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Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Bonjour Michel. Bonjour Laurence. Ravi de vous retrouver pour nos échanges sur l'actualité avec votre point de vue de philosophe. On va revenir Michel sur les aides annoncées par le gouvernement cette semaine pour aider les Français à faire face à la flambée des prix du carburant, des aides ciblées qui concerneront les gros rouleurs et les travailleurs modestes. Comment faire face à cette crise de l'énergie qui va s'étirer sur des mois ? Par quels moyens pouvons-nous retrouver notre souveraineté énergétique ? Un mot qui vous est cher, évidemment, Michel. Et puis jusqu'à quand les Français vont supporter de se faire rançonner, racketter quasiment, sur le prix de l'énergie ? On évoquera aussi l'hommage national au deuxième soldat français tué au sud Liban dans le cadre de la Finule lors d'une attaque du Hezbollah. Anissé Girardin a succombé à ses blessures. Est-ce que l'on peut encore dire que cette guerre n'est pas celle de la France ? Et puis il y a eu aussi l'hommage aux policiers qui sont intervenus il y a plus de 10 ans au Bataclan pour stopper les terroristes qui perpétraient un massacre. L'Elysée a décidé, certes tardivement, mais bon, ça a été fait. de leur accorder enfin la Légion d'honneur, un moment très important pour ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres. On écoutera leurs émotions et on verra que c'est très important ce moment-là, cette récompense, cette Légion d'honneur qui leur a été accordée. Mais est-ce qu'on ne l'accorde pas un peu à n'importe qui aujourd'hui ? Quel sens a cette décoration ? Je vous poserai la question. 'effondrement du nombre d'élèves en France. Notre pays devrait perdre 1,7 millions d'élèves d'ici à 2035, selon les projections du ministère de l'Éducation nationale. Qu'est-ce que ça veut dire, cette chute du nombre d'élèves, de jeunes, en réalité, pour notre pays, Michel, au niveau de notre société ? On évoquera aussi... Les critiques qui accablent votre ami, notre ami Boalem Sansal, à la lumière de la polémique née de son départ de chez Galimard pour aller chez Grasset. Pourquoi Boalem Sansal, qui a été jeté pendant plus d'un an dans les geôles algériennes, subit un tel sort aujourd'hui. Décryptage avec vous, mon cher Michel. Enfin, le point philo, nous allons le consacrer à Condorcet, esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Vous allez nous expliquer tout cela, Michel, et pourquoi on lui doit la création du progressisme au 18. siècle. Le programme est complet. On y va ? C'est prêt ?
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On y va.
On commence par ces nouvelles aides des Michel annoncées par le gouvernement cette semaine pour les Français, les aider à faire face à la flambée des prix du carburant. Alors ça concerne les agriculteurs, les pêcheurs, désormais les taxis, le secteur du BTP et puis 3 millions de travailleurs modestes. Est-ce qu'on va réussir ou pas à faire face à cette crise qui risque de durer des mois ? Écoutez d'abord les Français qui sont désabusés, puis on va se poser la question de comment retrouver notre souveraineté énergétique.
n'y a pas que les gens qui sont au SMIC. Il faut penser aux ceux qui ont une RQTH, qui sont en situation d'handicap, qui ne peuvent pas prendre les transports en commun. Il y a toujours des oubliés. Je ne vois jamais quelque chose sur les personnes en situation d'handicap.
De toute façon, c'est toujours adressé à la même population. Je veux bien que le social soit le... La grande partie de ce pays, mais à un moment donné, il faut aussi penser aux gens qui travaillent. C'est encore aux Français de se serrer la ceinture, alors que notre gouvernement, lui, se sert gracieusement. J'estime que quand on apporte à la France, et je pense que vu ce que je paye, j'en apporte quand même pas mal, un petit peu d'aide de temps en temps, ce serait quand même... pas négligeable.
Oui, oui, c'est pas simple parce qu'il faut rentrer dans certains critères et parfois on ne sait pas vraiment si on y a droit ou pas. C'est difficile à suivre parce qu'on ne sait pas qui est concerné et on ne sait pas si on va en bénéficier ou pas.
pour ce que pensent les Français de ces aides qui sont un peu saupoudrées dans une mesure budgétaire assez limitée et contrainte. Qu'est-ce que ça vous inspire encore une fois
m'inspire que le chef de l'État est incapable de mener une politique étrangère digne de ce nom. Parce que ce qui se passe à la pompe, ça suppose qu'on remonte en amont. Et en amont, c'est les endroits où on produit du pétrole, c'est les endroits où on fait circuler le pétrole, c'est les endroits où on a la possibilité de faire passer ou pas de faire passer les bateaux. C'est-à-dire que quand Emmanuel Macron nous dit qu'en gros, ça n'est pas notre guerre... qu'il refuse le survol du territoire aérien aux avions américains sous prétexte qu'ils auraient du matériel pour
Israël,
eh bien il a choisi son camp. Donc il a choisi de faire de telle sorte que le prix de l'essence augmente. Donc si les gens ont des problèmes quand ils sont à la pompe, c'est parce qu'Emmanuel Macron a décidé de faire une guerre sans la faire tout en la faisant, c'est-à-dire en faisant le jeu d'un certain nombre d'autres individus. Quand on ne choisit pas son camp... En tout cas,
lui dit qu'il ne l'a pas choisi, personne ne l'a prévenu de cette guerre, il l'a dit depuis le début, Donald Trump ne l'a pas appelé, il n'est pas
impliqué. Et alors, il n'avait qu'à prendre la décision lui-même. avant, plutôt que de dire « Ah, il n'est pas gentil, ils auraient dû me le dire, ils auraient dû me donner un coup de fil. » On a entendu d'autres individus, je ne vais pas les impliquer, nous faire savoir que la configuration stratégique est telle que ce qui a eu lieu ne pouvait pas se faire sans qu'Emmanuel Macron ne soit véritablement au courant. Donc il y a lui qui nous dit qu'il n'est pas au courant et d'autres qui nous disent que pas du tout, avec le dispositif tel qu'il a fonctionné, il était évidemment au courant. Alors évidemment, il peut toujours dire, il y a toujours le désir de ne pas blesser un certain nombre d'électorats aujourd'hui en France chez Emmanuel Macron. Donc on le souhaite. Pas le camp des États-Unis, puisque c'est celui d'Israël. Et qu'Israël, c'est le fascisme, c'est génocidaire, c'est tout ce qu'on raconte du côté de la France insoumise et des partis de gauche qui se trouvent associés à cela. Et des partis de droite qui se trouvent associés aux partis de gauche qui se trouvent associés à Mélenchon. Donc soit on fait de... De la politique. Et on est un grand chef d'État et on fait de l'économie en sachant que l'économie est planétaire. Ce qui se passe là-bas, ça produit des effets ici. Le fameux battement d'aile ici, qui produit un tsunami ailleurs. Donc quand Trump dit qu'il faut absolument laisser circuler les bateaux dans le Détroit, Macron dit « Oh, c'est pas mon affaire ». Si, c'est son affaire, puisque c'est la nôtre.
Et du coup, Trump bloque le Détroit.
Oui, mais il dit en plus de ça, il ne nous demande rien. Et quand il demande quelque chose, il dit non. C'est un petit garçon qui dit « Vous n'aviez qu'à me demander d'abord ». Vous allez demander d'abord, peut-être que j'aurais dit oui, mais peut-être que j'aurais dit non aussi. Maintenant, on va se venger, donc vous n'allez pas pouvoir survoler le territoire aérien français parce que vous allez donner des armes ou du matériel aux Israéliens. Qu'est-ce que c'est que cette politique qui consiste à reconnaître l'État palestinien, qui consiste à donner des leçons à Israël, qui consiste à faire savoir que ce qui se passe dans le sud-Liban, ce n'est pas bien, ce n'est pas gentil. Mais ce qui n'est pas gentil, c'est ce que le Hezbollah fait en partant du sud-Liban pour envoyer des missiles, des bombes. tous les jours, depuis des années et en permanence. Donc il y a une politique qui est... Elle n'est pas trouble parce que finalement, quand on regarde, elle n'est pas pro-israélienne, ça c'est sûr. Et elle est pro-arabe, ça c'est certain. Alors il amène cette politique s'il le souhaite, s'il le veut, s'il pense que la France est derrière lui. Mais je ne suis pas sûr que la France soit derrière lui. Quand on fait de la politique étrangère, on doit aussi solliciter, pas seulement le gouvernement, mais le peuple français. Est-ce que vous avez envie ? Oui ou non, on peut faire ce genre de choses. Ça s'appelle un référendum. Mais comme il sait très bien que... Tout le
monde a peur des référendums, vous savez. Mais surtout
lui, il sait très bien que s'il fait un référendum, c'est un plébiscite. il est pour ou il est contre, et donc de toute façon il resterait. A chaque fois qu'il a perdu des élections, et il les a toutes perdues sauf les deux présidentielles, il est resté. Et il a fait savoir que puisqu'il les avait perdues, c'est donc bien la preuve qu'il les avait gagnées. Mais on voit bien avec ces gens à la pompe, que les décisions qu'il prend de ne pas intervenir, de ne pas être aux côtés des Etats-Unis, de ne pas être du côté d'Israël, ces décisions produisent des effets réels dans le concret des gens. Alors après on donne des petits chèques.
Oui, on saupoudre des aides. Sur la question de la souveraineté énergétique, est-ce qu'il y a un moment... pour pouvoir la récupérer. Il a mis dans un premier temps un coup d'arrêt à la filière nucléaire avant de la relancer plein gaz, étant donné que c'est notre seule énergie évidemment à disposition. On n'a pas de pétrole et on ne recherche pas le gaz qui est sous nos pieds. Est-ce qu'on peut retrouver cette souveraineté énergétique ou pas ?
Vous avez derrière des écologistes et les alliés des écologistes qui sont les alliés des gens de gauche, qui sont eux-mêmes les alliés du Hamas, ou du moins pas les alliés, mais du moins ceux qui trouvent des circonstances atténuantes, qui s'en viennent de nous faire savoir qu'ils... Il faut en profiter pour faire avancer le projet écologique. Donc de la voiture électrique. On a entendu Jacques Attali nous faire savoir que cette crise était formidable pourvu qu'il y ait une gestion sociale. Il a quand même ajouté ça. Il ne faut pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit. Le pourvu qu'il y ait une gestion sociale est quand même très important. Ce n'est pas vivre la crise, point. C'est pourvu qu'il y ait une gestion sociale. Mais effectivement, les écologistes voient leur arrivée de la voiture électrique. Mais c'est la voiture électrique chinoise. qui arrive en France. Ce sont les voitures électriques qui disposent d'une autonomie de 1000 km, voire de plus de 1000 km, et qui sont beaucoup moins chères qu'un certain nombre d'autres voitures. Mais les Français ont du mal à manger pour certains. Certains sautent des repas. Vous avez des étudiants qui mangent à peine. Vous avez des gens qui sont dans une vraie souffrance. On leur dit « changez de voiture, achetez une voiture électrique ». Si vous voulez acheter une voiture électrique, elle va vous coûter très cher. Elle va être chinoise et elle va faire les affaires de la Chine et pas de la France. Donc la souveraineté, nous ne l'avons plus, évidemment, nous n'avons plus de souveraineté, quel que soit le qualificatif qui va avec souveraineté, souveraineté nationale, souveraineté politique, souveraineté administrative, souveraineté politique, souveraineté en matière de politique étrangère, souveraineté en matière de politique énergétique. Nous n'avons plus de souveraineté. Les gens ont voté oui à Maastricht en 92, ils ont remis le couvert en 2008, du moins ceux des politiciens qui ont estimé que les Français qui leur disaient non en 2005 avaient tort. Et donc nous n'avons pas cette énergie-là, donc nous dépendons. d'un certain nombre de bons vouloirs. La politique, ça ne se fait pas avec des sentiments, ça se fait avec des intérêts. On n'a pas à savoir s'il faut aimer les gens qui nous vendent du pétrole ou pas. S'il faut aimer, embrasser sur la bouche, Poutine ou l'Iran ou je ne sais quoi, ou d'autres pays, ou Trump. Trump, lui, il fait du gaz de schiste avec la possibilité d'avoir une autonomie. Et il dit, mais moi j'ai des choses à vendre, si vous voulez acheter. Il fait ça pour ça aussi d'ailleurs, Trump. Et là, mes prix... souverain pour le peuple iranien. Au départ, c'est « allez-y, foncez, on est en mouvement, on arrive, etc. » Pas du tout. Lui, il a envie de jouer sa carte personnelle, le fameux Maga, refaire l'Amérique grande, une grande Amérique. en disant « achetez notre pétrole ». Et il a intérêt à ce qu'il y ait des problèmes avec le pétrole des autres. Donc c'est une guerre de pétrole. Et puisque nous n'avons plus de souveraineté ou d'indépendance, il nous reste juste des associations. Mais l'association, c'est quoi aujourd'hui ? La seule association qui tienne, ce n'est pas l'Europe des nations du général. C'est une Europe maastrichtienne qui, elle, n'a pas non plus le projet de souveraineté nationale et encore moins d'épargner les pompistes, les gens qui sont aux pompes que nous avons vus.
On est sur CNews et sur Europe 1, en face à Michel. Michel, Emmanuel Macron était cette semaine à Montluçon où il a évoqué ces questions d'indépendance énergétique. On va l'écouter. Il voulait présenter sa nouvelle méthode inspirée de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, rebâtir des projets industriels à la vitesse à laquelle il a reconstruit la cathédrale Notre-Dame de Paris en passant au-dessus de l'administration et de tous les blocages. On écoute le président à Montluçon.
le moment où nous sommes en train de voir les conséquences de la dépendance des hydrocarbures fossiles liées à nos mobilités ou autres, on ne doit pas simplement aider ou si je puis dire financer les surcoûts qui viennent du bout du monde et qui sont le fruit des déstabilisations géopolitiques ou de nos dépendances. Il faut qu'on accélère notre politique là aussi d'indépendance. Le plan d'électrification qui va permettre d'ici 2030 de doubler. Les montants qui sont investis et des véhicules électriques, aux pompes à chaleur, à tout ce qui permet d'accélérer dans les collectivités locales, dans les filières industrielles pour nos compatriotes est absolument clé.
C'est très intéressant. D'abord, je commençais par aller voir Normandie. Évidemment, je m'en dotais. Je commençais par l'Orne, zéro, rien dans l'Orne. Et puis après, je regarde, mange Calvados, etc. C'est très politiquement correct. Ce sont des entreprises qui font des biocarburants, des retraitements de ceci, des retraitements de cela. Donc, il y a une espèce de signe envoyé à la gauche en disant, vous avez vu, on en profite pour faire avancer l'agenda de la transition écologique. Mais ça ne suffira pas. Ça ne suffira pas de permettre à une boîte de travailler à la récupération, à le recyclage des matériaux qui sont utilisés dans l'espace, par exemple. Formidable. Ce n'est pas ça qui va permettre aux gens dont on a vu la douleur tout à l'heure de faire des pleins d'essence à des tarifs qui sont dignes de ce nom. D'une part, d'autre part, quand on nous dit « Ah, mais j'ai bien compris qu'il y avait des pesanteurs administratifs et bureaucratiques qui empêchent la France d'aller de l'avant ». La preuve, je m'en suis aperçu quand j'ai décidé avec la reconstruction de Notre-Dame, où il nous dit, je libère le travail, et c'est ça la question, je libère le travail, j'alèse toute la bureaucratie, je ne sais pas ce qui a été fait sur le droit du travail, je ne suis pas un spécialiste, je n'ai pas fait ma thèse là-dessus, mais on voit bien que ce qu'il a fait pour Notre-Dame de Paris, il aurait très bien pu dire, il a eu 10 ans pour le faire, il aurait très bien pu dire, je le fais pour la France entière. Et on va libérer le travail, comme ça on va libérer des énergies, comme ça on va dégager des bénéfices, comme ça on va pouvoir penser en termes de répartition, comme ça, etc. Un projet politique. Ce que le général fait avec Jacques Rueff, par exemple, en son temps, quand il hérite d'une situation économique catastrophique. Là, il y avait un électrochoc qui était susceptible d'être utilisé par le chef de l'État. Il appuyait sur ce bouton-là et il disait... Maintenant, jurisprudence Notre-Dame, on va faire ça sur toute la France. Pourquoi 150 entreprises ? Et pourquoi les autres vont continuer à être ennuyés avec la bureaucratie, etc. Donc c'est effectivement la bonne direction, mais pourquoi faire juste un pas dans la bonne direction en disant j'ai fait un pas, je vais faire un pas en avant, je vais refaire un pas en arrière pour être bien juste de retrouver sa place d'origine.
Michel Onfray, on va évoquer maintenant ces hommages qui ont été rendus, l'un aux soldats français qui sont morts. au sud-Liban. Un hommage a été rendu à Montauban, à Florian Montorio, qui est décédé dans une attaque du Hezbollah au sud-Liban. Et puis on a aussi l'autre soldat, le deuxième soldat français qui a été blessé et qui a succombé à ses blessures. Il s'appelait Anisset Girardin. Deux hommes, évidemment, français, deux soldats français. On rajoute le troisième soldat français qui a été tué il y a plus d'un mois en Irak. Et on parlera ensuite... de l'hommage national aux policiers. Est-ce que c'est notre guerre ? Est-ce qu'on peut continuer à dire plutôt que ce n'est pas notre guerre, Michel Onfray, comme le dit le président de la République, quand on a trois soldats français qui sont morts ?
Bien sûr que c'est notre guerre. D'abord parce que, je vous dis, la guerre du pétrole est notre guerre. Dès que vous avez des Français qui s'en vont à la pompe à essence, c'est vous, c'est moi, c'est tout le monde. Eh bien, ils sont concernés, ces Français-là. Donc, si les Français sont concernés, la France l'est. Si la France l'est, le chef de l'État devrait l'être. Donc, il n'en fait rien. Mais nous avons trois soldats qui ont été tués. Un, parce qu'il y a eu une frappe iranienne qui est arrivée, il n'a pas été ciblé à proprement parler, mais enfin, tout de même, il a été tué parce qu'il était là. Et il y a eu de six blessés, ces soldats blessés. Bien sûr, et il y a eu deux soldats qui ont été abattus, semble-t-il, à bout portant. Par le Hezbollah. Oui, par le Hezbollah. Et on a un Emmanuel Macron qui nous dit, dis donc, les Libanais, ce serait peut-être bien de faire le travail, là. Enfin quoi. Quelle arrogance, quelle suffisance, quelle prétention, si c'est ça la voix de la France ? Qu'est-ce qu'on fait, nous, pour aider les Libanais à se débarrasser du Hezbollah ? Est-ce que les Libanais peuvent dire « bon, le Hezbollah, ce serait bien que vous rentriez chez vous ». Le Hezbollah, c'est le bras armé de l'Iran. Ce sont des
terroristes, non pas des combattants, comme l'a dit le chef de l'État d'ailleurs.
Mais bien sûr, et puis M. Barrault qui vient nous dire « oui, mais enfin, il y a les gentils qui ont un costume cravate et qui sont la voix politique, et puis il y a les méchants, mais on ne peut pas dire les méchants ». qui ont des armes. Il n'a juste pas imaginé que les gens puissent avoir un costume quand ils négocient, enlever le costume et prendre la Kalachnikov juste après. Et que de toute façon, c'était les mêmes. Donc on ne peut pas accabler ce pauvre Liban en estimant qu'il devrait faire le travail, puisque nous ne le faisons pas. Si nous voulons exister vraiment de manière internationale, plutôt que de faire comme un enfant en disant « Ah mais le président Trump, il aurait dû nous dire qu'il avait l'intention de faire quelque chose. Il n'a pas fait, on ne va rien faire. » Qu'est-ce que c'est que cette façon de se comporter ? Donc nous avons la possibilité d'agir. Il y en a assez de l'ONU. C'est quoi l'ONU ? Ce sont des gens qu'on envoie au casse-pipe. Ils n'ont pas le droit de tirer. Ce sont des forces d'interposition, ce sont des militaires, c'est comme le jambon végétal, c'est comme le foie gras sans foie, c'est-à-dire que vous avez des militaires dont le métier consiste à ne pas tirer. Vous êtes armé, mais on vous demande surtout de ne pas tirer. Qu'est-ce que c'est que cette armée-là ? Il
y a eu un deuxième hommage cette semaine aux policiers qui sont intervenus lors des attentats du Bataclan du 13 novembre 2015. Il y avait une demande portée par CNews et Europe 1, d'ailleurs. qu'on leur donne la Légion d'honneur. Ça nous paraissait tellement évident, ça n'avait pas été fait. Finalement, dix ans plus tard, le président Macron a accédé à cette demande. On va écouter ce qu'il a dit, les mots qu'il a employés, puis on écoutera ensuite un policier de la BRI qui exprime son émotion et qui dit à quel point c'est important d'avoir été reconnu travers cette Légion d'honneur.
Force est de constater que dans notre mémoire collective, Denis Péchansky dirait dans ce moment de thérapie collective, le Bataclan occupe une place singulière. C'est pourquoi la nation se devait aujourd'hui d'honorer les siens. A l'époque, les autorités étaient légitimement concentrées sur l'immédiateté, l'ampleur de la tâche qui était immense. La France basculait dans l'état d'urgence qui allait durer. Quatre policiers avaient été décorés et aujourd'hui... Suite à un travail minutieux en accord entre tous, ce sont 59 femmes et hommes policiers et 2 présidents d'associations, 61 récipiendaires. mis à l'honneur et tous élevés dans l'ordre de la Légion d'honneur.
est honoré que la nation prenne en compte ce qui a été fait ce soir-là. Ça nous touche particulièrement d'être là, présent, avec le président, avec nos familles. C'est vraiment quelque chose de très important pour nous. Ça représente beaucoup pour nous d'avoir pu amener notre famille à cet événement. C'est quelque chose qui restera gravé. Comme le 13 novembre restera gravé dans nos mémoires, cette journée-là restera gravée aussi dans nos mémoires.
Honneur à ces hommes et ces femmes qui disent que le 13 novembre sera aussi important que cette remise de la Légion d'honneur. C'est un sens symbolique extrêmement fort.
Oui, d'abord ce sont des héros. Ce sont des gens qui ne sont pas forcément payés des fortunes, mais qui sont prêts à dire, on ouvre une porte, on y va, et peut-être qu'on va mourir dans les 10 minutes. Peut-être qu'on va laisser une veuve ou un veuve, s'il y a eu des femmes apparemment décorées. On va peut-être laisser des orphelins, mais on y va, on est payés pour ça. Il a parlé de la nation. Voilà des gens qui ont le sens de l'honneur, le sens de la dignité. Voilà des gens qui n'ont rien dit pendant 10 ans. Voilà des gens qui savent ce que ça veut dire recevoir une décoration. Mais effectivement, qu'est-ce que c'est que cette décoration ? Qu'est-ce qu'elle est devenue ? Est-ce qu'on la
donne à n'importe qui aujourd'hui ? Oui,
on la donne à n'importe qui. Et on a trop tardé à
la donner à ses héros. Deux fois
dans l'année où je fais des sauts sur mon fauteuil, c'est même pas une façon de parler, parce que je ris jaune en lisant la double page du Figaro, le 1er janvier et le 14 juillet, qui sont les nominations au grade de la Légion d'honneur. Et les secteurs, vous savez, vous avez le Premier ministre, vous avez le ministre de l'Intérieur, etc. Évidemment, il y a probablement des vendeurs d'armes à qui on donne des décorations. Il y a probablement des gens qui sautent bien en hauteur ou en longueur ou en largeur à qui on donne des décorations. Tout ça est formidable. Et je ne connais pas forcément ces gens-là. Donc l'industrie... Mais quand je regarde la page culture... ne donnerai pas de nom, mais finalement, l'honneur aujourd'hui consiste à ne pas avoir la légion d'honneur. Il y a un certain nombre de philosophes qui disent « je l'ai, mais je ne l'ai pas demandé, ce sont des amis, mon oeil, ce n'est pas vrai, ça ne se passe jamais comme ça. » Il faut la demander
pour l'avoir ?
Mais bien sûr, il faut donner son accord, il ne faut pas dire « oh, j'ai reçu un coup de fil ce matin. » Ah oui, c'est pas pareil. Moi, j'ai eu l'honneur. de ne pas avoir à refuser. Donc on ne me l'a jamais proposé. Donc je trouve ça formidable. C'est ma légion d'honneur à moi de ne pas avoir mérité des légions... Ni le mérite, ni les
arzélètes, rien.
Non, rien, j'ai rien du tout. On ferait nom médaillé. Non, oui, mais c'est formidable. C'est mon honneur. Et je n'ai pas besoin de ce genre de choses. Il faut demander. Je n'aime pas demander. L'orgueil normand. Non, ce n'est pas de l'orgueil. Moi, je crois, comme ces hommes, que cette médaille devrait signifier quelque chose. Et à ce moment-là, on peut la donner vraiment à eux. qui, eux, ont vraiment fait des choses qui méritent la Légion d'honneur. Mais on a fait quoi quand on a fait un travail de philosophe, même si on s'est fait cracher dessus pendant 15 ans, on a peut-être contribué à la marge du monde ? Non, non, non. Il faut que ce soit réduit, très peu de gens, etc. Parce qu'à chaque fois, vous voyez, il y a parfois le cuisinier de Matignon qui a une Légion d'honneur. On dit qu'il a fait quoi pour honorer la France ? Il a fait la bouffée au Premier ministre à 3h du matin. La nard,
l'art culinaire et la gastronomie. Oui, oui. Oui,
je veux bien. Mais quand on a inventé quelque chose, quand on invente la nouvelle cuisine, quand on invente la cuisine moléculaire, c'est-à-dire quand on révolutionne la cuisine planétaire, ça oui, ça mérite éventuellement une distinction, parce qu'on a honoré la France, et quand on a fait à manger, ça va, quoi. Écoutez, n'acquérons pas cet homme que nous
ne connaissons pas, mais voilà.
Non, mais il ne devrait pas y avoir une double page, petit caractère dans le Figaro, deux fois par an. Donc on donne trop la Légion d'honneur et pas assez au vrai héros qui l'Amérique. Ce n'est pas
de l 'esprit évidemment dans lequel elle a été créée. Sauver l'esprit
de cette médaille, sauver l'esprit de la décoration, si on veut que ça signifie véritablement quelque chose, il faut arrêter de donner à n'importe qui. Parce que quand on a affaire à des gens comme ça qui ne sont pas n'importe qui, ils sont pour le coup l'honneur de la France, l'honneur de la nation et qui viennent. Vous défendre, y compris s'il y avait dans le Bataclan des électeurs de la France insoumise qui estiment que la police tue. Dans ces cas-là, on ne demande pas sa carte d'identité aux gens, leur carte d'électeur, savoir si ce sont des bons électeurs, des mauvais électeurs, etc. On défend la nation, il a parlé de la nation. Et c'est ça, effectivement, qu'il faut défendre. Maintenant, 10 ans, vous vous rendez compte ? 10 ans ! Qu'est-ce que ça veut dire ? Mieux vaut tard que jamais
?
Pardon ? Mieux vaut tard que jamais ? Non. Je suis d'accord. Je ne sais pas. Moi, j'aurais refusé. Ah
non, pas pour ça. Comment
?
Non, ils l'ont expliqué très bien. C'est important pour eux, pour leur famille. Non, je dis moi. Je n'ai pas
dit qu'ils auraient eu peu. Je leur ai fait savoir. Il y a 10 ans, oui, je serais venu volontiers.
Maintenant,
vous êtes gentil, mais ils ont fait une opération de com'. C'est quoi cette formule de thérapie collective ? Qui est malade ? C'est la société qui est malade et elle est malade à cause de qui ? C'est-à-dire que c'est le médecin qui nous parle d'une thérapie collective avec une médaille qu'il donne 10 ans après, alors que 10 ans après, c'est obscène 10 ans après. C'est 10 jours après. Il faut faire des études pour savoir si machin l'a mérité, si bidule, etc. Est-ce qu'il a repris une balle, deux balles, trois balles ? Est-ce qu'il a frôlé la mort, pas frôlé la mort ? On a besoin de 10 ans pour savoir ça ? J'ai trouvé ça très obscène. Maintenant, salut respectueux à tous ces gens de la BRI.
Petite pause. On retourne dans un instant avec vous, mon cher Michel Onfray. On évoquera l'avenir de l'école qui se dessine avec de moins en moins d'élèves. Et en plus, qui savent de moins en moins bien lire et compter. Donc ça, c'est un vrai sujet. Et Boilem sans salle. La valse de critique et la salle surtout de critique contre lui. On n'en est pas dans un instant. A tout de suite. se retrouve dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe. Michel, à quoi va ressembler l'école en France en 2035 ? Il aura près d'un million sept cent mille élèves en moins. C'est un véritable séisme depuis des années. On fait juste le point sur les chiffres et puis on va évoquer cet avenir de l'école.
France, la chute démographique s'annonce brutale dans le milieu scolaire. Près d'un virgule sept millions d'élèves en moins en 2035, selon les chiffres du ministère, soit une baisse de 14% en dix ans. Une vague sismique qui touchera tous les territoires à moyen terme, avec des regroupements ou des fermetures de classes, voire d'établissements, et notamment dans les zones rurales, comme l'explique le ministre de l'Éducation nationale.
'ai une centaine de collèges en France qui font entre 50 et 60 élèves. Ça veut dire qu'il y a une classe par niveau. On essaye de les protéger au maximum. Dans certains endroits, les collectivités font le choix de les fermer, mais on essaye de les préserver parce que ça correspond à un tissu important.
Edouard Geffray a également annoncé la suppression de 3200 postes à la rentrée scolaire. Mais pour certains syndicats comme le SNALC et son vice-président Maxime Repair, cette baisse serait plutôt l'occasion de repenser l'encadrement.
saisir de ce phénomène qui à nos yeux constitue une opportunité pour justement réduire le nombre d'élèves par classe. Il est évident que baisser le nombre d'élèves par classe va permettre... de meilleures conditions de travail pour les collègues et une meilleure réussite pour les élèves.
Face à la baisse des naissances, l'offre scolaire devrait donc évoluer à long terme. Si les fermetures d'écoles se feront encore avec l'accord du maire l'an prochain, ce principe pourrait ensuite être amené à disparaître.
Michel, on ferait sûrement la clé de boute de notre société de demain. Il faut repenser à l'architecture de l'éducation nationale, à la lumière de la chute du nombre d'élèves sur tous les territoires, urbains et ruraux.
je sais bien que les syndicats ne pensent qu'en termes de quantité d'élèves et pas de qualité d'enseignement. Moi, je n'ai pas le souci de ça. C
'est plus simple de faire cours à 15 élèves que 34.
Ça dépend. J'étais prof pendant 20 ans, j'avais des classes de 38 élèves et j'étais prof de philo dans un lycée technique. Je vous assure que coefficient 1... Et il n'y avait pas une mouche qui volait
dans la salle ?
Oui, je peux le dire comme ça. Je n'ai jamais eu de problème de discipline ou d'autorité. Et donc, j'avais 9 classes. Et donc, ça en faisait des copies, etc. Bon, je vais avoir une pensée pour la mère de mon vieil ami, Gislin Gondouin, qui vit en délivre ancien dans mon village, et qui était mon institutrice. Elle a 94 ans, et Paulette, qui nous écoute régulièrement. On la salue. Eh bien, elle avait parfois 3 niveaux par classe, elle est petite. Donc, il fallait faire 3 cours. dans un même espace et dans un même volume. Je ne suis pas à dire qu'il faut refaire ça. Je ne dis pas ça. Ça arrive
dans certains endroits où il y a plusieurs niveaux dans la classe.
Dans les écoles de campagne, oui, bien sûr. Et donc, je veux bien qu'on pense en termes de quantité d'élèves dans la classe, mais quand vous avez de l'autorité, il n'y a aucun problème avec le fait d'avoir des classes chargées. Et si vous n'avez pas d'autorité, si vous avez 12 élèves, ce sera le bazar quand même. Mais je veux bien entendre ça, confort intellectuel du professeur. Mais 1
,7 millions d'élèves en moins, des natalités.
Oui, mais il y aura moins d'élèves. Et puis voilà, simplement, le problème, ce n'est pas moins d'élèves, c'est moins d'intelligence, c'est moins de conscience intellectuelle, c'est moins de culture, c'est moins de mémoire, c'est tout ça le problème. Et en plus,
ils lisent moins, il y a une étude qui est terrible sur la lecture. Et j'allais
arriver à ça, en disant que quand on met ça en perspective avec l'effondrement de la lecture, ce que moi je dis depuis des années, on me dit que je suis un oiseau de mauvais augure, un décadentiste. Et puis maintenant, il y a des chiffres qui nous le montrent et qui nous... le disent très précisément.
Et du Centre National du Libre, la lecture est délaissée par les jeunes qui passent 10 fois plus de temps sur leurs écrans qu'à lire, 18 minutes par jour à la lecture, je doute de ce chiffre, 3 heures sur les écrans, ça j'en suis absolument convaincue.
Ça doit être une moyenne.
C
'est-à-dire que des gens c'est 0, 0, 0, 0, et puis d'autres c'est 2 heures tous les soirs parce que les parents sont là ou je ne sais quoi. Donc vous avez une moyenne. Mais si vous prenez le salaire du plus riche en France et de couper en deux, vous dites le salaire moyen, ça. Ce sont des chiffres auxquels je ne crois pas. Moi, autour de moi, je vois bien l'effondrement du livre, l'effondrement de la lecture et l'incapacité à la concentration.
Sur des textes longs.
Et même
sur des textes courts. Mais sur des livres de 300 pages, il n'y arrive pas. C
'est mort, ça, on est d'accord. Mais je dirais même la capacité à se concentrer sur une page pour en sortir le sens. C'est-à-dire que vous dites, il était grand, il avait les cheveux blonds, il avait les yeux bleus, il est arrivé dans la maison en ouvrant une porte dont la couleur était bleue, etc. Vous faites une lecture du texte et vous dites, quelle était la couleur de la porte ? Je ne sais pas, etc. Donc évidemment, il ne s'agit pas de textes intellectuels, avec des idées, avec des concepts, avec des raisonnements, avec des argumentations, ce genre de choses. Des textes descriptifs, ils sont perdus les enfants. Un, ils ne lisent pas. Deux, quand ils lisent, ils ne retiennent pas. En plus, ils font autre chose en
lisant.
Et ils ont leur
téléphone de l'autre main.
Donc l'enjeu, c'est pas dire moins d'élèves, c'est de dire quelle nouvelle école. Moins d'élèves, plus de profs ou je ne sais quoi. C'est de dire, moi j'ai un culte pour le livre, pour la lecture, je suis dedans. Ma maison, c'est une librairie, il n'y a plus de place pour quoi que ce soit. Je ne peux même plus accrocher une carte postale quelque part. Et c'est ma vie et ça m'a construit, ça m'a constitué. Mais aujourd'hui, je vois des jeunes qui ne sont plus intéressés. Mais pourquoi faire ? C'est trop... C'est l'ancien monde. Ils nous disent
que c'est l'ancien monde. Et
vous voyez, quand vous dites maintenant, on va essayer de... Regardez une fable de La Fontaine. Ce n'est pas facile à comprendre pour l'un de gens. Les essais de montagne, c'est devenu illisible. Donc 16e, la montagne. 17e, La Fontaine. 18e, on peut encore lire. On va parler de Condorcet tout à l'heure. C'est une belle langue, la langue du 18e siècle. Tout le monde écrit à peu près bien. J'enlève-le à peu près bien. Vous avez Voltaire, vous avez Rousseau, vous avez Montesquieu, vous avez tous ces gens-là qui écrivent un français magnifique. Mais ça reste un peu compliqué encore pour certains. C'est-à-dire qu'on voit bien que peu de gens lisent. Quand ils lisent, ils lisent peu de choses vraiment très intéressantes. Et les choses très intéressantes, elles sont extrêmement réduites. Parce que finalement, vous allez lire quoi ? Des petits livres écrits par des gens extrêmement simples d'aujourd'hui qui nous disent... qui font du bien-être... Oui, mais il faut lire. Même
si c'est ces textes simples, au moins qu'on les lise.
Écoutez, mon père était né en 21. À l'école, il avait un petit livre que j'ai toujours, un petit livre de lecture où on apprenait à lire quand on a... enfin, pas à dire quand on avait 6 ans, mais je veux dire, avec la littérature, on apprenait Mérimé, Maupassant, on apprenait Cervantes, on apprenait avec Shakespeare, des traductions de Shakespeare, de Cervantes, etc. C'est-à-dire, on estimait qu'il y avait des accès possibles aux grands textes de la littérature. Aujourd'hui, vous avez une catastrophe qui s'appelle la littérature pour enfants ou la littérature pour jeunesse, qui consiste à dire... Nivelé par le bas, c'est vrai. Oui, oui, oui. Et donc, on pourrait très bien imaginer dans l'école une grande politique de la lecture dans laquelle on initierait au chef-d'œuvre. Et pas aux bouquins qui disent, vous avez des petits problèmes avec papa, avec maman, de divorce, de je ne sais pas quoi, de sexualité, de genre. Tout ça peut exister très bien, mais ce n'est pas vraiment avec ça qu'on peut éduquer des enfants. Et je pense qu'à l'école, il faudrait un grand programme culturel sur les humanités. La peinture, la littérature, la musique qui vous est chère, la poésie qui vous est chère aussi. Enfin, toutes ces choses qu'on n'enseigne pas à l'école. S'il s'agit de savoir ce que sont les rimes plates croisées ou embrassées dans un sonnet de Baudelaire, on s'ennuie un peu vite. Nous avons un génie français qui est le génie de la littérature, enseigne Rabelais, enseigne Baudelaire, etc. Albert Camus. Ou Kamel Daoud, ou alors... Boalem Sansal,
vous me faites la liaison pour notre sujet d'après, qui est notre cher Boalem Sansal, qui a passé un an, on le rappelle, dans les prisons algériennes, alors qu'il a été malade et qu'il a plus de 80 ans. Il a été, depuis quelques semaines, Michel, la cible d'attaques très virulentes de la part de certains journalistes, même d'écrivains, qui ont décrété qu'il n'était ni un très bon écrivain, ni un auteur qui vendait des livres, ce qui est totalement faux, parce que c'est un excellent et exceptionnel écrivain qui a vendu... jusqu'à 400 000 livres sur certains de ses ouvrages. On l'a même accusé à la faveur de son transfert de la maison Gallimard vers la maison Grasset d'être d'extrême droite. On a tout entendu sur Boalem Sansal. On va juste écouter Noël Lenoir qui faisait partie de son comité de soutien. Vous allez nous dire à quoi sert en réalité cette délégitimation de l'œuvre et de la personne de Boalem Sansal.
C'est quelqu'un sur qui tout ça glisse, parce qu'il n'est dupe de rien. Il sait très bien que c'est du parisianisme pur, il sait très bien, par exemple, on parlera de Kamel Daoud, que ces gens-là ne font rien. Et par exemple, Le Monde, qui a prétendu, quand le plan de communication organisé par Gallimard, uniquement dans les organes de presse et de médias... qui lui avait tapé dessus ou qui ne l'avait absolument pas soutenu pendant son incarcération, dont Le Monde, Le Nouvel Obs, Libé, France Inter, France TV, il a été, comme vous le savez, assigné à résidence pendant trois mois pour qu'on lui organise triomphalement ce plan média. Il n'est absolument pas dupe de ces gens-là. Ils sont en train de mordre parce qu'ils ne comprennent pas que finalement, la liberté d'expression, c'est une liberté de dire la vérité, de dire ce qu'ils pensent.
Voilà pour Noël Lenoir qui faisait partie du comité de soutien à Boalem Sansal. On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Michel, comment vous expliquez cette cabale contre Boalem Sansal
'abord, je me réjouis que des arguments que je défendais il y a plusieurs mois sont enfin défendus à nouveau quand je disais que Gallimard avait menti le concernant et qu'il était mal entouré. que l'Académie française s'était mal comportée avec lui. Donc, moi, je l'ai fait savoir. Depuis,
il est devenu académicien.
Oui, d'accord. Mais j'ai parlé, moi, d'une époque où il était en prison. Il
était en prison.
Il était en prison. Absolument. Je parlais de cette époque-là. Où on a fait savoir que le faire entrer à l'Académie française, c'était... Voilà. Y a-t-il jamais eu un portrait de Boilem Sansal sur l'Académie française ? Il n'y en a pas eu. Son éditeur nous disait « Tout se passe bien, il relit Victor Hugo ». Je me souviens très bien qu'Antoine Gallimard disait ce genre de choses. Et je faisais savoir que, bon, tant mieux. S'il était dans ces conditions-là, tant mieux. Si vous êtes dans une prison, vous avez une bibliothèque, vous avez des livres pour un écrivain, tout va bien. Je ne croyais pas que ça se passait comme ça. Et j'ai bien eu raison quand on a su par la suite. Aujourd'hui,
ce qui se passe, c'est qu'on essaie de dire, ils lui ont lavé le cerveau, il a changé d'idées. On essaie de faire
son procès, en fait. Oui, c'est le procès qu'on fait à tous les hommes libres, tous les gens qui ne sont pas assignables, tous les gens qui ne font pas acte d'allégeance. Au système,
donc.
À qui que ce soit, c'est-à-dire à un écrivain. Moi, je n'aime pas l'allégeance. Voilà l'idée d'être obligé d'avoir un roi et seigneur à qui on dirait oui bien sûr vous avez raison je fais allégeance. La vassalisation, la suzeraineté c'est pas ma logique. C'est pas comme ça que je... Oui je pense que vous avez compris. Et donc je n'en défends aucune forme d'allégeance. Et c'est un homme qui ignore l'allégeance. Donc bien sûr qu'il n'y a pas d'allégeance à l'Algérie, il n'y a pas d'allégeance au régime algérien, il n'y a pas d'allégeance au FLN, il y a une allégeance éventuellement affective et affectueuse au peuple algérien. que moi j'ai vu dans la rue quand j'y suis allé, et qu'il faut absolument distinguer du gouvernement algérien et du régime. Je trouve très étonnant qu'un certain nombre d'auteurs qui ne vendent rien du tout, et qui sont extrêmement subventionnés par leur éditeur, avec des avaloirs conséquents, l'avaloir c'est ce qu'on donne en disant voilà ce que nous espérons vendre, en sachant très bien qu'on ne vendra pas, mais l'avaloir on le garde, c'est donc un salaire. Tous ces gens-là qui estiment que Boilem ne vend pas, sont eux des gens qui ne vendent pas beaucoup, pour la plupart. D'une part, d'autre part, ne pas vendre, ce n'est pas un argument littéraire. Combien de chefs-d'oeuvre ne se sont pas vendus ? Bien sûr, ce qu'on appelle les romances aujourd'hui, qui sont des catastrophes et qui se vendent très bien, ça devrait être ça le modèle. D'ailleurs, chez Grasset, ça peut être aussi souvent le modèle. Et quand on a dit, il y a un vrai motif, il y a une vraie raison, il y en a de multiples, mais on a dit, le groupe voulait que le livre paraisse en juin. Le problème, c'est que si vous paraissez en juin, Vous êtes éligible au jury littéraire. veut dire qu'on lit. Et en novembre, non. En septembre, octobre, novembre, non. C'est une lecture qu'on a
assez peu faite des événements. Je
n'ai pas entendu ça. Il faut connaître un peu le milieu pour pouvoir savoir comment les choses fonctionnent. Si ça paraît en juin, vous avez ce qu'on appelle des épreuves qui existent en amont un mois au moins avant. Ça veut dire qu'on peut lire le livre sans la couverture avant les corrections définitives. Il y a encore 4 ou 5 petites fautes. Mais les journalistes reçoivent des épreuves, peuvent juger, peuvent faire des papiers. Et il y a des sélections qui permettent d'être au Goncourt, au Femina, au Renaudot, à l'Académie française, etc. Ça veut dire que vous êtes sélectionné. Ça veut dire que peut-être que vous n'avez pas le prix. Ça veut dire que peut-être que vous pouvez l'avoir. Mais si vous êtes sélectionné, on parle de vous. veut dire que si vous choisissez novembre, vous écartez Boilem ? de la fiesta des prix littéraires. Fiesta dans laquelle les éditions Grasset sont très douées. Vous aviez, à l'époque où j'étais chez Grasset, moi j'étais doucement conduit vers la sortie, très gentiment, mais je ne parle pas du Grasset de Jean-Claude Fasquel, une grande époque. Mais il y avait des gens qui étaient dans des jurys littéraires, à qui on faisait des avaloirs très intéressants pour des contrats qui stipulaient la remise de manuscrits qui n'étaient jamais remis. Et puis on disait, ben là, tu vas quand même voter pour machin, pour Budul. Oui d'accord, mais toi on va faire pareil. Oui mais toi tu votes pour celui-ci, moi je vote pour celui-là, etc. Il y avait à l'époque un Galli Grasseuil, Gallimard Grasse et le Seuil. C'était un mot qui a été fabriqué pour dire qu'il trustait la totalité des prix, et ce n'était pas la qualité littéraire qui emportait la décision. Donc là, il n'y a pas un truc du genre, il y en a un qui voulait juin, il y en a un qui voulait septembre, ils ne se sont pas entendus, donc non, pas du tout. Vous avez un patron de groupe qui dit « je soutiens cet homme, et on va le soutenir avec la logique habituelle des prix littéraires, du bruit médiatique qu'il y a autour de ça, et d'autres qui disent « vous me l'imposez, mais on en fera le moins possible, ça paraîtra dans un moment où il ne pourra plus être ». être dans les sélections. Donc c'était à bas bruit une façon de dire que Olivier Nora ne soutenait pas Boilem Sansal pour, et là c'est le troisième point, pour des raisons idéologiques sous prétexte que quand vous n'êtes pas aujourd'hui de gauche, c'est-à-dire d'extrême gauche, vous êtes de droite, donc d'extrême droite, ça veut dire que vous êtes fasciste, que vous êtes raciste, etc. Il ne faut pas avoir lu Boilem pour dire des choses pareilles. De toute façon, on n'a pas besoin, quand on insulte des gens, d'être soucieux de la réalité. Il faut juste insulter. La réalité, c'est que c'est un grand auteur, c'est qu'il vend beaucoup de livres si on veut prendre cette... ce critère-là en considération, c'est qu'il y a un ton, et c'est surtout qu'il ne souscrit pas à la bouillie islamo-gauchiste. Voilà quelqu'un qui nous dit, nous allons parler, c'est comme Kamel Naoud qui vient de nous apprendre. Et
on pense à lui, qui a été connu à 3 ans de prison ferme et 5 millions de dinars en Algérie. Un roman.
Un roman. C'est-à-dire, il n'a même pas fait, et encore aurait-il fait une analyse sociologique, historique, de la question de la guerre civile, qu'il aurait eu le droit tout autant. Il l'a fait avec son talent, qui est celui d'un romancier. Alors un romancier, ce n'est pas quelqu'un qui part de rien. Et donc après, on lui a fait un procès, intenté par l'Algérie, repris évidemment après par un certain nombre de journalistes en France.
En français aussi. Et ils disent leur amour
de la France.
Et voilà
des franco-algériens qui ne sont pas des gens qui détestent la France. Et c'est ça qui est insupportable pour toute la caste qui, justement, à Saint-Germain-des-Prés, n'aime pas ni la France, ni les Français, ni les gens qui développent un drapeau bleu-blanc-rouge qui sont tout de suite traités de fascistes. Moi, évidemment, je suis un eurosceptique, j'ai voté non à Maastricht, je n'ai jamais soutenu la gauche libérale et il a fallu doucement me conduire vers la porte de la sortie. gentiment et sans grand bruit, mais hommage soit rendu à Jean-Claude Fasquel qui était un grand éditeur.
Michel, le point philo, on va le consacrer à Condorcet. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Expliquez-nous pourquoi cet auteur est indispensable à lire aujourd'hui.
que c'est l'inventeur du progressisme. Dans l'Antiquité, la conception du temps, elle est circulaire. Chez les Grecs et chez les Romains, ce qui est vécu, a été vécu, sera vécu, ça revient internellement. Donc c'est le fatum, c'est le destin, c'est une conception du temps. Autre conception du temps, les chrétiens qui nous disent c'est une ligne. Et cette ligne-là, c'est derrière moi j'ai le passé, ici le présent, devant le futur, on a déjà parlé de ça. Et donc c'est un progrès linéaire. Le temps, c'est une flèche qui se déplace. Et puis vous avez avec les progressistes et avec Andorsé cette idée qu'on lève la flèche. Et on estime que de là où on part et là où l'on va, il y a un progrès perpétuel. C'est le progressisme. Le progressisme est une religion. Et tous les gens de gauche sont des progressistes, c'est-à-dire des dévots du progrès. Et ils estiment que demain, ce sera mieux qu'hier, et que hier, c'était moins bien qu'avant-hier, etc. C'était mieux, pardon, qu'avant-hier. Et donc, ce progressisme, Condorcet, c'est une esquisse d'un tableau. Il aurait fait un très gros livre avec ça, mais c'est juste la préface qu'il était en train d'écrire. en 1793, pendant la terreur, et il nous explique que l'humanité a évolué, des tribus primitives, qui supposent un chef, un chef de famille, et puis le chef qui est un homme, etc. Il dit que ça c'est le début de l'humanité, c'est ainsi que ça se constitue. Et puis on passe du nomadisme à la sédentarité. Le nomade, c'est quelqu'un qui chasse, qui pêche, il essaie de récupérer du poisson, des fois il n'en a pas, il essaie de tuer des animaux, des fois il n'y en a pas. Eh bien, il passe du nomadisme à la sédentarité, c'est-à-dire de la chasse, de la pêche, de la cueillette, à l'agriculture. Et là, pour le coup, c'est la propriété. On travaille, on a un bassin dans lequel on met des poissons, on a un jardin dans lequel on fait pousser des légumes, et on change de monde. Et il fait ça avec la totalité de l'humanité. Il dit, il y a le génie grec, et il parle de périodes. Il y a 10 périodes dans son livre. Et il nous dit, la période des tribunes primitives, la période... de l'invention d'écriture, la période des Grecs. Il fait comme ça... Ça, c
'est le progrès. C'est le
progrès. Et il dit, quoi qu'il arrive, de toute façon, ce sera toujours mieux demain. Il nous dit, il invente cette idée que le Moyen-Âge, ce serait une catastrophe et ce serait une régression. C'est une idée qu'on reprend chez... que reprend Michelet, qui est une idée fausse. Non, c'est un génie du Moyen-Âge, génie de la scolastique, de la pensée, de l'architecture, de la peinture, etc. Et c'est faux de dire une chose pareille. Parce que ce qu'il veut dire, lui, c'est que finalement, le grand... En progrès, c'est 1789, c'est la révolution française, c'est l'abolition des privilèges et c'est un obsédé de l'égalité. En ce sens, il est assez précurseur. L'égalité entre les Noirs et les Blancs, par exemple, c'est un anti-esclavagiste, il n'y en a pas beaucoup à cette époque-là, entre les hommes et les femmes. Il nous dit qu'il n'y a pas une différence de nature entre les hommes et les femmes, il y a simplement une différence d'éducation. Si il nous dit que les femmes, comme les hommes, elles produiront autant de génies que les hommes, ce qui est rare au 18e, c'est une idée aujourd'hui. On apprécie. Oui, mais ce n'est pas une idée défendue sur toute la planète. C'est une chose qu'on ne dit pas beaucoup, mais dans tous les pays qui ne sont pas judéo-chrétiens, je le dirais comme ça, cette idée que les hommes égalent les femmes, ce n'est pas une idée courante, ce n'est pas une idée non plus répandue. Et puis il nous dit que l'éducation fait tout. Il croit à ce qu'on appelle l'éducabilité, c'est-à-dire à la possibilité de rendre raisonnables les gens. Donc il n'aime pas les curés, il n'aime pas l'église, il n'aime pas le clergé. Voilà pourquoi il n'aime pas d'ailleurs le Moyen-Âge non plus. Il aime la raison, il aime la pédagogie, il aime l'éducation, il a des projets d'éducation. Et surtout, il invente la politique scientifique. Ça, c'est la pire des choses. Parce qu'il nous dit, je n'ai pas des idées parce que je défends une idéologie, je défends des idées parce que j'ai la science avec moi. À l'époque, on n'utilise pas la formule, mais la probabilité, les théories de la probabilité. Il dit que la probabilité veut que nous allions vers... Et là, il y a son dixième tableau. Et dans le dixième tableau, il y a des trucs absolument incroyables. Donc on va supprimer... Il n'a pas tort sur tout. Il nous dit qu'on va supprimer la souffrance, la maladie, avec une politique hygiéniste, avec des médicaments qu'on inventera, avec des maladies qu'on fera... On y est, hein ? Oui. La mort deviendra... Oui, vous avez raison. Il y a une grande partie qui est assez juste. Mais il y a simplement un oubli chez lui, c'est que l'homme n'est pas bon naturellement, lui il le pense, mais l'homme n'est pas naturellement bon et il y a un progrès dans le mal aussi. il n'y a pas de place pour le progrès dans le mal chez lui. C'est-à-dire, qu'aurait-il dit d'Adolf Hitler, qu'aurait-il dit de Staline, qu'aurait-il dit du massacre du Rwanda, qu'aurait-il dit... Et ce progressisme a généré par la suite le communisme, le marxisme, etc. Et un tas de dévots aujourd'hui qui estiment que... Si on change, si on révolutionne, si du passé on fait table rase et qu'on invente quelque chose de neuf, alors, parce que c'est neuf, c'est mieux. C'est problématique parce que l'homme est ainsi fait qu'il ne fabrique pas que du bon. Il y a du progrès dans le bien, c'est formidable. Mais dans le mal aussi. Il y a aussi, hélas, du progrès dans le mal.
Merci Michel pour cette analyse de Condorcet, esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain.
Je dois dire juste une chose, c'est que lui qui nous dit que tout ça est formidable, il démarre la Révolution française comme Girondin et il se fait persécuter par les Jacobins, il est poursuivi par eux et il meurt. certains disent en se suicidant, mais je dirais moi, dépuisement, pas de thèse sur le suicide, dépuisement parce que les gens qui veulent le progrès, vous voulez sa peau.
C'était notre point philo. Merci Michel, on se retrouve la semaine prochaine sur CNews et sur Europe 1.