers l'électrique. La souveraineté, c'est aussi la souveraineté agricole. Non pas que nous voudrions, comme certains, refuser que nous puissions produire pour les autres. Nous avons besoin de nourrir le monde aussi. Mais tout ce que nous pouvons faire pour préserver la qualité de nos produits, la capacité de... de production ici, notamment, on en parlait pour l'élevage, pour le poulet, pour le maraîchage. Nous avons besoin de garder une agriculture et de faire en sorte que cette agriculture reste dans un cadre, non pas familial comme on le disait autrefois seulement, mais dans un cadre qui nous permet de faire le pari de l'agroécologie. Et d'éviter que nous soyons à chaque fois dans des subventionnements qui sont pour l'agrandissement sans qu'il y ait la qualité qui corresponde. Même si nous savons bien qu'il y aura là aussi des transmissions d'exploitation qu'il faudra assurer. Et puis l'autre élément de la souveraineté c'est sur la recherche. Aujourd'hui nous allons consacrer, et les menaces qui pèsent sur nous l'exigent, beaucoup plus que nous n'avions prévu pour notre défense nationale. 6 à 9 milliards par an pour les 5 prochaines années. Là aussi, d'expérience, produire des chars, des avions, des missiles, des drones, tout ça est nécessaire. Et c'est pas ça qui fait seulement la défense du pays. Ce qui fait la défense d'un pays, c'est d'abord l'esprit de défense. Est-ce que nous voulons, nous, la France, les Français, assurer notre rôle, prendre des responsabilités, y compris quand il s'agit... de décider d'opérations militaires extérieures, ce que j'ai fait ? Est-ce que nous sommes capables de convaincre notre peuple que dans ce monde dur, il faut avoir un rapport de force ? Mais la défense, c'est au-delà de l'esprit qui doit l'animer, c'est aussi d'avoir une industrie, une recherche, une capacité d'innovation qui nous rendent également plus forts et plus indépendants. C'est ça la souveraineté. Et je considère qu'une partie de ce que nous consacrons à l'industrie de la défense au crédit militaire doit être aussi mise au service de l'industrie civile et de la recherche. Nous avons perdu des places dans le haut niveau de la recherche,
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dans
l'innovation, dans l'enseignement supérieur, dans les mathématiques. Vous avez entendu ces débats sur les mathématiques ? Le fait que la France, grand pays scientifique, Et finalement, décourager cette orientation, notamment pour les filles. Nous avons le devoir aujourd'hui d'être une grande nation scientifique. Et je ne me plains pas des développements que nous pouvons, y compris faire dans l'espace, sur les satellites, tout ce qui contribue à nous donner une nouvelle étape de découverte scientifique, y compris sur l'intelligence artificielle. Enfin, être souverain, c'est nous désendetter. Un moment précisé, nous avons la dette publique par rapport à la richesse nationale la plus haute de notre histoire. Nous avons des charges d'intérêt, des emprunts que nous avons donc, enfin qu'ils ont, dans les dernières années, des charges d'intérêt qui représentent plus de 70 milliards d'euros, pour donner un ordre de comparaison. Le budget d'éducation nationale, c'est 70 milliards d'euros. Ça veut dire que chaque année, nous dépensons autant pour payer, non pas le remboursement de nos emprunts, pour payer les intérêts de nos emprunts, que pour éduquer nos enfants. Et si nous ne faisons rien, dans deux ou trois ans, et si les taux d'intérêt continuent d'augmenter, et on regarde ce qui se passe dans les détroits, dans Mousse, de Babel, Mandel et de la politique de Trump, est possible que ce soit le cas. Nous aurons 100 milliards dans 3 ou 4 ans à dépenser pour les seules charges d'intérêt. C'est-à-dire autant que pour le budget de l'éducation et pour la moitié du budget de la défense. Alors, nous pourrions dire que nous pouvons nous mettre la dette au feu. Mais je vais quand même préciser que la dette n'est pas inflammable. C'est un seul élément sur lequel je suis sûr qu'elle ne peut pas être jetée. Mais au-delà de la technique qui n'a pas d'importance ici. De mon expérience, et elle a été de ce point de vue assez cruelle, lorsque je suis arrivé aux responsabilités, c'était la crise de la zone euro déjà. Il y avait des pays qui ne pouvaient plus payer leurs dettes à cette époque. L'Espagne, l'Italie avaient des difficultés, le Portugal était au bord de l'abîme et la Grèce était dans l'abîme. pays-là recherchaient auprès de l'Europe comment sortir de cette difficulté. Le pays le plus en crise était la Grèce et le premier ministre de l'époque, qui était un ami d'ailleurs, M. Tsipras, il avait pensé qu'il pouvait faire un référendum pour annuler la dette lui aussi. Il a fait son référendum, il l'a gagné. soit de sa victoire, je dis tu as gagné, donc tu as perdu. Parce que demain, ça sera plus difficile encore pour obtenir des Européens qui viennent en soutien de la Grèce. J'ai fait en sorte que la Grèce puisse être sauvée. Aujourd'hui, la Grèce emprunte à des taux d'intérêt plus faibles que la France. C'est vous dire si elle a progressé, c'est vous dire si nous avons progressé. Mais pour en revenir au sujet, chacun peut dire qu'il ne paye plus la dette comme d'ailleurs du côté du rassemblement national il est tout à fait possible de ne pas payer sa contribution au budget de l'union européenne et de ne pas respecter les traités européens mais il ya une conséquence dans les deux cas c'est que il faut à ce moment là sortir de l'union européenne et sortir de la zone euro et donc le débat politique c'est pas une débat technique c'est un débat éminemment de principe et qui doit être posé aussi nettement devant les Français, voulons-nous rester ou quitter la zone euro et l'Union européenne ? Je sais les débats qu'il y a pu y avoir sur la question européenne en France. J'ai en mémoire le référendum de 2005, le doute qu'il y avait sur l'Europe et son orientation. Mais aujourd'hui, même ceux qui ont voté non, ils étaient majoritaires. Même ceux qui sont aujourd'hui les plus hostiles à l'Europe, demandez-leur. Vous voulez retrouver le franc ? Vous voulez quitter la zone euro ? Vous ne voulez plus avoir la solidarité de l'Union Européenne ? Vous ne voulez plus avoir l'ouverture des marchés ? Vous ne voulez plus être dans une forme de cohésion que vous apporte l'Europe, de protection que vous apporte l'Europe ? Car si nous n'ayons pas aujourd'hui la zone euro, dans la turbulence financière que nous connaissons, les taux d'intérêt ne seraient pas, et c'est déjà beaucoup. À 4,5, il serait beaucoup plus haut, ou plus exactement, nous aurions été amenés déjà à dévaluer plusieurs fois la monnaie. Donc le vrai débat n'est pas technique, c'est un débat politique. Si nous ne voulons pas respecter les traités européens, on a parfaitement le droit. Si nous ne voulons pas payer notre dette, ça c'est plus compliqué sur les marchés mondiaux, mais c'est possible de dire qu'on veut retrouver la Banque de France et s'en débrouiller avec elle. Mais on quitte l'Europe. On quitte la zone euro. Et donc ils se cachent les uns les autres pour dire que finalement tout ça c'est de la technique, que c'est toujours possible. Non, il y a un moment la vérité doit éclater avant qu'il ne soit trop tard. On ne va pas mettre en cause 50 ans de construction européenne. Avec François Midian qui a joué un rôle essentiel pour la création de l'euro. Puis Lionel Jospin pour la mise en place de l'euro. puis moi-même, pour préserver la zone euro, pour faire que nous soyons à peu près une union économique et moderne qui tienne sa place, et qui est une meilleure place que celle aujourd'hui de la zone dollar, et notamment de ce que fait aujourd'hui la Banque fédérale américaine. Nous n'avons pas fait tout ça pour remettre en cause aujourd'hui cette grande aventure, cette grande avancée au moment de l'élection présidentielle. Élevez l'enjeu, je vous disais. C'est aussi regarder ce que disent les uns et les autres sur le soutien à l'Ukraine, sur la capacité que nous aurions à affronter la diplomatie de Trump, de savoir ce que nous aurions à faire pour la défense de l'Europe, la capacité que nous aurions, avec l'Allemagne, à relancer l'Union européenne. Voilà ce qu'il faut mettre devant les Français. Ce n'est pas simplement un vote de colère qu'il faut émettre. C'est à votre espoir qu'il faut porter et à votre volonté qu'il faut prononcer. Eh bien, l'enjeu de l'élection présidentielle, il doit être au plus haut. Il s'agit de nous, en tant que France, quelle France nous voulons être, quelle démocratie nous entendons préserver et dans laquelle nous voulons vivre. C'est l'Europe telle que nous l'avons espérée comme projet politique. Et c'est le monde de paix que nous devons prendre au pouvoir. Si nous sommes au-delà de ces enjeux, ou plus exactement en deçà de ces enjeux, si nous ne savons pas exactement ce qui est important et ce qui est dérisoire, si nous accumulons toutes les propositions dont nous savons très bien qu'elles ne sont plus finançables aujourd'hui, quand je vous ai dit l'état de la dette, chacun sait qu'il voudra faire un effort, à condition qu'il soit juste. Cet effort, ça sera à la fois de réorganiser l'État, parce que ça ne peut plus durer. Et en même temps de décentraliser largement, avec les moyens correspondants, des responsabilités que l'État n'arrive plus à tenir. Et puis aussi d'appeler à un effort fiscal. Ceux qui vous disent qu'il n'y aura pas d'impôts demain pour rétablir les comptes publics se trompent, vous mentent. Bien sûr qu'il y aura des impôts. Il y aura déjà un budget qui arrive. Toute la question c'est de savoir qui va les payer. Est-ce que ce sont les plus fortunés qui seront appelés d'abord à la contribution, sans que ça éloigne d'ailleurs d'autres de la solidarité ? Nous aurons à faire preuve de courage, mais on n'appelle pas simplement du courage pour du courage, parce que la dette est là. Si nous voulons demander aux Français de se mettre dans un mouvement, dans un progrès collectif, c'est parce que nous voulons qu'ils puissent être fiers du vote qu'ils vont émettre. Que ce soit une avancée, que ce soit un progrès, que ce soit une étape nouvelle de la construction de notre pays. Eh bien voilà l'enjeu tel que je le conçois. pourquoi moi je suis de nouveau engagé. Finalement quand on est un ancien président, le plus souvent, on le reste. Il n'y a pas d'exemple à ma connaissance où un ancien président ait pu redevenir président. Député ? Député ? Si, une fois. Enfin deux fois avec moi. Mais pourquoi, j'allais dire à mon âge, et après tout ce parcours, puisque j'étais là déjà il y a 20 ans comme premier secrétaire, pourquoi finalement y revenir ? Enfin, revenir à Frangie j'entends. Pourquoi avoir cette idée toujours la même de militer, d'expliquer, de convaincre, de porter, de partager ? Parce que, finalement, si je suis un ancien président, c'est parce que j'ai peut-être plus de responsabilités que d'autres pour dire à mes compatriotes ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas faire, ou ce qu'il est possible de faire dans le monde tel qu'il est, et que je connais mieux que d'autres. Mais je suis surtout là, parce que je suis socialiste et parce que je considère que c'est nous, nous les socialistes, la gauche, le gouvernement, au-delà même du parti socialiste, qui avons la capacité pour rassembler le plus large, parce qu'il faudra rassembler large. La gauche, je ne vais pas vaciller de la gauche à rassembler déjà, historiquement. Mais là, il y en a qui ne veulent même plus être avec nous. Si encore ils ne voulaient plus seulement être avec nous, ils nous laisseraient tranquilles. Mais ils veulent même être contre nous, faire sans nous. Ils n'iront pas bien loin. Mais il ne s'agit plus simplement de réunir la gauche. Il s'agit de réunir les Français autour de cet enjeu-là, autour de leur idée, parce qu'elle est toujours là. Les Français sont conscients qu'ils sont un grand peuple. qu'ils sont capables de faire bouger l'Europe, qu'ils sont attendus dans le monde. Ça, c'est une leçon que j'ai apprise en étant président de la République. Les habitants du monde nous aiment beaucoup plus que nous nous aimons nous-mêmes. Nous, nous aimons nous critiquer, nous diviser, nous séparer. Nous avons la discorde, nous doutons de nous. Les autres, non. Ils trouvent que la France c'est un grand pays, c'est le pays des droits, c'est le pays des libertés, c'est le pays de la culture, c'est le pays qui a fait bouger l'ordre du monde. Et bien il faut être au rendez-vous du monde, au rendez-vous de l'Europe. Parce que l'Europe sera tournée vers nous, vers Frangy sûrement. Quel va être le vote ? Qu'allez-vous faire ? Qu'allez-vous décider ? Retournez ? Vous oubliez ? Vous séparez, vous divisez ou au contraire, vous unir ici pour nous unir encore davantage en Europe et pour nous permettre de peser dans le monde. Il n'y a que des autocrates aujourd'hui qui ont le mot pour peser sur le monde. Entre Poutine qui nous fait peur, il y a de quoi. président chinois qui ne dit rien, c'est là qu'il est le plus dangereux. Et le président américain qui parle sans arrêt, mais à un moment, il faut que ça s'arrête. Chaque fois qu'il se déplace, c'est un problème quand même. Là, je sais qu'il est en Irlande. Que va-t-il dire ? Mais à un moment, il faut aussi être capable d'ouvrir des confrontations avec ceux qui nous menacent. Parce que les conséquences des décisions de Donald Trump, je ne dis pas de l'Amérique, Je ne confonds pas Donald Trump et le peuple américain. Pèse sur nous. Et c'est quand même un comble que son attitude qui a conduit à intervenir en Iran de manière inconséquente aboutit néanmoins à ce que par le prix des carburants, ce soit ceux qui sont les plus populistes qui pourraient en tirer avantage. Alors que les populistes sont liés à Trump et à Poutine. Donc c'est là que notre responsabilité est grande. Et donc c'est à vous parce que vous êtes socialiste. Ah c'est pas facile d'être socialiste. Mais ça n'a jamais été simple. aucune période. Mais là, c'est vrai que c'est un peu plus difficile. C'est là qu'il faut être encore davantage offensif. De croire en nous-mêmes. Il n'y a pas de réussite possible si on n'est pas fier de nous-mêmes. Pour terminer sur une note un peu liée à Frangie. Ce que j'ai reproché aux frondeurs, ce n'est pas de fronder. Finalement, dans un parti, c'est bien la liberté, c'est bien le débat, c'est bien la contradiction qui fait avancer les choses. C'est de ne pas être fier de ce que nous faisons. Parce que si nous ne disons pas tout ce que nous avons fait de bien, d'utile, de nécessaire pour le pays, comment voulez-vous que les citoyens continuent à nous faire confiance ? Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas regarder ce que nous n'avons pas fait suffisamment. ou improprement, ou sans le dialogue nécessaire. Mais soyez fiers de l'histoire du Parti Socialiste, si vous voulez être capable de donner aux Français une vision d'avenir. Et deuxièmement, concevez le rassemblement non plus entre les partis, et notamment pour une élection présidentielle. Ça doit aller bien au-delà. Ce qu'il faut faire, c'est nous unir, y compris à des citoyens qui aujourd'hui ne savent plus où ils en sont. Ce qu'ils ont voté hier n'a plus d'importance. Ce qui va compter, c'est ce qu'ils vont faire demain, et ce qu'ils vont faire avec nous, au-delà de la primaire, du choix moment, un moment où il faudra se rassembler tous ensemble pour dire qui peut être président de la République demain. C'est la seule question qui va être. Qui peut être président de la République dans le monde tel qu'il est, avec l'Europe telle qu'elle est, et avec une France divisée ? Qui peut être président de la République ? Qui peut assumer cette tâche ? Et sur quel projet ? Et bien le projet, c'est celui d'unir les Français pour la jeunesse, pour l'écologie, pour notre industrie, pour notre indépendance, pour notre souveraineté et pour notre liberté. Merci à vous.