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Le tour de parole complet qui contient l'extrait, avec celui qui précède et celui qui suit. Le tour cible est encadré.
Le grand débat IA de la présidentielle (Manuel Bompard, Sarah Knafo, Xavier Bertrand…)
25 septembre 2026
on va vous entendre aussi là-dessus. C'est vrai qu'à la tribune des Nations unies, on a entendu Emmanuel Macron dire qu'il faut créer une IA européenne en open source, qui soit ouverte, et de ce fait, on pourra peser face aux géants américains. Quel est votre avis et est-ce que vous, vous considérez l'innovation de l'IA, son arrivée, comme la quatrième révolution industrielle ? C'est ce que dit Jérôme Rifkin.
D'abord, merci de votre invitation et surtout, merci d'avoir organisé ce débat. Je pense que vous êtes les premiers à le faire. Et ma conviction, c'est de ce dont on parle aujourd'hui, la question de la tech et... L'un de ces dérivés, la question de l'IA, et de mon point de vue, la question existentielle pour notre civilisation dans les années qui vont venir. Et donc, ça me paraît très important d'essayer de réfléchir avec les citoyennes et les citoyens de la manière dont on pose ce débat. Et la première chose que je veux vous dire, c'est qu'on parle beaucoup d'innovation, d'investissement, et c'est des sujets importants. Je crois que c'est... Ce n'est pas la première question qu'il faut se poser par rapport à cette question de la tech, des big tech et de l'IA. La question sur laquelle il faut se concentrer, c'est à quel moment pour une société une innovation devient ou non un progrès. Une innovation et un progrès, ce n'est pas la même chose. Une innovation, c'est un nouveau truc qu'on invente. Vous avez pris l'exemple de la bombe atomique. La bombe atomique, c'est une innovation. Est-ce que c'est un progrès pour notre civilisation humaine ? On peut dire que ça se discute. Ça pose la question des investissements, permettez-moi, je vous voyais un peu dubitatif. Oui, j'y viens, mais permettez-moi de faire quelques minutes là-dessus parce que je pense vraiment que c'est sur ce sujet-là de à quel moment nous, société citoyens, on considère qu'une innovation technologique est un progrès ou non pour l'intérêt général. Et j'en viens à la question de la fameuse course. La course à l'innovation. La course à la compétitivité et donc la course, bien entendu, à l'investissement. Moi, je vais poser une question assez simple qui est de dire, mais on veut courir après quoi ? Et je pose ça, c'est qu'en fait, courir après un modèle d'IA, je parle des gigaïens, des big tech américaines ou d'ailleurs chinoises. Est-ce que c'est cette course-là en tant qu'Européens qu'on veut faire ? Moi, je pense que non. Je pense que le gigantisme des investissements imposés par les modèles d'immenses entreprises multinationales américaines ou dans un autre modèle économique, quoique chinoise, n'est absolument pas un modèle souhaitable pour nos standards et nos valeurs européennes. Quelles sont-elles ? Le respect de la vie privée. de la concurrence. Moi, je ne suis pas un adepte de la concurrence libre et non faussée, mais c'est un des préceptes de l'Union européenne. La question de la protection de nos données, de nos valeurs démocratiques, etc. Ce que je veux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, ces géants de la tech, tels qu'ils se développent, nécessitent tellement de milliards d'investissements que leur business model n'est tout simplement pas compatible avec nos valeurs démocratiques. Et de droit individuel européen. Et donc c'est dans ce sens-là qu'il faut voir ce débat. Parce que sinon, on va se tromper de sujet. Donc là, on parle de 50 milliards. Ça
veut
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