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Édouard Philippe et Gabriel Attal : un duel de plus en plus tendu
28 août 2026
Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Anthony Martin Smith.
Le midi 40, le face-à-face, le rendez-vous qu'on vous donne depuis le début du mois d'août avec notre invitée ce matin, Anne Jante. Bonjour. Bonjour. Vous êtes secrétaire générale de Renaissance et également députée des Français établis. en dehors de France. La première question que j'ai envie de vous poser, c'est quand vous entendez nos auditrices, nos auditeurs, juste avant, et vous m'avez dit hors antenne, vous nous avez dit à Clément Barguin que vous les aviez entendus, vous comprenez que les Français en ont ras-le-bol, et que ce soit systématiquement finalement les mêmes que l'on reprend, et peut-être pour la même chose ?
'ai entendu ce qu'il disait et j'ai compris qu'il réagissait d'ailleurs. Vous les avez interrogés sur le débat qui avait eu lieu hier. Et en fait, la difficulté, c'est que le débat d'hier au MEDEF était un débat qui s'adressait à ceux qui créent l'emploi en France, donc à ceux qui donnent du travail à vos deux auditeurs. Donc, on n'attendait pas qu'ils parlent, que les candidats invités parlent directement aux auditeurs que vous avez en ligne, mais aux entrepreneurs, à ceux qui vont permettre demain, d'une part, de leur donner du travail et d'autre part... de leur donner un salaire, et qui leur permettent, et c'est ça que j'ai entendu dans les propos qu'ils tenaient, et qui leur permettent d'avoir un reste à vivre suffisant. Et là j'entends vraiment, et ça fait un petit moment d'ailleurs, cette attente sur le reste à vivre, et cette inquiétude qui est très légitime de dire... On veut qu'il y en ait suffisamment qu'on arrête de nous prendre sur notre salaire. Oui,
mais la question que je vous pose, c'est est-ce qu'on reprend les mêmes et on recommence ? Là, Gabriel Attal qui part, qui est candidat, Edouard Philippe qui lui aussi est candidat. Et finalement, pour quelle ligne politique ? Est-ce que ce n'est pas l'héritage Macron qu'on va encore avoir si jamais l'un des deux venait à être président de la République en 2027 ?
président Macron, candidat à l'époque d'il y a juste 10 ans, avait une vision de la France, un projet pour la France. Il l'a d'ailleurs tenu un certain nombre de ses promesses. Elles peuvent déplaire, mais enfin, il a tenu un certain nombre de ses promesses et de ses engagements. Aujourd'hui, ce n'est clairement pas lui qui sera candidat en 2027, donc on a tous l'obligation de se projeter dans un après-Macron et dans un sans-Macron. Ça, c'est une obligation. Maintenant, la vision du pays qu'on doit porter pour 2027 et pour l'après-2027 n'est évidemment pas celle qu'on avait en 2017. Ça ne veut pas dire que tout a changé, mais beaucoup a changé, qu'il faut s'y habituer, qu'il faut s'y adapter, et que cette adaptation, c'est ce que présentent différents candidats. Alors, chacun a son idéologie, sa vision, son projet. Nous, nous sommes sur une proposition qui est vraiment de... de mettre le travail au centre du jeu, de mettre la croissance qui est créée du travail et de l'emploi au centre du jeu, et de pouvoir justement travailler sur ce reste à vivre qu'attendent les Français qui vous écoutent aujourd'hui.
Anne Jeanneté, Emmanuel Macron vous laisse quand même une dette très élevée, un déficit massif, une situation politique extrêmement compliquée. Est-ce que vous assumez ce bilan, ou en tout cas une partie ? Ça ne faisait pas partie de ses promesses, je crois. Absolument,
et ce serait malhonnête de ne pas assumer une grande partie du bilan. Tout ne nous est pas dû. Mais oui, il faut assumer une partie. Nous en sommes responsables. S'agissant, je veux juste en quelques mots parler de la dette. La dette, il en existait une avant que nous arrivions. Et oui, il y a un certain nombre d'engagement que nous avons pris. Mais pour quelles raisons qui ont aggravé la dette ? Pour quelles raisons ? C'était pour. protéger ceux qui en avaient le plus besoin. Je pense notamment à la crise Covid, ensuite à la crise de l'énergie, après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie. Oui, on a cherché à protéger les plus fragiles. Je trouve que c'est louable, et que beaucoup de Français doivent nous en être grés. Lorsque nous avons protégé le prix de l'énergie, lorsque nous avons protégé, rappelons-nous, les prêts garantis par l'État... Mais
2018, les gilets jaunes, ils sont allés dans la rue, et bien pour ça.
Absolument, et pour aussi, il y avait aussi le 80 km heure sur les routes, il y avait un certain nombre d'événements qui avaient...
Oui, mais vous n'êtes pas protégé le prix de l'essence. Et là encore non plus.
Aujourd'hui, alors attendez, depuis la crise de l'énergie qui a commencé avec l'invasion de l'Ukraine, il y a un certain nombre de marqueurs qui ont montré qu'on a bloqué le prix de l'énergie, le prix qu'on a payé pour se chauffer par exemple. Il n'y a pas que le prix de l'essence, il y a le prix aussi pour se chauffer, il y a le prix aussi pour nos industries qui ont besoin d'énergie aussi pour se développer. Oui, nous avons un certain nombre d'efforts pour permettre de limiter, mais tout n'est pas sous notre contrôle. Rappelons-nous que nous ne sommes pas producteurs d'énergie fossile, nous devons l'acheter. et donc le prix qui nous est fixé, ce n'est pas nous qui en décidons. Au cas, il y a des taxes derrière, vous allez me dire.
Les taxes, effectivement, c'est bien l'État qui les fixe. Absolument, et certaines sont
difficilement modulables. Nous avons aussi des règles européennes à respecter, mais je crois que par rapport, regardons les chiffres comme ils sont, à nos voisins européens, nous avons beaucoup plus protégé qu'un certain nombre de pays européens et de voisins européens. Alors on peut le critiquer, certains auraient préféré moins le faire, mais je veux revenir au débat budgétaire qui ont eu lieu les années passées. Nous avons un certain nombre d'offres politiques, je pense notamment au Rassemblement National, qui a aligné les dépenses l'année dernière à hauteur de 36 milliards d'euros, et qui aujourd'hui crie à la maîtrise de la dette. Donc on ne peut pas à la fois demander des dépenses supplémentaires, et pendant les aides qu'on a faites pour le Covid par exemple. Vous s'assurez, le nombre de députés qui sont venus pour demander des aides supplémentaires, donc des dépenses supplémentaires, en plus de tout ce qu'on avait fait, il est considérable. On passe son temps à demander à ce que l'État mette de l'argent sur la table avant de responsabiliser de comment on le dépense.
On va en revenir à la situation budgétaire de la France. Avant cela, on va évoquer ce duel, ce match, on peut peut-être l'appeler comme ça, entre Edouard Philippe et Gabriel Attal. Aujourd'hui, ce qui se joue, visiblement, c'est une place de second pour se qualifier au deuxième tour. Est-ce que vous allez pouvoir faire cavalier seul encore longtemps ?
Je vous ferai très clair. Nous avons aujourd'hui, et les sondages le disent, il ne faut pas regarder que les sondages, mais on parle aussi aux Français qui nous entourent, on entend ce qu'ils nous disent. On a aujourd'hui deux offres extrêmes, à gauche et à droite, qui ont clairement une dynamique, c'est l'évidence. Et on voit bien ce que disent les derniers sondages, c'est que la place... Passer le cap du premier tour n'est même plus garanti pour un quelconque profil du grand espace politique entre ces deux extrêmes. Je vais très large. Et donc là, il faut pouvoir... C'est une question de projet, pour le moment, au stade où nous en sommes. Mettons-nous dans les précédentes campagnes électorales, en septembre 2016. Personne n'avait idée de ce que serait la ligne de départ quelques mois plus tard. Mais justement, est-ce que l'Union,
ce n'est pas là tout de suite maintenant ? David Lissnard le redit encore ce matin, il appelle à une primaire du centre et de la droite. Est-ce que là, il n'y a pas une nécessité à se rassembler ?
Plusieurs réponses. D'abord, l'histoire des primaires nous montre que ce n'est pas forcément la personnalité qui sort, qui émerge des primaires, qui se retrouve en position de force après. Aujourd'hui, je crois qu'il faut déjà voir comment nous pouvons converger sur des projets, parce qu'au bout du compte, nous devrons faire le rassemblement. Nous devrons, c'est clair, les sondages le disent, s'il n'y a pas de rassemblement, le rassemblement sera nécessaire devant celui ou celle qui sera à l'évidence le mieux placé. Donc si Edouard
Philippe continue à être le mieux placé dans 3 ou 4 mois, ça sera derrière Edouard Philippe ? Peut
-être que le mieux placé devra être celui derrière lequel nous devrons nous rassembler, il n'y a aucun doute là-dessus, et nous sommes tous unanimes à le dire. dans le camp de Gabriel Attal, comme dans le camp d'Edouard Philippe, et j'ai entendu également le camp de David Lyssenor le dire. Pour en revenir
sur ce que vous disiez, vous êtes visiblement toujours dans un héritage macroniste, que vous n'avez pas l'air de vouloir défaire non plus. Là, ça paraît quand même compliqué quand vous rencontrez les Françaises et les Français, qui ont juste un ras-le-bol de 10 ans d'Emmanuel Macron, ça va être d'autant plus difficile si vous ne rompez pas fermement avec votre président actuel.
Il y a des éléments avec lesquels, en effet, je ne souhaite pas rompre. Quand on sait qu'on a créé 3 millions d'emplois en 10 ans, je n'ai aucune envie de rompre avec cette dynamique-là. Pour un
chômage qui atteint 8,03% en demandant du plein emploi qui était quand même attendu et qui était une promesse pour atteindre 5%. Nous avons
fait recul les chômages par rapport à ce que nous avons trouvé en y arrivant. Les chiffres sont moins bons, il faut le reconnaître. Je ne vais pas vous dire que tout va bien et ça fait le sixième trimestre consécutif que les chiffres du chômage ne sont pas bons. C'est une réalité avec notamment un chômage des jeunes qui doit nous inquiéter, évidemment. Mais ça ne veut pas dire que pour autant je reprends la totalité de ce qui a été fait. Et par ailleurs, je dois aussi, et Attal l'a dit... reconnaître qu'il y a des éléments, par exemple, sur la simplification. Clairement, nous ne sommes pas allés assez loin. Il a donné de nombreux exemples hier qui montrent l'empilement des procédures administratives, que ce soit hier, c'était pour les entreprises, mais ça peut être aussi nous, pour les particuliers, que nous voyons tous les jours, et qui montrent parfois l'inefficacité de l'État. Et les citoyens qui vont aux États nous ont parlé tout à l'heure. Mais ce que vous disent les Français, c
'est pourquoi vous faire encore confiance ? C'est ça ? Alors que vous étiez aux responsabilités, pourquoi on va vous faire de nouveau confiance, alors qu'il y a eu des échecs, visiblement ? C'est
une très bonne question. Et surtout si vous ne roupez pas avec... Emmanuel Macron et ses politiques depuis dix ans, comment vous faire confiance ?
J
'entends
tout à fait la question, mais je crois qu'il faut faire attention entre des promesses illusourcées. C'est facile quand vous êtes dans l'opposition de faire des promesses qu'en fait vous n'allez jamais tenir. Donc il faut sortir de ça. Quand Gabriel Attal dit que oui sur la dette, il faut assumer le fait qu'encore une fois cette dette s'est aggravée parce que nous avons protégé les plus fragiles. Je veux le répéter, que ce soit des entreprises ou que ce soit des particuliers. parce que c'est là. Mais aujourd'hui, nous sommes pas dans la même situation. Certains vous vont dire qu'il y a eu des aides
distribuées aux entreprises, il y a eu des médias.
Peut-être que nous l'avons fait trop longtemps. Quoi qu'il en coûte, on voit bien qu'il a fonctionné pendant la Covid, mais il n'a pas fonctionné ensuite, le nombre d'entreprises qui ont fermé. Il a fonctionné trop
longtemps. Il a fonctionné trop longtemps, clairement. Il est allé beaucoup trop loin, certainement. Mais c'est possible. Il faut le regarder avec lucidité et se dire aujourd'hui comment nous pouvons faire. Nous faire confiance. Certains ne nous feront pas confiance. Nous espérons qu'une majorité nous fera confiance pour dire que nous entendons les demandes. Et surtout aujourd'hui, d'un reste à vivre qui soit suffisant. On rentre dans une phase de
négociation au Parlement pour le budget 2027. Quelles vont être les alliances ? Parce que là, on est peut-être à l'aube d'un chaos politique. On n'aura peut-être pas
de
budget.
Ça, c'est une très bonne question. Et d'ailleurs, je l'ai posé directement à l'un de nos ministres. Le budget doit être un budget de compromis et un budget de sérieux budgétaire. Ce sérieux budgétaire, aujourd'hui, vu la situation budgétaire et financière de la France, il n'est ni de gauche ni de droite. Clairement. Donc ça veut dire un budget de compromis, le Premier ministre l'a dit. Moi, la question que je lui ai posée, c'est la copie qu'il va présenter fin septembre. J'espère que cette copie et ce compromis aura été travaillé. en amont par le Premier ministre, avec les chefs de parti, avec les chefs de groupe à l'Assemblée nationale et au Sénat, de manière à ce que la copie qu'il va nous présenter ait intégré tous ces éléments de compromis. Et dans ce cas-là, le budget, évidemment, il y aura des débats derrière, mais ne nous trompons pas, le compromis se construit. avant, comme dans toutes les grandes démocraties, je pense à l'Allemagne par exemple, et pas en mettant les parlementaires devant le fait accompli.
Mais avec qui c'est aussi ça ? Sur la ligne politique, sur l'identité ? Est-ce que, sur votre ligne politique, est-ce que vous vous sentez plus proche d'un Raphaël Glucksmann, ou plus proche d'un Bruno Retailleau ? Où est-ce qu'on se positionne ? Où est le curseur de Renaissance ?
Ça va dépendre des sujets. Renaissance a toujours été dans le dépassement. Il y a des éléments, moi, auxquels, en plus personnellement, je tiens, des éléments de politique sociale auxquels je tiens. Si on prend l'exemple des retraites, qui a été un sujet longuement évoqué hier, oui, je tiens à notre système par répartition. Je veux que ce soit très clair. Ce système par répartition, nous devons le maintenir. C'est un bon système et le préserver. Néanmoins, nous voyons qu'il va vers des difficultés graves du fait simplement de la démographie, et donc nous devons lui adjoindre, lui ajouter un complément. de capitalisation qui portera ses effets à partir du moment où on le met. Donc travailler plus
longtemps, c'est aussi ce que défend Gabriel Attal, est-ce qu'il faut repousser à l'âge légal de départ à la retraite ?
Soyons très attentifs à ceux plus longtemps, ceux plus longtemps au cours d'une vie, ça veut dire permettre de travailler plus longtemps à ceux qui le souhaitent, ça veut dire aussi rentrer plus tôt sur le marché du travail. Vous savez, rentrer sur le marché du travail à 25, 26, 27 ans n'est pas une solution agréable parce que du coup ça repousse aussi à plus tard. L'âge de départ en retraite, ce n'est pas forcément ce à quoi aspire la majorité des Français.
Rassemblement national, la France insoumise, qu'est-ce que vous voterez et qui vous en appellerez en termes de soutien ?
J'ai bien vu que les sondages, maintenant, mettaient sur la table cette possibilité, que ça n'était plus une véritable perspective. Ce n'est plus la politique fiction. Mais aujourd'hui, moi, je me bats pour le premier tour et pour la construction d'un projet de premier tour de rassemblement. Je ne peux pas vous y répondre parce qu'on n'est pas devant la situation. J'attends de voir.
Imaginez que vous y êtes confrontés. Vous savez, moi,
j'ai connu mon premier vote. C'est 1981. Et donc, j'ai connu le rassemblement que François Mitterrand avait fait à l'époque autour de ce qu'on appelait le programme commun. Et donc, la manière dont chacun avait mis de l'eau dans son vin pour construire quelque chose. Donc, vous savez, il faut être très prudent. Et huit mois à l'avance, savoir d'abord qui sera au deuxième tour, je n'en sais rien. Moi, je travaille pour le premier tour et pour s'assurer que ce scénario qui est pour aujourd'hui la politique fiction ne se produise pas.
Vous êtes probablement plus proche de la droite que de la gauche.
Je suis vraiment dans l'équilibre, et ça je tiens, je suis pour une France qui soit à la fois sociale et humaniste, ça j'y tiens, c'est pour ça que j'ai suivi Emmanuel Macron en 2017, pour une France qui soit libérale, mais responsable sur le plan économique, qui soit profondément européenne, mais qui soit capable de toujours garder la maîtrise de son destin dans la marche du monde. Ces quatre piliers sont fondamentaux pour moi. Ça sent plus être de
gauche, donc peut-être plus Jean-Luc Mélenchon.
A titre personnel, je suis issue de la gauche.
écoutez, on aura peut-être un début de réponse. Merci beaucoup Anne-Jeaneté, je le rappelle, vous êtes secrétaire générale de Renaissance, députée des Français établi en dehors de la France. Merci beaucoup d'avoir appris le temps de venir avec nous. Merci Clément Barguin, merci infiniment pour ces semaines avec vous. Merci à vous mesdames et messieurs de nous avoir écouté, de vos appels, de votre confiance, toujours sur Sud Radio. Merci à l'ensemble de l'équipe qui m'a aidé à préparer ces rendez-vous, ces émissions, que ce soit Albin Texera, Antoine Dizy, Louis Randazzo, Alexandre Saint-Etienne, Antonin Durand, Anthony Urvois Julien Delmas, Marie Jérémy, Aude Manu j'espère que je n'oublie personne merci infiniment Antoine Guibert également d'avoir été à mes côtés pour préparer ce rendez-vous je vous remercie infiniment pour ces moments de bonheur et de joie que vous m'avez procuré et à très vite sur Sud Radio
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