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Vous êtes toujours dans la politique,
c
'est clair. L 'invité ce matin est Édouard Geffray. Bonjour. Bonjour. Merci d 'être avec nous. Vous êtes ministre de l 'Éducation nationale. Une réaction à ce que vous venez de voir d 'abord, ce rassemblement citoyen à 14h à Saint -Denis, à l 'appel de Baliba Kayoko. Vous y serez, vous, pour la lutte contre le racisme ?
Alors, je suis évidemment, comme tout le monde, contre le racisme et contre les attaques abjectes dont certains éducaux, ou nationaux d 'ailleurs, sont victimes. Parce qu 'on
ne
peut pas laisser passer ça. C 'est passé à la République. Dans la République, on ne regarde pas la couleur des gens,
ou
leur origine, ou leur religion, ou que sais -je encore. On regarde des enfants de la République, point. Sur la manifestation en particulier, je n 'y serai pas en tant que ministre. Pour une seule raison,
c
'est que je pense que la place d 'un ministre, ce n
'est
pas d 'être dans une manifestation citoyenne, c 'est une manifestation citoyenne, d 'initiative citoyenne. Et donc voilà, en tant que membre du gouvernement, je considère que c 'est pas ma place. Mais en revanche, le combat est complètement partagé. par le gouvernement et par l 'État. Et d 'ailleurs, en ce qui concerne le maire de Saint -Denis, le préfet de Seine -Saint -Denis s 'est porté comme s 'est participé au nom de l 'État, parce qu 'un maire est aussi agent de l 'État.
Je comprends la position du gouvernement. Il n
'y
a pas d 'élus de droite ou du centre qui ont pour l 'instant annoncé leur venue ? Ça vous choque ?
On
a
l 'impression que c 'est un rassemblement contre le racisme qui ne réunit pas la République.
Chacun est libre de participer ou pas à un rassemblement. Moi, ma question, ce n
'est
pas tant de savoir qui est à quel endroit à 14h. Ma question, c 'est de savoir ce qui nous unit. Ce qui nous unit, c 'est qu 'en France, on n 'assigne jamais personne. ni à sa couleur de peau, ni à sa religion, ni à son origine. La seule chose qu 'on a en commun, c 'est notre destinée commune. Et donc il
ne faut
rien laisser passer. Il faut évidemment porter plainte, il faut que la justice sanctionne, c 'est du pénal le racisme, je le rappelle, pas une opinion, c 'est du pénal. Et il faut être extrêmement ferme. Et par ailleurs, il faut aussi construire, et ça par contre c 'est mon métier, en tant que ministre de
l
'éducation nationale,
une société...
Ça se
fait
dès l 'école ? Eh bien oui, dès l 'école, où précisément on apprend à nos élèves et à regarder avant tout dans leurs camarades. un autre citoyen, un autre Français, finalement quelqu 'un avec qui vont partager une destinée commune.
Rima Hassan a été en garde à vue pour Apologie du terrorisme. Elle se dit victime de la justice parce qu 'il y a eu 18 plaintes. Est -ce que vous y voyez un acharnement ? Est -ce que la justice est politisée dans ce pays ?
Heureusement que la justice n 'est pas politisée. Moi je crois dans l 'indépendance d 'une institution judiciaire et dans nos institutions en général d 'ailleurs. Il faut toujours être prudent quand on manque cause des institutions. Madame Hassan a tenu, semble -t -il, des propos sur Twitter, enfin sur X, comme on dit désormais, qui ont entraîné une garde à vue. Moi, la qualification pénale de ces propos et la procédure pénale, ça relève de l 'institution judiciaire, ça ne relève pas de moi. Et donc, je crois qu 'il faut laisser la justice, par définition, faire son travail. Précisément parce que sinon, on aura un problème. En revanche, après, sur le fond, elle tient régulièrement des propos qui sont, j 'allais dire, assez monothématiques et qui sont en grande partie, qui peuvent être vécus et dénoncés comme étant contraires à ce que je viens d 'expliquer, à ce que je crois profondément, c 'est à savoir qu 'en France, on ne regarde pas les gens à travers leur singularité, mais on les regarde comme des citoyens à part entière, d 'où qu 'ils viennent et quels qu 'ils soient.
On est en pleine guerre en Iran. On a du coup une conséquence qui est le prix du carburant qui flambe. Le gouvernement a annoncé hier soir un prêt flash carburant pour les petites entreprises. Est -ce qu 'il faut selon vous d 'autres aides ciblées et pour qui ? Parce que le Premier ministre a dit que le gouvernement devait faire des propositions et que ça tombera en début de semaine prochaine.
Comme vous
l
'avez dit, c 'est le Premier ministre qui est à la manœuvre sur ce sujet -là. Vous savez, quand on est ministre
de
l 'Université nationale, je ne suis pas un spécialiste des prix du carburant. Même si, comme tout le monde, je vois les effets à la pompe. On n 'est pas une fois encore dans une situation où on n 'a pas de problème de stock aujourd 'hui. Il faut le rappeler, il
n
'y
a
pas de pénurie de carburant. La situation actuelle, c 'est une situation qui a un impact sur les flux. mais qui n 'a pas d 'impact sur le stock de carburant en France. Évidemment, il y
a
un effet à la pompe. Le Premier ministre a déjà pris un certain nombre de mesures. 70 millions d 'euros ce mois -ci, qui ont été engagés en soutien à diverses professions. Il en a, s 'en annoncera d 'autres, probablement, en début de semaine prochaine. Parce qu 'on a appris
hier qu 'il y
avait
un surplus de 270 millions.
Oui, alors tout dépend de ce qu
'on
appelle un surplus. C 'est -à -dire qu 'il y a sur le coup un effet, si je puis dire, mécanique, qui fait qu 'effectivement, il y a quelques rentrées fiscales supplémentaires, mais dont il faut... Il
faut
déduire toutes les aides et les mesures qui sont prises et le fait que l 'impact de cette situation sur le prix de carburant a des effets notamment sur les taux d 'intérêt de la France et qui fait qu 'à la fin,
ça
va coûter objectivement beaucoup plus cher
que les
quelques millions d 'euros que l 'effet immédiat à la pompe rapporte.
On parle éducation nationale, vous avez élaboré une stratégie pour rehausser le niveau du bac et du brevet. L 'année dernière, 92 % des élèves ont eu leur bac. Comment vous comptez revaloriser ce diplôme ?
D 'abord,
je
crois que la question n 'est pas celle de savoir s 'il y aura plus ou moins de bacheliers qui vont réussir cette année. Moi, je ne
suis
pas du
tout
à cette logique. Le but du jeu, c 'est qu 'il y
ait
un maximum d 'élèves qui l 'aient. En revanche, moi, ce que je souhaite,
c
'est que les examens en général... reflètent effectivement le niveau des élèves. C 'est -à
-dire
qu
'on
n 'est pas un élève qui se dise « j 'ai eu le bac, c 'est formidable », alors qu 'il l
'a
eu à coups de pouce successifs, qui font qu 'à la fin, il a un bac qui ne reflète pas son niveau réel. Et donc ce que j 'ai fait, c 'est qu 'on a notamment supprimé les mécanismes de bonus qui permettaient de faire monter un élève qui avait 7 ,5 à 8, et puis après les euros d 'entapage de 9 à 10.
Donc ce sera plus sévère dans la notation quand même.
Ce sera en tout cas, ce n
'est
pas plus ça dans la notation. La notation a vocation à rester, si je puis dire, elle -même, celle des professeurs. Mais il n
'y
aura pas de coups de pouce collectifs qui permettront à chaque fois de faire passer, comme les seaux de haies, des élèves qui manifestement n 'ont pas le niveau du baccalauréat.
Donc mécaniquement, vous vous attendez à une baisse de nombre de bacheliers ?
Il peut y avoir une petite baisse. Ce n
'est
pas l 'effet recherché en tant que tel. C 'est aussi un effet de remobilisation pour que nos élèves se préparent avec toute l 'intensité nécessaire, ce qu 'ils font. Mais c 'est important qu 'un examen... C 'est le cas aussi
pour le brevet ?
Le brevet est même encore plus renforcé puisqu 'on a changé les règles du jeu à la suite du choc des services de Gabriel Attal et ça a été repris par Elisabeth Borne. Cette année, pour la première fois, le contrôle continu ne pèsera plus que pour 40%. Et on va prendre la moyenne des notes obtenues au total pendant l 'année, là où avant il y
avait
une espèce de tranche de points qui permettait à un élève qui, grosso modo, 14 ou 15, d 'avoir la totalité des points à la fin. Et ce qui, évidemment, faussait un petit peu quand même, là aussi, la nature de
l
'évaluation. Et donc là aussi, c 'est pareil, il s 'agit juste de dire la vérité, si je puis dire, par rapport au niveau de l 'élève. Donc ce n
'est
pas que c 'est plus dur ou machin, c 'est juste qu 'un niveau est sanctionné par une note, le diplôme. dit que le niveau a été atteint ou au contraire que le niveau n 'a pas été atteint.
Mais si le niveau n 'a pas été atteint, ce qui avait été imaginé au départ que si on n 'avait pas le brevet, on ne pouvait pas passer en seconde, ça c 'est abandonné. Donc à quoi ça sert finalement de se dire, je n
'ai
pas le niveau, mais je vais quand même continuer ? Ça sert
précisément à savoir ce qu 'il reste à travailler. Un élève, il a besoin de savoir d 'abord comment travailler, sur quoi travailler, avec quelle méthode, et de savoir s 'il est bien positionné par rapport à ses apprentissages. Quand on lui, tu as le brevet. Alors que quand il arrive à l 'entrée en seconde, il se trouve en très grande difficulté, par exemple en français et en mathématiques. Il y
a
un moment, on lui envoie deux signaux contradictoires. On lui dit oui à la fin de la troisième, on lui dit non au début de la seconde. Quand on lui dit à la fin de la troisième, écoute le brevet, tu ne l 'as pas eu. Ça veut dire qu 'il y
a
quand même un petit sujet de niveau, de type de méthode, de travail, etc. En fait, dès le départ, il sait ce qu 'il a à faire. Du coup, il se repositionne intelligemment au début de seconde. Il travaille un peu différemment et il réussit à la fin.
Il ne
faut
pas le faire redoubler ?
Ça peut aussi aboutir au redoubler. Aujourd 'hui, il
y
a à peu près 10 000 élèves de 3e qui redoublent chaque année en fin de 3e. Le redoubler, ce n
'est
pas forcément la clé de toute chose. Mais en tout cas, ce qu 'il faut, c 'est qu 'on arrête d 'envoyer une contradictoire à un élève entre le moment où il passe un examen et le moment où il est en classe. Ça, ce n
'est
pas possible.
Dans le classement des collèges sortis hier, il faut attendre la 7e place pour avoir un établissement public. Est -ce que c 'est l 'échec de l 'État ?
Alors d 'abord, pardonnez -moi, mais les classements ont été faits par les médias. Ce n 'est pas un classement éducation national pour une simple raison, c 'est que les indices de valeur ajoutée ne sont pas un classement. Ce que dit l 'indice de valeur ajoutée qui a été publié hier pour tous les établissements, c 'est la capacité d 'un établissement à porter plus d 'élèves, enfin des élèves plus hauts. que ce que la configuration sociale, scolaire, etc., de l 'établissement à l 'entrée en sixième, laissait penser, si je prends le cas du collège. Et pareil pour le lycée. Et qu 'est -ce qu 'on constate justement ?
C
'est que quand on prend les 500 premiers établissements en termes de valeur ajoutée, il y a 16%. de ces établissements qui sont en éducation prioritaire. C 'est -à
-dire
qui arrivent à emmener leurs élèves bien au -delà de ce que l 'environnement social des élèves aurait pu laisser raisonnablement penser si on avait fait des projections purement statistiques. Donc il faut sortir de l 'excès à un classement, ce n 'est pas un classement. Mais en revanche, ce que ça dit, c 'est l 'engagement des équipes et leur capacité, une fois encore, à emmener un élève au bout de ses potentialités.
Comme promis, Emmanuel Grégoire a dévoilé hier sa stratégie pour le périscolaire après les nombreux scandales de ces derniers mois. 78 animateurs suspendus, 31 pour suspicion de violence sexuelle. Le périscolaire,
c
'est dans les écoles, mais ça dépend de la commune. Est -ce que ça veut dire que l 'éducation nationale se lave les mains, j 'ai envie de dire, n 'a pas de responsabilité ?
Alors,
il
ne
faut
surtout pas se laver. D 'abord, ce sont des crimes. Et personne ne peut, pardon l 'expression, jouer à chat perché en disant « c 'est pas moi ». Ce sont nos enfants, ils sont dans les murs de l 'école et les parents ont le droit à une sécurité de la porte à la porte. Par contre, après ça, ce qui est vrai, c 'est que les mesures ne sont pas les mêmes selon qu 'on est éducation nationale ou selon qu 'on est responsable du pays scolaire, c 'est en l 'occurrence ici la ville de Paris. Côté éducation nationale, moi j 'ai pris un certain nombre de mesures très très rapidement ces derniers mois. D 'abord, j 'ai nommé une personne... auprès de la médiatrice de question nationale, une déléguée à la protection de l 'enfance, qui est une spécialiste de ces sujets, et que les parents pourront saisir justement quand leur situation a été mal prise en charge, quel que soit ensuite périscolaire, scolaire, ça met égal. Les parents ont droit à un guichet unique en la matière, première chose. Deuxième chose, on a mis en place tout un protocole de signalement parce que... Paradoxalement, nous n 'avions pas de cadre commun d 'identification, de repérage et de signalement, article 40, etc. Alors même qu 'on en fait énormément. Donc ça, on l
'a
mis en place. Et puis par ailleurs, il faut qu 'on ait un certain nombre d 'actions. Oui, typiquement, par exemple, l 'année prochaine, pour la prochaine campagne de subvention de l 'administration nationale à des associations, on subventionne chaque année une centaine d 'associations qui participent au service public. Moi, je souhaite conditionner l 'octroi des subventions à des formations sur les violences sexistes et sexuelles systématiques pour tous les bénévoles et personnels de ces associations. Parce qu 'il
y a
un moment, il faut s 'emparer de la totalité du spectre et il faut que chacun, j 'allais dire à la fois en conscience, pardon l 'expression, mais fasse le ménage. soit extrêmement ferme dans le repérage des détections et plus simplement forme aussi ses personnels à la détection de ces violences.
Entre 10 et 30 % des enseignants étaient en grève ce mardi pour protester contre les 4000 suppressions de postes dues à la baisse de la démographie. A chaque rentrée, il manque des professeurs devant les classes. Vous avez été interrogé aux questions au gouvernement, le collège Aliénor d 'Aquitaine, par exemple, 1400 heures de cours non assurées par manque de profs. Pourquoi supprimer ces professeurs -là ? Est -ce qu
'on
ne peut pas les mettre ailleurs ? puisqu 'on en manque ?
Ça peut paraître paradoxal, mais il n
'y a
pas forcément une situation de base communiquant entre les deux. Il y a deux situations qu
'il
faut tenir compte. La première situation, c 'est qu 'on est face à une chute démographique, vous le savez, qui est majeure. J 'essaie d 'alerter les Français depuis mon arrivée au ministère sur ce sujet -là. Nous sommes face à un mur démographique, c 'est 25 % de naissances en moins aujourd 'hui par rapport à il
y
a 15 ans. Ça veut dire qu 'entre un enfant qui est en maternelle aujourd 'hui et celui qui passe son bac, j 'ai 25 % d 'une génération en moins. Une génération perdue tous les 4 ans. Pour l 'école, c 'est un choc tellurique. je vais perdre 150 000 élèves à la rentrée prochaine dans le système scolaire français. Et il y a un moment où je ne peux pas tenir compte de cette situation, parce que tout simplement, j 'ai des endroits où j 'ai beaucoup moins d 'élèves. J 'étais hier dans un collège, par exemple, ils ont une classe de moins en sixième parce qu 'ils ont perdu 25 élèves à l 'autre en sixième. Oui, mais il manque des profs ailleurs. Et par ailleurs, c 'est pour ça qu 'il ne
faut
pas suivre la démographie. Par ailleurs,
ce
qu 'il faut,
c
'est qu 'effectivement, on profite de cette tristobaine démographique pour à la fois diminuer le nombre d 'élèves par classe. Ça, c 'est ce qu
'on
fait. On n 'en a jamais eu aussi peu en moyenne par classe dans le premier degré, 21. Et puis pour effectivement renforcer ce qu 'on appelle les moindres remplacements pour assurer une meilleure qualité du remplacement. Mais derrière, ça veut dire qu 'il faut aussi être capable de recréer des professeurs dans toutes les disciplines. à due proportion de nos besoins et ça on n 'y arrive pas toujours.
Donc
il
n 'y
a pas un effet de vaste communiquant absolu entre les deux. C 'est pour ça qu 'il faut vraiment avoir une vision globale du système et puis, pardon de dire comme ça, mais jouer sur la démographie pour effectivement améliorer le remplacement.
Merci Edard -Geoffrey d 'avoir été avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes ministre de l 'Éducation nationale, invité de la politique,
c
'est clair.
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