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Le tour de parole complet qui contient l'extrait, avec celui qui précède et celui qui suit. Le tour cible est surligné.
Conférence de presse de Marine Tondelier et Eva Sas : les gros héritages pour financer la transition
26 août 2026
Merci beaucoup de vous être déplacés. Voilà, on est encore au mois d'août. Je n'ai toujours pas accouché. C'est imminent, mais tant que je n'ai pas accouché, je continuerai à faire des propositions dans cette campagne. On a encore beaucoup de choses à dire avant la maternité, donc nous enchaînons. Et aujourd'hui, on est avec Eva Sasse, que je remercie sincèrement de s'être libérée, elle aussi, au mois d'août, pour parler de la grande transmission qui doit financer la grande transition. Un projet dont on parle ensemble depuis longtemps, puisqu'on sait que dans le cadre du budget 2027 que tu pilotes Eva pour le groupe écologiste à l'Assemblée, on a repéré que... les flux successoraux étaient en train d'augmenter très fortement et que plus de 9 000 milliards allaient être transmis d'ici 2040 en France. Et qu'il y avait là du coup, dans le cadre de ce qu'on appelle cette grande transmission, une partie qui devait être mobilisée pour financer ce que nous on appelle la grande transition qui est essentielle à l'avenir de nos enfants. Donc c'est ça qu'on veut vous présenter aujourd'hui. Évidemment, dans un moment où l'été qu'on a passé, à bien souligner à quel point la place de l'environnement dans les priorités des partis, dans les politiques publiques, n'était clairement pas la bonne. Alors, je ne parle pas de nous ici, vous avez compris que nous, hier, aujourd'hui, demain, on sera toujours là sur le sujet qui est notre sujet central, notre ADN, notre boussole, et sur lequel on est toujours présent, pas juste quand les forêts brûlent en Gironde, mais on voit bien que les moyens n'ont pas été à la hauteur, ni sur l'atténuation, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on met en place pour que le changement climatique soit moins intensif que... prévues, notamment par exemple respecter les accords de Paris, ça peut être pas si mal, ni sur l'adaptation, c'est-à-dire comment on prépare nos écoles, nos transports, notre société à vivre avec un, deux, trois degrés de plus selon l'efficacité de notre atténuation. Et puis qu'on n'était pas non plus à la hauteur sur les moyens concernant le combat, par exemple des feux, le fond vert qui a baissé, etc. Et donc à un moment, admettre qu'on n'était vraiment pas prêts et à ce sujet, On fera vendredi avec Sandra Régol, qui est députée du groupe écologiste aussi et qui a déposé une proposition de loi, celle que l'État aurait dû porter après le Beauvau de la protection civile. On sera avec elle et avec toute l'intersyndicale des pompiers pour vous faire des propositions aussi là-dessus. Mais donc là, on est sur la grande transmission et la grande transition. Et je voulais commencer par quatre constats. Le premier constat, c'est que notre nation est en situation de surendettement écologique. Ce que j'appelle le surendettement écologique, c'est le fait de souligner premièrement que depuis des décennies, on vit en fait à crédit sur la planète, on puise plus de ressources qu'elle ne peut en renouveler, on émet plus de carbone que nos écosystèmes ne peuvent en absorber, on prélève dans nos sols, dans notre eau, dans nos forêts, comme si on disposait d'un découvert sans limite, ce qui évidemment n'est pas le cas. Je ne vous rappellerai pas tout le concept des limites planétaires, mais on sait que ça n'est pas vrai. Et ce surendettement écologique que fait qu'on vive à Crédit sur la planète, il finit aussi par devenir un surendettement très concret dans le portefeuille de beaucoup de Français, mais aussi dans le portefeuille des collectivités et de l'État, puisqu'on a en fait une dépendance aux énergies fossiles qui endettent à la fin tout le monde. Et on a organisé en fait notre économie. qui vit à crédit sur les limites de la planète et qui, dans le même temps, nous enferme dans le remboursement perpétuel de notre dépendance au prix du gaz, au prix du pétrole, au prix de l'électricité. Et donc, notre pays, il est dans sa situation de surendettement climatique et celles et ceux qui nous dirigent, finalement, nous proposent de continuer à crédit. C'est ça qui se passe. J'avais dit dans mon discours aux journées d'été de Grenoble la semaine dernière que ce n'était pas un gouvernement qu'on avait, c'était Cofidis et que Cofidis, au moins, étaient obligés d'afficher les taux. Eux, en fait, ça fait 50 ans qu'ils nous cachent les intérêts que nous allons devoir payer. Le deuxième point sur lequel je voulais insister en introduction, c'est la particularité de cette dette climatique qui frappe d'abord celles et ceux qui en sont le moins responsables. Donc il y a un truc comme ça où les moins responsables sont les plus exposés et les plus responsables, les plus protégés des conséquences du changement climatique. Ce qui est un problème en politique publique puisque je pense qu'on a tous vocation à viser la justice et qu'une politique juste, elle ne doit jamais demander les mêmes efforts à des gens qui n'ont ni les mêmes moyens. ni les mêmes responsabilités dans la situation, ni les mêmes alternatives. CF proposait à tout le monde d'abandonner sa voiture quand certains ont accès à des transports en commun, des bus, et n'ont pas de grandes distances à faire, et d'autres non. Donc aujourd'hui en France, on voit bien qu'il est indéfendable que les 1% les plus riches payent proportionnellement à leurs revenus moins d'impôts que vous, que moi, que l'ensemble des Français. Ce n'est pas acceptable et c'est aussi un levier qu'on doit pouvoir mobiliser pour en finir avec une situation qui est injuste, intenable et intolérable et qui finit par déliter le pacte social parce qu'en fait les gens, tout le monde comprend qu'on doit payer des impôts mais quand tu dis « moi je paye des impôts sur le revenu » et lui, lui, lui, proportionnellement à leurs revenus, on paye moins que moi alors qu'ils sont très très riches, c'est incompréhensible. Troisième point sur lequel je voulais insister en intro, la bataille climatique, elle se gagne avec un plan et de l'argent, et ce gouvernement manifestement n'a ni l'un ni l'autre. On a bien vu que cet été, c'était catastrophique et au moment où on en avait le plus besoin, arrive sur la table du débat public le fait que Gabriel Attal a annulé des commandes de Canadair, arrive sur la table le fait que la base dans les Landes à Mont-de-Marsan, une base de protection civile notamment pour faire que des Canadair, des bombardiers puissent arriver beaucoup plus vite s'il y avait un nouveau feu en Gironde et dans les Landes, ça avait été décidé. Après les gros incendies de 2002, on apprend que M. Retailleau a annulé ce projet, par exemple. Là aussi, pour des questions budgétaires, on apprend que, enfin ça, on disait depuis longtemps que ma prime rénove. Ce dispositif, il a quand même été saccagé, suspendu, remis, ça change tout le temps, plus personne ne comprend rien, il n'y a quand même moins de moyens globalement dessus. Et ce qu'on avait aussi beaucoup dénoncé à chaque fois, le fonds vert a été divisé par quatre en deux ans par les gouvernements Attal. Alors lui, c'était un décret par un trait de plume, mon dégel de crédit. Puis, je ne sais jamais l'ordre, je crois. Donc c'était Barnier puis Bayrou puis Le Cornus et ça, ça a tellement bougé. 'on s'y perd, mais chacun, on les a combattus chacun sur ce point précis. Et aujourd'hui, on en est là, on n'est pas prêts. Et à chaque fois, pour justifier ces renoncements sur les questions environnementales, c'est le même argument qui revient, c'est oui, mais bon, tout ça, ça coûte très cher. L'écologie, ça coûterait très cher. Et nous, ce que nous répondons, c'est oui, l'écologie a un coût, mais l'écologie n'a pas de prix. Et c'est ça le quatrième point de mon intro. L'écologie a un coût, mais elle n'a pas de prix. Ou alors, il faut m'expliquer. Il faut m'expliquer combien coûte une forêt qui brûle, combien coûte une récolte perdue, combien coûte une maison fissurée par la sécheresse, combien coûte une ville inondée, combien coûte une journée de travail rendue impossible sous la canicule, combien coûte une santé perdue, combien coûte une vie. Et c'est là l'absurdité fondamentale de leur raisonnement. Ils comptent toujours le coût de l'action. combien ça coûterait d'agir, mais il ne coûte jamais la facture de l'inaction. Et les économistes, depuis très longtemps, et je pense que s'ils devaient refaire cette démonstration aujourd'hui, ce serait encore plus, le chiffre que je cite depuis des années, c'est que l'inaction climatique, selon les économistes, coûte au moins cinq fois plus cher que l'action. Donc là où vous pensez faire une économie parce que vous baissez le fonds vert, en fait, vous le payez cinq fois plus demain. Et voilà pourquoi je dis et je redis, l'écologie n'a pas de prix. en ajoutant que la France, elle sait ce que c'est prendre une menace au sérieux. Vous voyez, quand Vladimir Poutine a envahi l'Ukraine, notre pays, l'Europe, ils ont su réagir. On les a soutenus d'ailleurs, ils ont débloqué des moyens exceptionnels, ils ont modifié nos priorités, ils ont accepté de bouleverser ce qui, encore la veille, paraissait intangible, parce que quand l'essentiel est menacé, on ne commence pas par se demander combien coûte la défense de l'essentiel. On le défend instinctivement. Et après, on trouve des solutions financières. Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi nos dirigeants sont capables de faire ça sur la guerre en Ukraine, qui est une vraie menace concrète à nos portes pour nos libertés, donc il faut évidemment agir. Mais ils n'arrivent pas à le faire sur le dérèglement climatique. Ils continuent à traiter comme une politique sectorielle. Et pourtant, ce sujet-là, il engage notre sécurité, notre souveraineté, notre alimentation, notre santé. et jusqu'à l'habitabilité de nos territoires. Voilà, c'est vraiment une menace vitale, au même titre que les guerres qui ravagent le monde à nos portes. Et c'est une question existentielle pour les générations futures, mais aussi un sujet de sécurité nationale dès à présent. Et c'est vrai, dans une campagne présidentielle, jusqu'à cet été, lisez les papiers, c'était écrit, l'environnement, maintenant tout le monde s'en fout, les Français s'en préoccupent pas, les politiques non plus. Et donc, le suspens était, les écologistes ont-ils réussi à imposer ? leur sujet dans la campagne présidentielle parce qu'on ne va pas en parler. Aujourd'hui, c'est ça la magie, c'est arrivé déjà en 2019 quand il y avait des marges climat. Aujourd'hui, y a-t-il besoin d'écologistes, puisque tout le monde l'est devenu depuis trois semaines. C'est assez vertigineux pour nous de le vivre, mais c'est ça qui se passe en tout cas. Ce que je constate moi, c'est que dans la présidentielle, jusqu'à cet été, on a beaucoup parlé de souveraineté, de sécurité, d'indépendance, de protection. Mais en fait, tout ça dépend de l'écologie qui est la mère de toutes les batailles. Vous n'avez pas de souveraineté pour un pays qui dépend des énergies fossiles des autres. Vous n'avez pas de sécurité quand des territoires deviennent inhabitables plusieurs semaines par an, que l'eau, l'air, le sol, l'alimentation rendent malade. Vous n'avez pas d'indépendance quand notre agriculture, elle ne peut plus produire. L'écologie, ce n'est pas une politique parmi d'autres, c'est celle qui rend toutes les autres possibles. Et donc, c'est la mère de toutes les batailles. Et si on perd cette bataille-là, on ne sera tout simplement plus en mesure de mener les autres. Donc l'écologie, c'est la condition même de notre existence et de notre liberté. Donc bref, on a l'impression que beaucoup se réveillent sur le sujet en cette rentrée. On n'est pas dupes, c'est-à-dire qu'on n'est pas dupes de celles et ceux qui mettent tout d'un coup le sujet en priorité quand il est haut dans les sondages d'opinion. Nous, c'est notre priorité tout le temps, mais au moins… que ça serve à l'action et à des décisions dès la rentrée. Maintenant que la classe politique semble bien réveillée sur le sujet, parlons concrètement ce sur quoi on peut se mettre d'accord pour la France, pour les Français et pour l'avenir de nos enfants. C'est pour ça qu'on a demandé un rendez-vous à Matignon. On l'avait dit dans notre conférence de presse fin juillet, on a refait un courrier la semaine dernière, on n'a pas encore de réponse, mais je pense vraiment que c'est le moment de mettre toutes les forces politiques autour de la table pour, avant qu'un sujet en chasse-lotte, vous savez comment l'actualité va... à reprendre à la rentrée, on prenne des décisions. Et nous, ce que l'on met sur la table, outre notre plan d'adaptation qui est sorti fin juin, outre notre plan pour la sécurité civile qui est sorti fin juin, je pense qu'on a été le seul parti, de manière très réactive, de sortir ces deux plans, tout simplement, parce qu'on n'y a pas réfléchi cette nuit-là, mais qu'ils étaient prêts dans les cartons. Et bien là, la proposition supplémentaire que nous mettons sur la table, c'est, après des décennies d'inactions, le moment de la réaction et un budget qui répondent aux besoins de protection des Français. Donc c'est cette grande transmission. qu'on veut affecter à la grande transition. C'est Eva Sasse qui vous le présentera dans le détail. Mais en fait, nous, ce qu'on souhaite, c'est que ce budget 2027, il dégage des moyens pour répondre aux enjeux de sécurité de notre temps, qui sont, comme je vous l'ai dit, tous liés aux enjeux écologiques. Sécurité sociale des Français, donc par le renforcement des services publics et de la défense de notre modèle social. Vous savez qu'on a beaucoup parlé d'un État-providence climatique. On vous fera des propositions. très précise en sens dans le moi, mais voilà, il y a une sécurité sociale qui existe. Si on veut qu'elle soit adaptée au XXIe siècle, il faut y intégrer tous les nouveaux risques, ceux qui n'étaient pas présents en 1945. Et donc l'État-providence écologique, climatique, il doit comprendre les évolutions du droit du travail, les catastrophes naturelles, les retraits gonflements argiles, la sécurité sociale de l'alimentation, enfin c'est beaucoup de sujets sur lesquels on doit pouvoir avancer. Donc sécurité sociale, première sécurité. Deuxième sécurité, la sécurité géopolitique. à l'âge des empires fossiles, c'est-à-dire que le budget de la défense, par exemple, il va progresser de 6,4 milliards d'euros grâce à la loi de programmation militaire et la défense va voir ses moyens bondir de 11% et nous soutenons ça aussi. Et troisième sécurité, la sécurité écologique avec des moyens pour la transition, pour l'adaptation qui ne peuvent pas être... inférieurs à l'augmentation des moyens de la défense parce qu'il s'agit, je vous l'ai dit, de protéger les Français comme l'a démontré cet été caniculaire. Et pour répondre à ces enjeux-là, on va vous présenter un budget qui pour nous est juste, efficace et orienté vers le climat. Juste parce que, je vous l'ai dit tout à l'heure, notre fiscalité doit permettre de réduire les inégalités. C'est comme ça le concept de la redistribution. Et ce n'est pas toujours le cas. On est quand même devenus... plus inégalitaire que la moyenne des pays de l'Union européenne, donc ça devrait nous alerter. Deuxièmement, notre fiscalité doit être efficace. On voit par exemple, je serai au MEDEF demain, je pense que ça fera partie des sujets que je poserai sur la tête, comme je l'avais d'ailleurs fait l'année dernière, on y sera toutes les deux avec Eva d'ailleurs. Il y a 187 milliards d'aides aux entreprises. Le sujet n'est pas tant le volume que comment elles sont distribuées, tout comme les aides aux agriculteurs, dont 80% sont distribuées à 20% des agriculteurs les plus riches. on a quand même un petit sujet d'efficacité des dépenses. Pour ce qui est des entreprises par exemple, on donne de l'argent, ok, mais de manière ciblée et conditionnée à leur contribution réelle à l'emploi, à la dynamique salariale et à l'impact environnemental. Et puis, je vous disais juste, efficace et orienté climat. Sur l'orientation climat, c'est simple, c'est 10 milliards pour le climat dès 2027. Et évidemment, ce n'est pas un one shot en 2027. Il y a de l'argent qui est en place en plus tous les ans pour la transition, l'adaptation, etc. Et il faut aussi acter le fait entre nous qu'il est plus acceptable que dans ce qu'on appelle le budget vert. Pas nous, mais dans la nomenclature qui compte sur le budget vert. il y ait des dépenses fiscales et budgétaires qui soient néfastes au climat. Et c'est à peu près 8 milliards d'euros quand même, chaque année. Donc ça, c'est un problème aussi. On propose notamment une TVA écologique à 20% sur les biens et les services à fort impact environnemental. Le trafic aérien, par exemple, qui aujourd'hui... moins taxés que d'autres, et puis réduire à 5,5 ceux qui contribuent à la transition comme le train, le bio, les services de réparation. C'est aussi le but de la fiscalité, qu'elle soit incitative. Eva va vous expliquer tout ça, revenir sur la situation budgétaire de l'État actuel, parce qu'on ne raisonne pas dans un monde abstrait, on part d'une situation réelle qui est l'héritage du macronisme, et puis vous préciser ce qu'on imagine plus précisément en termes de recettes. et de dépenses. À toi Eva, bon courage. Merci
Marine. Effectivement, le bilan du macronisme, de 10 ans de macronisme, c'est d'avoir fait passer le déficit de 2,6% à 5,1%. On voit que le Mozart de la finance a bien géré les finances publiques, c'est ironique. La question des déficits, c'est une question qu'on ne balaye pas du revers de la main, ne serait-ce que parce que 74 milliards de charges de la dette, ça aubert notre capacité à mener d'autres politiques publiques, et c'est le principal problème. Donc on adresse cette question du déficit, mais pour nous, évidemment, on doit le faire en retrouvant des marges de manœuvre fiscales, ne serait-ce que parce que les 10 ans de macronisme, c'est 62 milliards de recettes fiscales en moins. 2,2 points de PIB. Donc on a besoin de retrouver ces marges de manœuvre fiscales. Et nous, nous abordons toujours les questions fiscales et budgétaires avec ce double prisme. D'une part, la réduction des inégalités et d'autre part, la lutte contre le dérèglement climatique. D'ailleurs, l'un nourrit l'autre. Les pays les plus inégalitaires sont ceux qui ont le but. plus l'empreinte carbone la plus élevée. C'est comme ça que vous l'avez vu, nous avons déjà défendu depuis 2022 l'ISF climatique, dans un premier temps, la taxe Zuckmann, ensuite, contre cette politique inégalitaire des gouvernements macronisme, qui ont fait, tu l'as dit, que ce pays dont l'égalité est portant la devise est devenu... plus inégalitaire que la moyenne des pays européens. Donc l'enjeu désormais, au-delà de la fiscalité sur les plus hauts patrimoines et les plus hauts revenus, c'est maintenant la question de l'héritage. Pourquoi ? Parce que tu l'as dit, il y a une forte augmentation des flux successoraux qui sont à venir, plus de 9 000 milliards qui vont être transmis d'ici 2040, ça fait de l'ordre de 500 milliards d'euros par an avec une montée en charge. Et c'est, à notre sens, une opportunité historique au vu des besoins de financement, en particulier pour la transition écologique. C'est pour ça que nous disons que la grande transmission doit financer la grande transition. Les générations actuelles ne peuvent pas léguer aux générations futures seulement un monde qui brûle. Elles doivent aussi leur léguer les moyens de la transition. Et c'est la raison pour laquelle ce que nous proposons, c'est une contribution aux générations futures sur les patrimoines les plus élevés, sur les 1% des héritages les plus élevés, avec une contribution exceptionnelle de 10% sur les héritages. qui dépasse 4 millions d'euros et 10 % supplémentaires sur les 0,1 % des héritages les plus élevés donc ceux qui dépassent 13 millions d'euros pour que le rendement soit au rendez-vous. Il faut travailler pas seulement sur le barème, mais aussi sur les niches fiscales, car vous le savez, il y a beaucoup de niches fiscales sur l'héritage en France, ce qui fait que les plus riches payent à peine 10% de droits de succession, alors que les taux sont d'ailleurs facialement élevés. C'est pour ça qu'au-delà de cette contribution génération future, nous proposons aussi de resserrer le Dutreil en baissant le taux à 50% au-delà de 50 millions d'euros par exemple, et aussi de taxer les plus-values latentes, puisque là c'est l'une des niches fiscales qui est la plus coûteuse pour le budget de l'État. On estime que ça pourrait rapporter de l'ordre de 15 milliards d'euros en régime de croisière. Plutôt 10 milliards d'euros dès le premier budget 2027. Et c'est bien les 10 milliards d'euros que nous voulons affecter au climat. Tu l'as dit, nous avons su faire un effort important pour la défense. Il faut faire un effort qui n'est pas moindre. pour l'écologie et le climat, parce que dans les deux cas, il s'agit de protéger les Français. Et on a affiché deux priorités dans ce budget 2027. D'abord, un plan de rénovation du bâti scolaire. Vous avez vu que les écoles et nos enfants ont souffert lors de la canicule et on a besoin d'accélérer très fortement sur la rénovation thermique des écoles et un plan fraîcheur pour les écoles. collèges et les lycées de France sur 10 ans, c'est à peu près 4 milliards d'euros par an, nous proposons que l'État contribue à hauteur de la moitié, c'est-à-dire 1 euro mis par l'État, 1 euro financé par les collectivités. Donc 2 milliards d'euros dans ce budget de 2027, financé par l'État et à même hauteur par les collectivités. La deuxième priorité, tu l'as dit, c'est un plan de financement de la sécurité civile pour aller en l'occurrence vers un doublement de la taxe sur les contrats d'assurance qui sont affectés directement au service d'incendie et de secours au travers des départements. Donc c'est le moyen, à notre sens, de financer ce grand plan de sécurité civile. Les pompiers sont très en colère du manque de moyens et nous devons absolument y répondre. Cela vaut pour les incendies, cela vaudra aussi pour les inondations qui malheureusement sont peut-être aussi à venir dès cet automne. Donc, vous le voyez, notre proposition, c'est de taxer les héritages les plus élevés. Je vous ferai trois remarques. D'abord, on ne taxe pas dès le premier euro, on ne taxe pas 99% des héritages, on ne touche pas à la science vie, c'est peut-être un élément important. Par contre, oui, nous assumons une contribution volontariste sur les 1% les plus aisés qui continuent à s'enrichir et de génération en génération. Et nous ne venons pas d'une France qui devienne... une société d'héritier. Donc voilà les propositions, une des propositions, une priorité pour le budget 2027. Nous en aurons évidemment bien d'autres à développer lors de l'examen du projet de loi de finances. C'est la proposition phare, formulée comme ça. ça vous va, nous on s'arrête là.
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