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Nicolas Forissier : "Prendre dans la poche de Total, c'est prendre dans la poche des Français"
24 septembre 2026
Jacques Cardose.
est 8h30, vous êtes bien sur Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui Jacques, vous recevez Nicolas Faurissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité.
Bonjour Nicolas Faurissier. Bonjour. Votre travail est de faire en sorte que la France vende plus, que l'on exporte plus. Or les importations aujourd'hui progressent plus vite que nos exportations. Est-ce que c'est à cause de la crise énergétique ?
Les importations progressent plus vite, temporairement, parce qu'en réalité, nos exportations, ce que nous vendons à l'étranger, progressent en réalité de quasiment 2%. Si on enlève la facture énergétique, ce qui a dégradé notre solde finalement, et ce qui a rendu les choses un peu plus compliquées ces derniers temps, c'est évidemment... ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz, le renchérissement du prix des hydrocarbures. En gros, sur 6 milliards de dégradation, vous avez 5,2 milliards qui sont liés directement à l'augmentation du prix des hydrocarbures, du gaz naturel, du pétrole, etc. Mais donc ça veut dire que structurellement, on progresse en fait, que le commerce extérieur et plus globalement, ce que la France vend à l'extérieur, c'est-à-dire et les biens et les services, tout ça progresse bien. particulièrement les services, c'est-à-dire le tourisme, la place financière de Paris, les transports maritimes, etc. Mais c'est vrai qu'on a une dégradation ces derniers mois, premier semestre, à cause de la crise de Hormuz.
Donc on peut dire que le coût de l'énergie freine les exportations françaises ?
Le coût de l'énergie dégrade un travail qui, par ailleurs, était très positif et qui rétablissait structurellement notre... Peu à peu, je ne dis pas que tout va être réglé du jour au lendemain, mais honnêtement, les entreprises françaises, elles se battent sur les marchés extérieurs et elles réussissent à progresser. Et quand vous prenez, encore une fois, les biens et les services, c'est-à-dire, en gros, le parfum, le blé, les machines, etc., qu'on vend, et puis, d'autre part, le tourisme... les services financiers, etc. Globalement, on est même excédentaire. Donc on a beaucoup redressé ces dernières années, en particulier depuis deux ans, mais c'est vrai que la guerre dans le Létroit d'Ormouz, ce qui se passe sur le plan géopolitique, vient dégrader temporairement, j'espère, notre commerce.
Temporairement, vous dites, la crise énergétique, est-ce qu'elle peut affecter profondément cette balance commerciale dans le temps ?
C'est certain. De toute façon, on sait depuis le début que ce qui nous coûte très cher, ce qui est difficile à compenser, c'est le prix d'énergie puisqu'on ne produit pas de pétrole. Donc ça veut dire qu'il faut que, parallèlement, ce que le Premier ministre a dit très clairement et a mis en oeuvre ces derniers temps, il faut qu'on trouve le moyen de se dégager de cette dépendance aux hydrocarbures plus que jamais. Il y a évidemment des raisons qui sont liées à l'évolution écologique de notre politique, à l'évolution durable de la conduite du pays, mais c'est aussi très important. important sur le plan économique et financier. Que vous disent les
entreprises françaises exportatrices précisément, qu'elles ne peuvent plus absorber le surcoût de l'énergie et du transport ?
entreprises exportatrices, elles ont de toute façon globalement, dans une compétition mondiale qui est extrêmement difficile, un problème de compétitivité. Donc elles sont à la recherche en permanence de gains sur leur coût de revient pour être plus compétitives face aux Espagnols, aux Allemands, aux Italiens, mais surtout évidemment... face aux Chinois ou à d'autres grands pays qui nous sont concurrents. Après, ça c'est classique, c'est normal. Ce qui est vrai, c'est que la hausse du prix d'énergie vient alourdir les choses, rend les choses beaucoup plus difficiles. C'est vrai pour les entreprises exportatrices, comme pour les entreprises non exportatrices. Je prends le BTP par exemple, c'est évidemment très important, les agriculteurs, les pêcheurs. C'est pour ça que le gouvernement a mis en place beaucoup d'aides très ciblées sur ces entreprises, parce qu'il faut préserver avant tout la croissance, nos entreprises et l'emploi.
rapport à nos voisins, Nicolas Faurissier, comment peut-on être compétitif à l'export avec une énergie qui est plus chère pour nous que pour nos concurrents ? Je parle des concurrents européens.
Elle est plus chère, tout ça est très relatif. Elle n'est pas plus chère que dans les pays voisins. Vous avez des différences de taxes que l'État et le gouvernement se sont engagés à faire. Très clairement, c'est qu'il n'y ait aucun, entre guillemets, aucune marge supplémentaire au profit de l'État qui soit faite par la mécanique de l'augmentation du prix du pétrole. Et donc tout surplus, y compris d'origine fiscale, qui pourrait être réalisé par rapport aux périodes normales, va être intégralement et déjà intégralement reversé pour aider, par exemple, les grands rouleurs, les infirmières, les aides à domicile, les entreprises. Donc par rapport aux
pays européens, on est à armes égales d'un point de vue de la... On est
à armes égales. Après, certains... pays font ce que nous avons fait il y a quelques années c'est-à-dire une baisse générale mais ça coûte extrêmement cher. Et en fait, ce n'est pas productif du tout. Nous, on a déjà fait... C'est-à-dire que vous baissez les taxes, ou vous gelez les prix en compensant par ailleurs, ça veut dire que vous dépensez des milliards d'euros qui partent un peu dans le sable. Évidemment, ça sert aux gens qui en ont vraiment besoin. Nous, on a choisi de cibler les aides, précisément en tirant la leçon de ce qui s'est produit il y a trois ans, il y a deux ans, lors des précédentes crises, où on voit que quand on dépense... façon générale, sans cibler, eh bien, on a une bonne partie de cet argent qui, jamais que nos impôts, qui disparaît dans le sable. Là, on cible sur les gens qui sont les gros rouleurs, les gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, y compris en tenant compte des revenus familiaux. On fait en sorte que les infirmières, les aides à domicile, les travailleurs du BTP, les agriculteurs, les pêcheurs, etc., puissent être aidés parce qu'eux, ils en ont vraiment besoin pour pouvoir travailler. Alors, Je tiens à le préciser, c'est une aide qui est assez importante, qui est massive. On a doublé l'aide, on a augmenté aussi, je le dis au passage, aux entrepreneurs, les plafonds de déduction fiscale et sociale sur les aides au carburant que les entreprises, au-delà de l'aide de l'État, peuvent aussi verser à leurs salariés quand ils prennent leur voiture pour venir travailler. Donc il y a quand même beaucoup de mesures qui sont mises en œuvre. Au bas mot là, à nouveau 500 millions d'euros qui sont dépensés, je ne parle pas des aides des entreprises. Nicolas Faurissier,
vous êtes ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Lorsque vous entendez le concert symphonique d'une partie de la gauche anti-Total aujourd'hui, est-ce que vous pensez que c'est irresponsable de tenir ce genre de discours contre Total ?
C'est totalement irresponsable. C'est totalement irresponsable. Moi je connais bien Total, c'est une entreprise qui emploie des centaines de milliers de personnes dans le monde, c'est un des... Fagnon de l'économie française, c'est une entreprise qui est extrêmement vertueuse, elle a plafonné, vous l'avez bien vu, à 2 euros le coût de ses carburants ces dernières années, de façon très civique. Honnêtement, elle joue le jeu pour accompagner. C'est une reprise ultra moderne qui porte, encore une fois, énormément de contrats dans le monde. Moi, je soutiens Total. Il faut arrêter de taper sur nos champions. C'est quand même scandaleux. Et l'idée de la France
insoumise, défendue également par une partie de la gauche, on l'a encore vu hier, de plafonner les prix et donc d'aller chercher, d'une certaine façon, dans la poche de Total, qu'est-ce
que vous leur répondez ? Mais si on va chercher dans la poche de Total, on va chercher dans la poche des Français. Parce que Total emploie des centaines de milliers de Français dans le monde où en fait... France, et que nous avons besoin de grandes entreprises. D'un autre côté, Total
fait des marges très importantes, c'est aussi l'un des arguments de la LFI. Oui, mais Total
réinvestit, Total paye des impôts en France, contrairement à ce que j'entends parfois, et non, moi je trouve que cette façon de plafonner, de désigner une espèce de jalousie sociale permanente qui est mise en oeuvre par une bonne partie de la gauche, en tout cas une partie de la gauche, en particulier la France insoumise, est totalement démagogique, totalement contre-productive. Enfin, il faut arrêter de se tirer des balles dans le pied tous les jours. Vous leur dites quoi ? Vous leur dites, foutons la paix à Total ? Je leur dis, Total doit respecter la loi, Total, on lui demande de faire aussi des gestes importants. C'est ce qui a été réalisé par Total, notamment en plafonnant les prix à la pompe. Je rappelle encore, moi je le sais, parce que je vois bien comment ça se passe cet été, j'emmène ma petite famille, je vois bien comment ça se passe. Donc, il ne faut pas croire que les ministres sont coupés de la réalité, on vit comme tout le monde. Donc, il faut respecter ça, et il faut faire en sorte que nous puissions porter avec fierté nos entreprises françaises. Après, je ne sache pas que Total ait commis un quelconque excès, et au contraire, ils sont très importants pour l'économie française. Je ne suis pas l'avocat de Total, mais je trouve que ces raisonnements qui consistent en permanence à... Ça développe un climat anti-entreprise, d'après moi. Mais oui, je veux dire, qu'est-ce qui crée de la richesse ? Avant de distribuer la richesse, tous ces démagogues qui nous expliquent qu'il faut aller prendre l'argent là, ici, là, Il faut d'abord la créer, la richesse. Et qui crée la richesse ? Ce sont les entreprises. Et les entreprises, après, elles sont dans un cadre réglementaire et fiscal qui, en France, en plus, est quand même très contraignant et qui met une pression très importante. Donc, il faut arrêter de taper sur les entreprises. On a besoin des entreprises, quelle que soit leur taille, pour créer de la richesse. Et après, quand on a créé cette richesse, on peut la distribuer. Moi, je ne fais pas l'inverse. C'est malheureusement ce que dit une certaine gauche, et ça, je le regrette. Nicolas Faurissier, ministre
délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Vous revenez d'une tournée. en Amérique latine et centrale. Là-bas, il faut ouvrir de nouveaux marchés dans ces zones pour contrer notamment les droits de douane américains.
Enfin, contrer les droits de loi américains, ça fait partie d'un ensemble de choses qui, au fond, montrent que le commerce est devenu une arme, dans un monde extrêmement violent, avec des conflits géopolitiques, on en parlait tout à l'heure à propos du détroit d'Orangouz, mais aussi ce qui se passe dans le détroit de l'autre côté, sur la mer Rouge de Bab el-Mandev. On voit bien que cette situation est extrêmement dangereuse. Et puis, vous avez la guerre que M. Poutine a entraînée en Ukraine, avec toutes ses conséquences, y compris économiques. Et puis, vous avez effectivement l'utilisation du commerce, notamment ce qu'on appelle les tarifs. C'était M. Trump qui nous a révélé ça, qui consiste à utiliser le commerce comme une arme. Donc face à ça, moi je dis, au fond, la France doit s'emparer de la logique et de la stratégie de diversification et de sécurisation de notre commerce. Donc il faut qu'on aille dans le plus de pays possibles qui pensent comme nous et qui ont nous
des accords. Justement, vous avez noué des accords et vous accompagnez l'installation d'entreprises françaises à l'étranger. Vous revenez d'Amérique du Sud avec de bonnes nouvelles. Oui
bien sûr, l'idée c'est d'aller diversifier. On le fait dans le cas des accords de commerce qui sont signés par l'Union Européenne, on le fait en s'emparant de ces accords de commerce. Quand je vois les débats un peu incroyables, irrationnels sur le Mercosur, sur les accords de commerce en général, je pense qu'il faut que tout le monde prenne conscience qu'ils sont extrêmement importants. Je vais répondre à votre question, mais ce que je veux dire c'est qu'il faut bien voir que ces accords de commerce qui sont signés par l'Union Européenne, la France doit s'en emparer. Avant les autres. Et c'est ce que j'essaye de faire. Il y a eu un accord, par exemple, avec l'Australie au mois de mars dernier. Quinze jours après, j'étais en Australie pour dire aux Australiens, mais nous, la France, on y croit. Parce qu'on veut... nouer des liens durables avec des pays qui pensent comme nous, trouver des troisièmes voies et ne plus être dépendant soit des Chinois, soit des Américains. Et c'est pour ça que je suis allé en Amérique centrale. Et je reviens à votre question initiale. Et en Amérique centrale, qu'est-ce que je fais ? Je vais débloquer, avec des entreprises que j'emmène, des contrats dans des pays avec lesquels nous essayons de construire des accords de long terme. Je vais prendre un exemple. Par exemple, au Panama, on a décroché 90 millions de dollars, pardon, pas 90. 90 millions de dollars de contrats de maintenance pour l'entreprise Alstom. Ça fait partie de beaucoup d'autres contrats que Alstom décroche dans le monde. Mais il fallait débloquer ce contrat. Derrière, c'est de l'emploi en France. Parce que ça fait vivre Alstom et que vous avez beaucoup d'emplois en France. Autre exemple, en Équateur, l'entreprise Ragni, qui fait de l'éclairage public, qui est une entreprise de l'Est de la France, elle a décroché 77 millions de dollars de contrats. Et je pourrais vous prolonger la liste. Mon boulot, c'est d'aller débloquer les contrats, d'emmener les entreprises sur place, de leur ouvrir des portes, de discuter avec les gouvernements des pays avec lesquels on essaie de construire dans le long terme, pour leur dire, écoutez, la France, c'est un pays stable, c'est un pays qui pense comme vous, faites confiance à nos entreprises. Et finalement, ça marche. C'est pour ça que notre commerce extérieur progresse, comme je le disais tout à l'heure. Dans cet
ordre d
'idée, il y a également des accords européens, cette fois-ci avec les Philippines. Oui, vous avez, je l'ai dit, des accords qui sont... Parce que c'est la compétence de la Commission européenne de signer des accords de commerce avec d'autres pays ou avec d'autres zones. C'est l'Union européenne qui a signé avec le Mercosur, c'est-à-dire le sud de l'Amérique latine. C'est le cas, effectivement, dans la discussion qui est en cours, par exemple, en ce moment avec les Philippines. Je rappelle qu'on a conclu avec l'Indonésie il y a quelques mois, avec l'Inde il y a quelques mois, avec le Mexique, on a revu notre ancien accord. Enfin, je pourrais poursuivre la liste. Il y a eu une accélération. Et moi, je dis, il faut se servir de ça. pour que la France soit en première ligne dans la mise en oeuvre de ces accords de commerce parce que ça nous permet d'avoir des droits de douane qui baissent drastiquement et de rentrer ensuite dans une discussion pour lever toutes les barrières non tarifaires, c'est-à-dire au-delà des droits de douane. Je pense par exemple aux normes qui sont imposées par les pays pour essayer de se protéger, de fermer leur marché. Donc cette logique-là, il faut s'en emparer de façon très dynamique et c'est ce qui nous permettra de diversifier notre commerce, les dépouchés de nos entreprises.
Autre point, intéressant et dont vous avez directement la charge, c'est la taxe sur les produits chinois. Est-ce qu'il faut aller plus loin aujourd'hui ? On voit en ce moment, en pleine crise du carburant, des Français qui achètent beaucoup de voitures électriques, mais elles sont chinoises. Depuis le 31 octobre, une nouvelle taxe frappe les voitures électriques chinoises importées en Europe. Certains à la Commission européenne disent qu'il faut aller plus loin et taxer des véhicules hybrides. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Je pense qu'il faut faire très attention, l'attaque sur les véhicules électriques, elle avait pour objectif simplement de rétablir un peu d'équité. Parce que nous savions très bien que nos partenaires chinois, ils nous vendaient des produits, et notamment des véhicules électriques, qui étaient très subventionnés. Et donc il y avait une inéquité qui était créée, je dirais même une inégalité entre les producteurs européens et les producteurs chinois. Donc on a remis ça, on a remis l'équilibre en place, après il faut faire attention. parce qu'on vend aussi aux Chinois. Donc il faut monter en puissance progressivement. Moi, je ne peux pas vous dire aujourd'hui s'il sera décidé de faire la même chose sur les véhicules hybrides, mais tout est à l'étude. Et ce qui est certain, c'est que... C'est vraiment la position de la France, celle que je défends au Conseil européen. Tout est à l'étude, ça signifie que
ce n'est pas impossible.
Tout est possible dans la mesure où il faut que nos partenaires chinois comprennent que... A force d'essayer de détruire l'industrie, l'économie européenne en prenant des positions à coup de subvention publique, ils vont finalement détruire un marché qui est important pour eux. Donc il faut rétablir une forme d'équilibre. Moi je ne suis pas pour le recroquevillement, la lutte effrénée contre les concurrents, la fermeture des frontières qui aboutirait au fond à détruire notre industrie. Il faut qu'on soit capable de continuer à... à conquérir le monde, à avoir un esprit de conquête, mais il faut aussi qu'on soit beaucoup plus ferme quand les règles du commerce ne sont pas respectées. C'est la position de la France, notamment dans l'Union Européenne. C'est pour ça que nous poussons beaucoup à des mesures, comme ça a été le cas sur la taxe sur les véhicules électriques, mais il y en a beaucoup d'autres, de façon à rétablir l'équilibre. On va
y revenir, Nicolas Faurissier, vous restez avec nous, vous êtes ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Dans la deuxième partie, un auditeur vous interrogera sur la course à la présidente. Il y aura le hashtag de Benjamin Glaze.
Nicolas
Faurissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité à notre invité ce matin. Monsieur le ministre, deux petites questions d'actualité avant de passer à vos trois minutes pour convaincre. Trump et Zelensky espèrent la fin de la guerre avant l'hiver. Qu'est-ce que vous dites aux entreprises françaises ? Est-ce que vous les poussez à aller en
Ukraine, malgré la situation ? Je les ai déjà emmenés en Ukraine. J'ai fait une mission en Ukraine avec les entreprises françaises au mois de février dernier, dans des conditions d'ailleurs qui étaient terribles, puisqu'il y avait dans la nuit où je suis arrivé, 500 drones et missiles sont tombés sur Kiev. Vous leur dites qu'il y aura des marchés à prendre. Je leur dis qu'il faut être maintenant aux côtés de nos amis ukrainiens. Ce n'est pas quand la guerre sera finie, c'est maintenant, quand c'est difficile. C'est ce que la France a toujours fait. Y compris, on en parlait tout à l'heure avec les Chinois, rappelez-vous. SARS-CoV en 2001, 2002, 2003, dans ces années-là, on était là. Il y a des marchés à prendre là, ça se veut dire. C'est pareil en Ukraine, évidemment il y a des marchés à prendre, de la reconstruction, mais ce n'est pas des marchés à prendre simplement de façon égoïste. C'est un contrat de développement de long terme qu'on doit construire avec les entreprises ukrainiennes, avec l'État ukrainien, avec la société ukrainienne. Et donc vous dites aux entreprises françaises, n'hésitez pas. Mais bien sûr, je l'ai déjà fait.
Autre sujet d'actualité, le pape mais aussi Céline Dion. Lorsque l'on évoque le pape et Céline Dion, on se dit que c'est bon pour l'attractivité française. Est-ce que ça fait partie aussi de vos arguments ?
Bien sûr, mais écoutez, moi je vais dans plein de pays pour essayer de vendre la France, et à chaque fois, je me rends compte qu'il y a un désir de France dans tous les pays du monde. Et quand nous avons des personnalités aussi éminentes... que le pape qui vienne en France, évidemment, on est fier. Évidemment, il y a des contraintes, il faut organiser, il y a des blocages de certains quartiers de Paris, j'en sais quelque chose, mais tout ça est très important, ça dure quelques jours, mais pour l'image de la France, c'est essentiel. Que Céline Dion vienne faire son grand retour à Paris, c'est évidemment aussi un moment très fort, tant nos compatriotes en particulier, mais dans le monde entier, il y a un amour pour Céline Dion. Un défenseur de l'image de la France. Je voudrais qu'on arrête de se tirer des balles dans le pied tous les matins, de se dire la France ne voit pas bien, elle est déclassée, etc. On ne parle que de négatif. Est-ce qu'on peut mesurer l'apport financier de la venue du pape ne l'ai pas calculé aujourd'hui, mais évidemment vous avez beaucoup de dépenses qui vont tourner autour. Mais franchement, hôtel, restaurant, transport, etc. Mais ce n'est pas ça qui est important. Le pape, c'est quand même autre chose qu'un enjeu financier. C'est une personnalité, c'est le chef de l'église catholique, le chef des catholiques dans le monde. Il vient en France, fille aînée de l'église, comme je le rappelle, c'est historique ce que je suis en train de dire. Et donc, on est fiers d'accueillir le pape à nouveau. Et ce nouveau pape qui est né en 14, on est heureux qu'il vienne ici à Paris. Alors Nicolas
Faurissier, c'est l'objet de votre carte blanche, l'attractivité et vos trois minutes pour convaincre. Vous avez choisi de parler de l'attractivité de la France. Comment peut-on l
'améliorer ? Pourquoi j'ai choisi de parler de ça ? C'est parce que, je le disais il y a quelques instants, on est dans un débat public où on ne parle que de négatif. où on passe son temps à expliquer que rien ne va plus, que la France, encore une fois, est déclassée, etc. Or, j'observe que ça fait plus de 7 ans, maintenant, que la France est le champion du monde, pardon, le champion d'Europe en matière d'investissement direct étranger. C'est-à-dire que c'est la France qui attire le plus d'investissement direct étranger de l'ensemble des pays de l'Union Européenne, des 27 pays de l'Union Européenne. C'est bien ! Au mois de juin dernier, c'est la procédure Choose France qui a été mise en oeuvre par le président de la République déjà il y a presque dix ans maintenant. Eh bien, on a eu 93 milliards d'euros d'engagement, d'investissement, d'entreprises du reste du monde qui ont choisi de s'installer en France, de faire des data centers. mais aussi des investissements industriels. J'ai eu l'occasion d'aller à Chartres, dans ma région de Centre-Val-de-Loire, pour inaugurer l'investissement d'une entreprise qui s'appelle Novo Nordis, qui est danoise. C'est 2 milliards d'euros d'investissement avec des centaines d'emplois supplémentaires. On doit être fier de l'attractivité française et du fait que nous soyons champions.
Nicolas Faurissier, l'un des derniers investissements dont on a beaucoup parlé en France, c'est celui de l'Arabie Saoudite à travers ce parc d'attractions qui pourrait voir le jour. en Europe. Est-ce que vous avez des nouvelles à nous donner concernant la licence qui appartiendrait aux Japonais et dont l'Arabie Saoudite ne pourrait pas se servir ?
Mais ça c'est un problème entre l'Arabie Saoudite et les Japonais propriétaires d'une licence. dont il a été évoqué qu'elle pourrait servir d'un des éléments de base de ce parc, mais ça n'a jamais été annoncé comme tel par les Séoudiens. Ce qui est annoncé par les Séoudiens, c'est un investissement considérable, de l'ordre, finalement, à moyen terme, de ce qui s'est fait avec Euro Disney, sur d'autres thèmes complémentaires, et avec des choix qui seront développés au fur et à mesure. Si les Séoudiens s'engagent dans cet investissement, ce n'est pas par hasard. C'est parce qu'ils savent que la France est la porte d'entrée de l'Europe, que c'est le pays qui... Ce parc
d'attractions, il se fera ?
Mais moi j'espère, parce que c'est des milliers d'emplois. C'est des milliers d'emplois pour la région parisienne et pour des gens qui ont besoin de boulot. Quand j'entends certaines voix, certaines bonnes consciences vous expliquer que ce n'est pas bien de faire des parcs à thème, enfin, ils regrettent. En tout cas, vous êtes optimiste. Et les milliers d'emplois que ça représente. Moi, je suis pour qu'on se développe, qu'on soit fiers, que notre pays soit dans une espèce de conquête et qu'on aille chercher aussi des investisseurs. Nicolas
Faurissier, on va écouter une auditrice qui a souhaité vous interroger sur la politique et la course à la présidentielle.
Oui, bonjour. Alors, c'est Muriel de Béziers. J'aurais une question à vous poser, monsieur Nicolas Fauretier. Étant donné que vous étiez chez Les Républicains et que vous avez été exclu du fait que vous faites partie du gouvernement, est-ce que vous avez l'intention de donner votre voix, monsieur Rotaillon, pour les présidentielles ? Voilà, merci de me répondre.
Écoutez, d'abord, Muriel, merci de cette question. Je n'ai pas été exclu, j'ai été suspendu comme mes cinq autres collègues ministres LR. Honnêtement, ça n'a aucune importance. Moi, ça fait 30 ans, plus de 30 ans même, que je me bats dans ma famille politique. Je suis un des cofondateurs de l'UMP qui maintenant s'appelle Les Républicains et j'en suis fier. La question, c'est est-ce que nous sommes capables de nous rassembler ? Moi, je soutiendrai celui qui sera... au fond, le point de rencontre de l'ensemble des candidats de la droite et du centre. On ne peut pas continuer à avoir une espèce d'éparpillement incroyable, de concurrence, au fond, assez stérile, parce que... derrière les postures, on est... C'est qui pour vous aujourd'hui ? C'est qui aujourd'hui M. Faurissier pour vous ? Sur le fond de ce qu'il faut pour le pays, tout le monde est assez d'accord. Il y a des nuances. Ce qu'il faut maintenant, c'est se rassembler. Sinon, on va avoir un deuxième tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon, ce que je me refuse personnellement à accepter. Se rassembler autour de qui M. Faurissier ? Moi, je pense qu'il va falloir le faire assez vite. Je pense que dire on attendra Noël, le mois de février, etc., c'est beaucoup trop tard. Il faut qu'il y ait un mouvement de rassemblement. Il y a des initiatives qui sont prises par les uns ou les autres en ce moment. Mais avant Noël, à mon avis, il faut que nous soyons capables de nous rassembler autour d'un candidat. Vous étiez au meeting d'Edouard Philippe ? Oui, j'y suis allé parce que je connais très bien Edouard Philippe, que c'est quelqu'un que j'apprécie énormément. Et parce que je voulais montrer, je n'ai pas dit qu'aujourd'hui j'avais fait mon choix, donc je ne réponds pas à la question de Muriel, pour l'instant je n'ai pas fait mon choix. Mais je voulais montrer qu'il était important, y compris de la part d'un responsable des Républicains, de donner des signes de rassemblement. Vous n'avez pas fait votre choix, mais celui qui a mis le placé, c'est Edouard Philippe. Et certainement l'un de ceux qui peut peut-être le mieux rassembler aujourd'hui, en tout cas c'est ce que disent toutes les études d'opinion. A quel moment vous ferez votre choix ? Personnellement, je le ferai avant Noël. Mais je souhaite que ce soit le cas de tout le monde pour qu'on se rassemble. Ce qui compte maintenant, c'est d'avoir un candidat qui aille à la rencontre des Français et qui leur dise qu'il y a une alternative. au populisme au pluriel, c'est-à-dire celui de l'extrême droite ou celui de l'extrême gauche, à la démagogie, à la facilité, au mensonge pour un certain
nombre de propositions. Les candidats de la droite et du centre, ils sont là. Les trois candidats, ils sont là. Ils ne vont pas changer. L'ordre ne va a priori pas changer.
Je pense que nous allons avoir un phénomène assez naturel. Il y a de plus en plus de voix, encore une fois, parlementaires, mais aussi dans l'opinion, les élus locaux, qui disent maintenant qu'il faut se rassembler. Alors,
on va passer à l'actualité des réseaux sociaux avec vous, Benjamin Glaze, et notamment les vacances luxueuses de Mathieu Pigasse.
Oui, qui s'étale dans la presse, c'est un peu l'une des polémiques de la semaine, vous l'avez vu sans doute. Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas rapidement, Mathieu Pigasse, un banquier d'affaires de gauche, un homme de médias qui revendique de mener la bataille culturelle contre l'extrême droite, notamment par le biais de Radio Nova ou encore des Inrocks qu'il possède. Mais voilà, alors, contradiction ou pas, la semaine dernière, le canard enchaîné révèle qu'il a passé des vacances fastueuses sur une île des Caraïbes, moustiques, 19 nuits facturées 434 000 euros. Et puis, quelques jours plus tard, avant-hier, c'est Marianne qui dévoile cette fois-ci des chiffres concernant les vacances de sa compagne. Un séjour passé dans un hôtel américain à plus de 11 000 dollars la nuit. Entre-temps, Mathieu Picasse s'était expliqué sur France Inter. On l'écoute. Être
de gauche,
ce
n'est pas faire vœu de pauvreté. On n'est pas de gauche en fonction de son compte en banque, je continue, ou de ce que l'on possède. On est de gauche en fonction, et c'est là où je veux venir, de ses valeurs, de ses engagements, de ses convictions. À nouveau, ma vie, on m'a reproché, on dit oui, il prend le métro. Mais oui, vous savez, à Paris, je... Je prends le vélo, je me déplace en métro. Ce n'est pas un certificat de pauvreté. Je peux, cher Benjamin Duhamel, avoir une vie normale et partir en vacances. Il n'existe pas, jusqu'à preuve du contraire, de police des vacances. Il n'y a pas au ministère de l'Intérieur un bureau des vacances où vous déposez vos vacances, avec qui vous partez, quand vous partez et où vous partez.
Nicolas Forissier, est-ce qu'on peut être de gauche et multimillionnaire ? Et j'aimerais vous poser la question si tout simplement, est-ce qu'on peut être multimillionnaire et comprendre les préoccupations des Français aujourd'hui ?
C'est une question d'attitude personnelle, c'est une question très très personnelle. Vous avez des gens qui sont très riches et qui comprennent parfaitement la vie de tout le monde et qui l'ont vécu d'ailleurs avant, peut-être qu'ils sont devenus riches un jour parce qu'ils ont réussi. Moi je ne veux pas rentrer dans ce genre de considération. Au fond tout ce débat c'est à l'image de ce qui fait... De ce qui est l'outil principal d'une certaine gauche, voire d'une extrême gauche, même M. Pigasse, c'est-à-dire la jalousie sociale. On passe son temps à regarder ce que font les uns les autres, combien ils gagnent, où ils passent leurs vacances, etc. Au lieu de se concentrer sur l'essentiel, qu'est-ce qu'on fait tous ensemble pour essayer d'améliorer la vie de tout le monde ? Donc il y a un acharnement aujourd'hui contre M. Pigasse ? Moi je trouve que ce débat est malsain, je vous le dis comme je le pense. On a un débat qui est négatif, on passe son temps à critiquer tout le monde, on passe son temps à regarder ce qui se passe dans le jardin du voisin, une espèce de jalousie qui est humaine, mais qui a été exploitée en termes politiques depuis des années par une certaine gauche, y compris par le parti socialiste, et qui a créé un espèce d'état d'esprit assez désagréable, je trouve, dans ce pays. Je voudrais qu'on retrouve une démarche plus positive, plus... Soyons ensemble. Le monde est extrêmement concurrentiel. Le monde est extrêmement brutal. Et nous, on continue à avoir ce genre de débat. Mais non, il faut regarder ce qui se passe chez nos voisins, dans les autres pays du monde, et faire équipe de France pour aller gagner, y compris des parts de marché.
Merci, monsieur le ministre. Nicolas Faurissier était notre invité, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. On se retrouve dans un instant pour la vérité en face. Et auparavant, il y a le journal, bien sûr.
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