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On va spoiler.
18h40 de retour dans Punchline. On est toujours avec Eric Nelot, avec André Valigny, Catherine Ney. On accueille Gilles Gallou. Bonsoir à vous. Vous avez écrit un livre sur l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Une affaire que vous reprenez évidemment parce que vous étiez flic au moment de cette affaire. Vous dites d'ailleurs, c'est le titre, je ne vous remploie pas ce mot péjoratif. Vous dites un flic au cœur de l'affaire avec des nouveaux témoins, itinéraires, correspondances sous l'édition Max Milot. Vous étiez un cyberpolicier à l'époque de l'affaire Dupont de Ligonnès et vous avez participé à la TRAC.
de ce fugitif, c'est ça ? Exactement. En avril 2011, j'ai été saisi de l'enquête une semaine à peu près après la découverte des corps. J'étais de permanence à l'office central cybercrime de la police judiciaire à Nanterre. C'est les enquêteurs de la police de Nantes qui étaient saisis de l'enquête criminelle qui ont eu besoin de notre aide pour essayer de retrouver la trace de Xavier Dupond-Villéonès sur les réseaux sociaux et surtout sur un forum catholique sur lequel il avait posté le 8 avril pendant la semaine où il était resté tout seul dans la maison. Et donc on nous a demandé d'essayer de voir si d'abord il n'allait pas reposter un nouveau message.
et d'essayer de le retrouver parmi tous les milliers de pseudonymes de ce forum. Alors vous avez enquêté sur lui, et ce qui est très nouveau aujourd'hui dans votre livre, c'est que vous avez repris il y a deux ans toute l'enquête. Vous avez tout repris depuis le début, je suis rentrée dans la peau de Xavier Dupont-Digazet, j'ai refait le parcours, j'ai refait le chemin, et vous avez une thèse et des témoignages qui vous indiquent, qui pensent en tout cas vous indiquer le fait qu'il est bien fugitif. C'est bien ça ?
Alors, je n'irai pas jusqu'à utiliser le mot « thèse », mais effectivement, j'ai travaillé, beaucoup travaillé depuis deux ans. Et j'ai repris l'enquête d'abord chez moi, depuis mon ordinateur, comme n'importe qui pourrait le faire, mais j'avais quand même des bons souvenirs de l'enquête à l'époque. Et c'est une découverte assez incroyable que j'ai pu faire, qui n'avait sans doute pas été faite à l'époque, de faire une correspondance entre Roquebrune-sur-Argence et Nantes, qui se fait par une enseigne de... Roquebrune-sur-Argence, c'est le dernier endroit, on le voit. Exactement, le 15 avril 2011. Donc deux enseignes communes de vente de camping-cars. Donc une à Nantes, dans la zone commerciale où il a acheté tout le matériel nécessaire pour enfourir les corps, et à Roquebrune-sur-Argence, à une centaine de mètres de l'hôtel. Donc l'idée, l'hypothèse était, est-ce que Xavier Dupont-Ligonnès aurait pu louer un camping-car à Nantes et le retirer à Roquebrune, et puis s'enfuir vers l'Italie ou je ne sais où. Et voilà, c'était l'hypothèse de base.
Et là, je suis sorti de mon bureau et j'ai décidé de reprendre l'enquête sur le parking de l'hôtel Formule 1 à Rougroun-sur-Argent. Vous avez refait tous les trajets. Exactement. Vous-même, en voiture. Exactement. Vous dites pour mesurer les temps, les temps de parcours, les temps de distance, explorer toutes les pistes, surtout celles, ce qu'on a vu et ce qu'on n'a pas vu, c'est bien ça ? Exactement, puisque déjà en 2011, je comprenais quand je le traquais.
Il faut bien comprendre que 2011, tous les policiers, on était à peu près une centaine de policiers, on était absolument focalisés sur la cavale. Je pense qu'on n'imaginait pas qu'en 2026, on ne l'aurait jamais retrouvé. Et donc, on était absolument obnubilés par la découverte de Xavier Dupin-Ligonnès. Et donc, moi, j'étais chargé de la traque cyber, c'est-à-dire que je traquais sa clé 3G. Il se connectait chaque soir sur ce fameux message du 8 avril, comme s'il attendait. un message ou une réponse ou un code. Nous, on pensait qu'il allait y avoir un message catholique, un truc incompréhensible pour nous, qui serait un code pour lui dire rendez-vous à tel endroit ou ton avion est prêt ou je ne sais quoi. Mais ce message n'est jamais arrivé, malheureusement. Mais nous, on a passé des heures et des mois à essayer de décortiquer tout ça.
On sait même, je dirais aujourd'hui, avec le recul, qu'on s'est peut-être même enlisé dans ces forums catholiques. Très bien. Et la piste nouvelle que vous amenez aujourd'hui, c'est laquelle ? C'est l'hypothèse d'une fuite vers les États-Unis, c'est ça ? Pas tout de suite. Pas seulement ?
Quand je suis à Roquebrune, j'interroge tous ces vendeurs de camping-car et j'ai bruit d'une personne qui n'aurait pas témoigné à l'époque, qui avait honte d'appeler la police. Et donc je retrouve, c'est une gérante d'une société de location de voitures. Je rentre en contact avec elle, elle me dit « Oui, c'est moi ». La veille de la découverte des corps, c'est-à-dire Xavier Dupont-Ligonnès, sa tête n'est pas encore affichée sur toutes les télévisions. Un homme s'est présenté dans son agence, il voulait louer une voiture, mais au moment de payer la caution, il a refusé de présenter une pièce d'identité et surtout refusé de payer avec sa carte bleue, il voulait payer tout en espèces. Donc elle a refusé, l'homme n'a pas fait de problème, elle a même expliqué qu'il était très courtois, très élégant, ce qui correspondait au personnage. Elle a même décrit sa tenue vestimentaire qui correspondait, le sac qu'il portait sur les caméras de l'hôtel, donc ça matchait. Mais que vaut un témoignage 15 ans après, donc c'est un peu léger. Donc, en tout cas, c'est une pièce du puzzle qui pourrait laisser penser qu'il était encore vivant, au moins dans la semaine qui a suivi sa disparition. Et au moment de partir, elle me dit « Mais vous savez, monsieur, j'étais pas tout seul quand il est sorti de l'agence, il y a un monsieur qui rentrait. Et peut-être qu'il l'a vu aussi. » Elle me dit « Ah, mais c'était un gendarme à la retraite qui s'occupait des gamins du rugby, il doit être mort depuis et tout. » Et vous l'avez retrouvé ? Je me suis mis à sa recherche. J'ai appelé tous les clubs de rugby de la région d'Isoise, et j'ai retrouvé cet homme. Je raconte tout dans le livre, comment je trouve un troisième, quatrième témoin, et tous ces témoignages se recoupent, donc c'est absolument incroyable. J'ai lu Gallou, ce livre sur Xavier Dupont-de-Liconaise. Catherine, pourquoi cette affaire vous passionne ? Si il voulait louer une voiture avec de l'argent liquide, c'est qu'il avait de l'argent. Exactement. C'est-à-dire que moi, je pense qu'il faut se remettre à l'époque de la cavale, justement. Il descend de Nantes à Roqueboune-sur-Argence. Mais Roqueboune-sur-Argence, nous les policiers, on ne sait même pas que ça existe. Enfin, en tout cas, dans la cavale. Qui est-ce qui nous donne Roqueboune-sur-Argence ? C'est Xavier Dupont-des-Légonès lui-même, en allant retirer 30 euros. Donc, il retire 30 euros. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire « je suis à Roqueboune-sur-Argence ». Et il avait combien sur son compte encore ? Il avait très peu d'argent, mais lui, il retire 30 euros. Et 30 euros, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que je suis au bout du rouleau, il ne me reste plus que 30 euros pour payer, parce que l'hôtel coûtait 37 euros. Donc en gros, il me reste de quoi payer la dernière nuit d'hôtel, et puis donc le lendemain, il passe devant les caméras d'un hôtel qu'on ne pouvait pas trouver non plus, puisque finalement, si vous regardez, qui est-ce qui désigne l'hôtel ? C'est encore Xavier Dupont-Déguenès lui-même, en venant garer sa voiture sur le parking d'un hôtel, qu'il a quitté lui-même le matin. Qui est-ce qui vient regarder sa voiture sur le parking d'un hôtel qu'on a quitté le matin ? Personne, sauf... Si on veut dire, regardez, j'ai dormi dans cet hôtel. Et c'est ce qui s'est passé. Quand on a trouvé la voiture, on a tous été fouiller l'hôtel. Et c'est là qu'on a découvert qu'on avait une réservation de Xavier Dupont-de-Ligonesse dix jours avant. Donc on avait beaucoup de retard. André Valigny, cette affaire passionnée française. Ça me fait penser à ces grandes affaires criminelles dont on ne saura jamais exactement le fin mot. Je pense à l'affaire Seisnec, l'affaire Dominici. L'affaire du petit Grégory, bien sûr. Est-ce que vous pensez qu'un jour, on aura la solution ? Soit qu'il est mort, soit qu'on le retrouve. Gilles Gallaud. Eh bien, écoutez, moi, je pense que... Je vais vous citer une autre affaire. C'est l'affaire John List aux Etats-Unis. Et il a été retrouvé au bout de 18 ans, grâce à une émission de télévision. John List, c'est un homme qui a tué toute sa famille. Ah bon ? Dans des circonstances absolument similaires. Ah oui ? Oui, la même arme, la même composition familiale. C'est un truc absolument incroyable. Et en plus, Xavier Dupond et Ligonnès étaient dans le même état. quand il a été retrouvé au bout de 18 ans. Donc il y a quelque chose de très similaire. Donc on est 15 ans après, il nous reste encore 3 ans, j'ai encore de l'espoir. Donc vous pensez qu'il est vivant, c'est ça votre cas ? Je pense qu'il est vivant. C'est plus qu'une intime conviction, j'en suis certain, puisque je suis certain que ce passage sous les caméras du 15 avril, c'est une mise en scène. Pour dire, je vais me suicider. L'enquête officielle penche vers le suicide, et je comprends, parce que ça a dû coûter des centaines de millions d'euros, cette enquête.
Et puis je pense que les policiers, aujourd'hui, ont vraiment autre chose à faire que de chercher un criminel. Donc moi, je suis retraité, j'ai eu le temps. Voilà. Eric Nolo, une question. Il y a énormément de mystères, mais à la fin des fins, de deux choses l'une, soit il est vivant, soit il est mort. Et moi, j'ai vraiment de la peine à croire qu'un homme aussi recherché puisse se cacher pendant 15 ans avec des moyens de survie qui ne sont pas identifiés. Il n'est pas parti avec une somme colossale qui lui permettrait de se mettre à l'abri. pendant longtemps. Moi, je parle du raisonnement que s'il s'est suicidé dans un coin inaccessible, c'est plus facile de se cacher en tant que cadavre qu'en tant qu'être vivant qui doit se déplacer, il y a des caméras partout. La piste aux États-Unis, ceux qui sont allés aux États-Unis savent qu'on n'entre pas dans un moulin, vous déposez vos empreintes digitales, etc. Ça ne se fait pas comme ça. Moi, j'ai vraiment de la peine à croire que Xavier Dupont-de-Ligonnès soit vivant. Je comprends. Moi, j'ai des doutes aussi, comme tout le monde.
Peut-être que Xavier Dupont-Ligonnès est mort, peut-être qu'il s'est suicidé plus tard. Moi, je dis dans mon livre que dans la semaine qui a suivi sa disparition, en tout cas, il ne s'est pas suicidé tout de suite. Ça, c'est quasiment certain, puisque les témoignages que j'ai retrouvés, je pense qu'ils vont être validés. Et donc, en tout cas, il ne s'est pas suicidé comme il a voulu le montrer tout de suite. Après, moi, je pense que Xavier Dupont-Ligonnès, quand il disparaît, il ne s'appelle déjà plus Xavier Dupont-Ligonnès. Il n'a pas pris un avion ou un bateau ou je ne sais quoi, sous l'identité de Xavier Dupont-Ligonnès, évidemment. Donc nous, à l'époque, qui est-ce qu'on cherchait ? On ne savait pas que Xavier Dupont-de-Légonès utilisait autant d'identités pour faire ses... Parce qu'il était visiteur d'hôtel mystère. Donc on a découvert plus tard qu'il avait plus d'une quarantaine d'identités différentes. Donc des papiers, des faux papiers. Je ne sais pas s'il avait des faux papiers, mais... Visiteur d'hôtel ? Visiteur d'hôtel mystère. Son travail, il avait un travail, il avait plusieurs travails. C'est quoi comme travail ? C'était quoi ça ? C'est un homme qui visitait les hôtels et qui note les hôtels pour qu'il puisse avoir des étoiles. Ah oui, sur les guides, c'est ça. Et donc il allait dans les hôtels sous des fausses identités. Donc il était habitué à changer d'identité. En plus, il a un visage, il change souvent de visage, cet homme-là. Et donc dans mes recherches, j'ai aussi démontré qu'il y a un passage dans la cavale où il disparaît, notamment à la Seine-sur-Mer. Pendant plus de trois heures, on le perd de tous les radars, il n'y a aucune connexion. Et son meilleur ami, Michel Rettif, qui est décédé aujourd'hui, qui s'est suicidé, dit que si Xavier avait la possibilité de se faire des faux papiers, c'était à la Seine-sur-Mer parce qu'il avait les connaissances pour. Et justement, ce soir-là, on a perdu sa trace.
Dans le livre, vous évoquez l'hypothèse d'un vol Nice-New York. C'est une ligne qu'il avait déjà empruntée, qu'il connaissait et qui aurait pu l'amener facilement ainsi aux Etats-Unis, sous une fausse identité.
Voilà, exactement. À chaque fois que j'allais à Rockbone sur l'agence, je prenais l'aéroport de Nice. Et l'idée m'est venue d'interroger l'aéroport sur la liste des vols de 2011. C'est de la formation publique. Et quand j'ai récupéré cette liste, j'en avais 900. J'ai d'abord étudié les vols pour la Corse, parce qu'à cette époque-là, je pensais à une piste pour la Corse. Puis après, j'ai étudié la liste des vols internationaux et j'ai découvert l'existence d'un vol. Delta Airlines, saisonnier, qui a ouvert fin mars, juste avant la date des assassinats, qui relie Nice à New York. Et j'ai découvert en même temps que Xavier et Michel avaient l'habitude d'utiliser cette ligne. pour rejoindre les Etats-Unis pour leur road trip. Et en plus, Xavier Dupond et Ligonnès habitaient la région dans les années 90. Et j'ajoute que c'est Xavier Dupond et Ligonnès qui dit dans la lettre à son meilleur ami, il lui dévoile finalement sa destination finale. C'est-à-dire qu'il lui dit, mon petit Mimi, je ne peux pas te dire où je vais, mais nous y étions tous les deux en novembre 90. Indice à creuser, lol, c'est quand même extraordinaire. Il faut peut-être aller voir quand même s'il n'est pas passé par là. Je ne dis pas qu'il y a encore aujourd'hui, 15 ans après. Mais est-ce qu'en 2011, ce n'était pas sa destination finale ? Et donc il se trouve que, moi je pensais avoir fini mon enquête après la découverte de ce vol, puisque finalement les Etats-Unis comme vous dites c'est tellement grand et puis finalement c'est compliqué. Et il se trouve que j'ai réussi fortuitement à reconstituer l'itinéraire de leur voyage et à trouver précisément ce point dont parle Xavier à Michel dans cette lettre. Donc c'est là que vous allez vous rendre ? Je vais aller me rendre et surtout j'ai réussi à rentrer en contact avec plusieurs femmes. qui ont connu Xavier en novembre 1990. Donc il faut absolument que j'aille les interroger. Est-ce qu'on trouvera un jour la réponse ? Vous reviendrez nous raconter. André Valini, c'est assez incroyable. Je reviendrai vous raconter avec grand plaisir, si l'affaire rebondit bien sûr. Est-ce que c'est l'affaire de votre vie ? J'ai une vie de famille, bien sûr, de ma vie professionnelle. J'étais flic pendant 35 ans, j'ai des grandes affaires, mais effectivement, cette affaire m'a passionné, bien sûr. Et l'enquête est en cours ? Il y a toujours une enquête en cours ? L'enquête est toujours ouverte. Je crois qu'il y a un collègue à Nantes qui s'occupe du dossier. Je crois qu'il y a le groupe Colquays de Nanterre qui a aussi un policier qui s'occupe du dossier. C'est-à-dire que les témoignages dont vous faites état dans ce livre vont être passés au crible par ces enquêteurs ? En tout cas, si vous lisez mon livre, vous verrez que je ne donne jamais suffisamment d'éléments pour que le commande des mortels puisse remonter de mes pistes. Et je les réserve effectivement aux enquêteurs. Catherine Ney, sera-t-on un jour le fin mot de l'histoire ? J'espère en tous les cas. Moi, c'est un feuilleton qui me...
D'autant que je suis à Périgueux, une infirmière m'avait téléphoné. Manuel Vaz était à l'intérieur. Elle m'avait téléphoné un dimanche matin parce qu'elle était arrivée dans le service de l'hôpital. Un homme qui disait qu'il avait perdu ses quatre enfants et sa femme dans un accident et qu'il lui ressemblait beaucoup. On le voyait partout à l'époque. Oui, on le voyait partout. Et donc, j'avais appelé Manuel Vaz qui avait envoyé deux policiers qui en le voyant étaient très... Donc, on l'a un peu surveillé.
Évidemment, ce n'était pas lui. Merci, Gilles Galoud, d'être revenu. Xavier Dupont-de-Legadès, un flic au cœur de l'affaire, aux éditions Max Milot.
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