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Le tour de parole complet qui contient l'extrait, avec celui qui précède et celui qui suit. Le tour cible est surligné.
Nouvelle-Calédonie : l'Assemblée nationale rejette le projet de loi constitutionnelle - 2/04/2026
2 avril 2026
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'est que ces dernières années ont été particulièrement éprouvantes pour les Calédoniens. Il y a eu les référendums, il y a eu les blocages, il y a eu les violences du mois de mai 2024, et tout cela a profondément marqué le territoire. Et tout cela a installé un doute, celui de savoir si la Nouvelle -Calédonie pouvait encore avancer. Voilà, mesdames et messieurs les députés, d 'où nous partons. Et si nous sommes enfin réunis là ce matin, ce n 'est pas pour engager une simple réforme, c 'est parce que depuis des mois, des femmes et des hommes ont essayé de rouvrir un chemin là où beaucoup ne voyaient plus qu 'une impasse. Et ce chemin a un nom, c 'est Bougival. Bougival, c 'est d 'abord un moment politique. Après des mois de rupture, C 'est le moment où tous les responsables calédoniens, tous, ont accepté de revenir autour d 'une table, de se reparler, de se confronter de leurs opinions pour aboutir à un accord de compromis. Et en Nouvelle -Calédonie, ce que je viens de vous décrire compte beaucoup parce que ça ne va jamais de soi. Revenir autour d 'une table après ce qui s 'est passé, ce n 'est pas rien. Faire des concessions qui n 'étaient pas évidentes dans un territoire encore traversé par les blessures, ce n 'est pas rien. Accepter un compromis quand on porte des histoires, des fidélités, des mémoires et parfois des incompatibilités profondes, ça n 'est pas rien. Là -bas, on ne rassemble pas par facilité. On ne revient pas discuter pour le confort de la discussion. On y revient parce qu 'on sait ce que coûte le face -à -face. C 'est d 'abord ça Bougival, c 'est la réouverture tant attendue d 'un espace politique commun. Je veux saluer à ce titre le travail qui a été engagé par mon prédécesseur Manuel Valls et par tous ceux avant lui qui ont œuvré pour rendre ce moment possible. Alors disons -le d 'emblée, ce que vous avez aujourd 'hui entre les mains, ce n 'est pas un texte parfait. Et ça ne peut pas l 'être par nature. C 'est le résultat d 'un équilibre entre des visions différentes de l 'avenir du territoire, entre ceux qui aspirent à l 'indépendance et ceux qui veulent le maintien dans la République. En Nouvelle -Calédonie, précisément, c 'est comme ça qu 'on avance. Aucun ! Aucun des grands compromis calédoniens n 'a jamais été parfait. Ni Matignon ou Dino, ni Nouméa, aucun. Tous ont été critiqués, tous ont été contestés, tous ont été jugés insuffisants par les uns ou excessifs par les autres. Et pourtant, tous ont eu une vertu essentielle. Ils ont permis aux Calédoniens, à un moment de tension, de sortir du blocage et de se projeter. Voilà ce qu 'il faut regarder aujourd 'hui. Je ne suis pas en train de vous dire que l 'accord de Bougival serait de même nature que les grands accords qui l 'ont précédé. Je ne confonds pas les moments de l 'histoire, je ne cherche pas en ce qui me concerne les comparaisons faciles. Mais je dis qu 'il y a entre eux une même exigence d 'esprit. L 'esprit de responsabilité, l 'esprit qui consiste à préférer un chemin imparfait à une impasse certaine. Cet esprit -là, Michel Rocard l 'a porté. Cet esprit -là, Yonel Jospin l 'a porté. Et ce n 'était pas l 'esprit du confort, ce n 'était pas plus l 'esprit de la pureté, c 'était l 'esprit de ceux qui savent qu 'en Nouvelle -Calédonie, on n 'avance jamais par les slangants, on avance par des équilibres fragiles, difficiles, discutés et parfois douloureux, mais nécessaires. Alors parlons de Bougival comme il faut en parler, sans le caricaturer, sans le mépriser, sans faire comme s 'il ne contenait rien. Bougival, ce n 'est pas une construction inventée à Paris, ni un engagement administratif, c 'est le fruit de discussions des forces politiques calédoniennes qui partent d 'un constat simple. Le cycle référendaire prévu par l 'accord de Nouméa est arrivé à son terme. Les trois consultations ont eu lieu, elles ont produit un résultat, par trois fois, le non à l 'indépendance l 'a emporté, mais elles ont abîmé le territoire en clivant davantage les deux camps et elles n 'ont pas à elles seules stabilisé Bougival va donc proposer ce nouveau cadre. C 'est la reconnaissance d 'un État de la Nouvelle -Calédonie dans la Constitution. C 'est la reconnaissance d 'une nationalité calédonienne qui coexiste avec la nationalité française. C 'est la possibilité d 'un transfert progressif des compétences régaliennes, sécurité, justice, monnaie, défense, sous des conditions de majorité qualifiées au Congrès et d 'approbation par les Calédoniens de chaque transfert. Il ne s 'agit pas de verrou. Comme je l 'ai entendu, il s 'agit de garanties démocratiques fortes, compte tenu de la nature des compétences transférées. Transférer des compétences régaliennes n 'est jamais un acte anodin. Cela engage la souveraineté, l 'organisation de la justice, la sécurité, les équilibres financiers. Il est donc normal que la procédure soit exigeante. Elle assure que toute évolution ne pourra intervenir qu 'à l 'issue d 'un choix clairement assumé, partagé et validé démocratiquement. C 'est ensuite la création d 'une loi fondamentale pour consacrer la capacité d 'auto -organisation du territoire. Et c 'est un processus d 'autodétermination renouvelé, inédit, qui rompt avec le face -à -face pour proposer de construire des majorités élargies. Ce sont des avancées majeures. C 'est le pari de la confiance entre les communautés. L 'étape Élysée -Oudino de janvier dernier s 'inscrit dans ce prolongement. A l 'invitation du président de la République, cette séquence a permis de consolider plusieurs points qui appelaient des clarifications à la demande des partenaires eux -mêmes. Sur l 'identité d 'abord, avec une chose claire, la reconnaissance de l 'identité canaque comme socle fondamental, pleinement assumé, pleinement inscrit. Sur l 'équilibre institutionnel ensuite, en réaffirmant le rôle des provinces comme acteurs essentiels du développement économique, mais dans un cadre qui garantit la cohérence d 'ensemble et la solidarité entre les territoires. Et puis il y a le concret. Les partenaires calédoniens ont souhaité aller plus loin en complétant le pacte de refondation économique et sociale. Ce pacte, c
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