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Le tour de parole complet qui contient l'extrait, avec celui qui précède et celui qui suit. Le tour cible est surligné.
Conférence de presse : présentation de nos propositions sur la santé reproductive
9 septembre 2026
Il faut qu'on parle micro, Amar. C'est une dernière, tu avais dit qu'il fallait laisser poser. Ok. On est bon ? Eh bien, bonjour à toutes et tous et merci beaucoup d'être présents, que ce soit les journalistes dans cette salle ou vous qui nous suivez en live pour cette conférence de presse sur le sujet de la santé reproductive. On sort des livrets de campagne très régulièrement dans cette campagne. On est au travail sur le fond. Je sais que dans les campagnes présidentielles, c'est dur parfois d'amener les débats sur le fond, surtout sur certains sujets. Et on a décidé de se battre de toutes nos forces pour mettre des sujets sur la table et pour les maintenir sur la table et pour les faire. y compris réagir les autres candidats, ce qu'on aimerait bien, que les sujets qui nous tiennent à cœur et qui tiennent à cœur d'une... immense majorité de la population soit au cœur de cette campagne. Ce n'est pas toujours le cas. Vous savez qu'on a sorti un livret, c'était déjà avec toi, Anne Souiris, sénatrice de Paris, sur la solitude, qui touche un Français sur quatre. On en saura la semaine prochaine sur l'enfance. Il est prêt depuis le printemps, mais c'est vrai qu'il y a eu l'affaire Liana et je nous voyais mal parler de bienveillance envers les enfants, etc. Il y avait toute une partie sur la protection de l'enfance, mais il y a eu un moment où ça s'est focalisé là-dessus. On trouvait très bien, on a participé à toutes les manifestations, on soutient la loi. mais là voilà il y a un sujet qui sort sur aussi faire un pays à hauteur d'enfants, comment les enfants ont une société qui fait attention à eux et qui organise ça avec eux. On a fait des réunions. dédié aux enfants aux 5-15 ans, qui étaient les seuls à pouvoir s'exprimer. Et c'était hyper intéressant. Et donc là, on est sur un autre sujet grand oublié de la politique qui, comme chacun sait, est souvent et trop souvent une affaire d'hommes. Le sujet de la santé reproductive qui ne concerne pas que les femmes. Mais on a bien compris qu'on allait devoir s'en occuper nous-mêmes. Donc, on le fait. Et vous voyez ici, nous ne sommes pas paritaires. Désolée, il y a sûrement des hommes qui seront très choqués de cette table. Et bien moi, elle me plaît. J'en suis extrêmement fière. Et je remercie toutes les warriors de la... santé reproductive qui sont là aujourd'hui, qui représentent fièrement notre mouvement. et qui ne sont pas les seules. Je le dis, il y a Mélissa Camara aussi qui a aidé à relire ce livret, qui est députée européenne. Il y a Marie-Charlotte Garand qui a aussi filé un coup de main, qui a porté des textes courageux sur le sujet à l'Assemblée nationale, plein d'autres. Et puis la commission en santé du parti qui m'a accueillie il y a 15 ans. Tu étais là aussi d'ailleurs. Quand j'ai adhéré dans ce parti, il y a 15 ans, j'ai adhéré à la commission en santé. C'était mes sujets de prédilection. Et c'est là où j'ai entendu parler la première fois d'endométriose. Je pense que j'en ai entendu parler parce que j'avais adhéré chez les Verts et qu'on avait un militantisme sur le sujet. et si j'en avais été victime, j'aurais perçu les symptômes, ce que je n'aurais peut-être pas perçu si j'étais en dehors des verts et que je n'en avais jamais entendu parler. Puis la commission féminisme, évidemment, qui a aussi reçu ce livret et qui a beaucoup contribué à faire monter ces questions également. Pourquoi on fait se livrer sur la santé reproductive quand je vous dis que c'est pas un sujet présent en politique, c'est pas un sujet présent en politique, mais c'est bien un sujet présent dans la vie des Français ? Je vais vous donner toute une liste de thèmes qu'on aborde et vous allez voir que ça va forcément faire écho à vous, à des proches, à des sujets dont vous avez entendu parler sans pas trop comprendre, en tout cas des sujets qui concernent beaucoup de monde et qui ne sont pas beaucoup traités en politique. Ça va parler de puberté précoce. Par exemple, on sait que de plus en plus d'enfants sont victimes. Ça déstabilise beaucoup les parents et on voit bien le lien avec l'environnement. On va vous parler de fausses couches dont le terme, je le dis tout de suite, est très impropre parce que les fausses couches n'ont rien de faux. Toutes celles et ceux qui ont été confrontés le savent. Le terme approprié, c'est interruption spontanée de grossesse. Mais quand on dit ça, les gens ne comprennent pas forcément de quoi on parle. Je dis souvent les deux en expliquant et peut-être que dans 10 ans, quand on dira... interruption spontanée de grossesse, tout le monde comprendra. Je peux vous parler d'endométriose, je viens de le faire d'ailleurs, une femme sur dix. Et souvent, il y a une errance médicale, c'est-à-dire qu'on comprend. que ce qui nous arrive, c'est l'endométriose au bout de sept ans d'errance médicale. Vous laissez imaginer le nombre d'années de souffrances souvent niées, négligées par les médecins, où on vous explique qu'il faut prendre l'endoliprane et que ça va passer et qu'il ne faut pas en faire autant. Il y a l'endométriose maintenant qui est très connue, pour le coup, je pense que maintenant tout le monde en entend parler, mais il y a d'autres maladies gynécologiques qui pour le coup continuent d'être invisibilisées. un peu caché derrière l'endométriose qui maintenant est sur le devant de la scène, parce que les mobilisations féministes ont marché sur le sujet. Donc il y a notamment ce qu'on appelait le SOPK, aujourd'hui on appelle ça le SOMP, le syndrome ovarien métabolique et polyendocrinien, qui touche énormément de femmes, c'est même plus que l'endométriose en réalité, et les fibromes par exemple, où on sait que ça touche... particulièrement les femmes noires, beaucoup plus que les femmes blanches, et que c'est très mal connu des médecins, etc. Et les deux, on se le dit, sont liés. On sait que dans les recherches, etc., dans la prévention, plus vous êtes une minorité dans le pays, et minorité ne veut pas forcément dire en nombre, mais en représentation, moins votre cas est considéré, traité, et on l'a vu dans nos travaux, c'est extrêmement choquant, y compris dans les recherches. C'est-à-dire que dans plein de protocoles de recherche, sur plein de maladies, on va faire des recherches avec que des hommes, en disant que les femmes, c'est compliqué si on en met dans l'échantillon selon le moment de leur cycle, etc. Ça va être trop compliqué. Donc on fait des recherches qu'avec les hommes. Et donc les médicaments, les recherches sur les maladies sont faites essentiellement sur des hommes. Et quand on met les femmes, ce n'est pas toutes les femmes non plus. Plus vous êtes considérée comme une minorité dans le pays, moins vous êtes accompagnée, traitée, objet de prévention sérieuse, etc. On va vous parler aussi de la baisse de concentration du sperme de 50% depuis les années 70. Ce n'est pas rien parce que la fertilité n'est pas qu'une affaire de femmes, rappelons-le. On va vous parler de postpartum avec une femme sur 10 qui se déclare en grande souffrance psychique. un mois après son accouchement. Et là aussi, on n'en parle jamais. On est toutes les deux à notre 36e semaine de grossesse et on est bien placé pour savoir qu'on fait une montagne de l'accouchement. Donc ça, tout nous y prépare, même si on n'est jamais vraiment prêts, mais on y pense beaucoup. Et puis, une fois qu'on a accouché, on dit, c'est bon, je vais faire le plus dur. Et là, commence le plus dur où, en fait, on vous y prépare très peu parce que dans l'univers classique, dans les récits, l'accouchement, c'est très dur, mais tu vois, tu oubliras. Et puis, c'est comme ça qu'on te dit, c'est un mauvais moment à passer, tu oublieras. Et puis après, tu seras contente. Non, en fait, après, c'est très dur et plein de gens le surmontent, mais c'est très, très dur pour des gens qu'il faut accompagner spécifiquement. Et surtout, quand rien ne t'y a préparé, parce qu'on t'a toujours dit que le pire, c'était l'accouchement, du coup, tu le prends de pain fouet. Donc, on va parler de ça. On va parler, c'est une femme sur trois. J'ai dit une femme sur dix sur les souffrances psychiques, c'est une femme sur trois. On va parler aussi du deuil périnatal, de mortalité périnatale. Là aussi, les chiffres sont très impressionnants. Et là aussi, quand on n'en a jamais parlé avant et que ça t'arrive, t'as l'impression d'être seul au monde, parce qu'en fait, c'est des sujets que l'on tait dans la société. On va vous parler de ménopause, de violence gynécologique et obsétricale, et évidemment de... du rôle de l'environnement aussi dans tout ça. Donc c'est énormément de sujets qui concernent énormément de monde et on est assez sidérés qu'on n'en parle pas plus tout le temps dans la société. On voit bien que quand les sujets concernent prioritairement les femmes et sont portés par des femmes, c'est quand même plus compliqué de les faire entendre dans le débat public, chercher pourquoi. Moi j'ai quelques éléments d'explication. Vous dire aussi que sur tous ces sujets, il y a une méconnaissance parce que ce n'est pas dans le débat public. Et je remercie les émissions. J'ai croisé l'équipe de la Maison des Maternelles en sortant tout à l'heure de ma matinale de France Info. Il y a des émissions, des médias qui mettent beaucoup le sujet sur la table, qui en parlent. Un des programmes qui fait que j'en ai entendu parler et que je me suis formée un peu à ces questions. Mais nous, notre travail de politique, c'est de mettre des sujets sur la table et de ne plus les en enlever. Et c'est pour ça que quand j'ai appris ma grossesse surprise en pleine campagne présidentielle, je me suis dit autant que ça serve aussi à ça. Et donc, je l'ai annoncé cette grossesse parce que ça allait bien finir par se voir. typiquement très difficile à cacher. Et donc plutôt que raconter 2000 fois l'histoire, j'ai préféré l'expliquer une fois publiquement et que tout le monde ait compris pourquoi ça m'était un peu tombé dessus comme ça, pourquoi j'étais très heureuse, pourquoi ça allait avoir des impacts sur la campagne. Mais je m'en suis aussi servie en hommage à tous les gens que j'avais croisés dans mon parcours PMA, notamment dans les couloirs de l'hôpital Jeanne de Flandre à Lille, qui me disaient « Oh ! » on est trop content de vous croiser là. » Alors, je disais, super, merci. Ils disaient, on se sent moins seul. Vraiment, le fait de savoir que vous êtes dans la même galère que nous, ça nous fait du bien. Je dis, écoutez, au moins, ça sert à ça. Et tout le monde me disait, mais parlez-en dans la presse. Et je leur disais, mais moi, là, présentement, en plein milieu du parcours, je n'ai pas envie, y compris que je n'en ai pas trop parlé à mes proches. J'ai choisi de vivre ce parcours plutôt seul avec mon conjoint. Mais je leur disais, un jour, je le ferai. Et donc, du coup, cette promesse a été tenue. Et j'ai bien vu, au cours du Tour de France de cet été, les 5000 kilomètres en vacances. électrique où à chaque étape les gens venaient me parler de ça. C'est-à-dire que les gens se jettent dans vos bras en disant bah moi je suis en plein parcours ça me donne beaucoup de force de savoir que vous aussi vous avez été concernés. Moi ma petite fille elle est en ce moment en parcours et ben du coup on en a parlé à table à la maison et dans la famille plein de gens ont mieux compris ceux dont ils s'adissaient. On me demande de prendre des photos avec des enfants nés de PMA. qui ont beaucoup vécu à la télé des débats qui heurtent, qui blessent, c'est leur histoire. Ils sont là, ils ont des noms, des prénoms, des vies, des émotions. Je vois à quel point il y avait un besoin que des responsables politiques parlent de ce sujet. C'est ce que les associations nous ont beaucoup dit aussi. Et donc, elles nous ont contactés dès cette annonce. Elles ont voulu travailler avec nous. Marion et Amy, tu m'as tout de suite dit, moi, je suis partante pour coordonner un peu ce travail. Et donc, on en est là avec un livret qui est le plus long en termes de pages de tous les livrets qu'on a sortis jusque maintenant et qui fourmille de propositions. Peut-être juste pour finir cette intro, vous dire que l'angle mort de la... de la politique et du débat politique sur la santé reproductive, c'est fini, on ne laissera plus faire, on est dessus et on va être très pénible comme on sait le faire quand on veut mettre un sujet sur la table. Que ça veut dire aussi remettre la prévention au cœur de notre système de santé, parce que souvent les prises en charge sont tardives, parce qu'on ne fait pas beaucoup de prévention sur ces sujets dans ce pays. Donc c'est fini de croire que des douleurs sont normales, c'est fini les années d'errance avant le diagnostic. Quand je dis c'est fini, ce n'est pas tout à fait fini, mais on va faire en sorte que ce soit fini. On veut changer d'air pour construire une véritable... politique de santé reproductive. Voilà, ce n'est pas juste un plan Démétrios par là, une petite mesure pour faciliter la PMA d'un autre côté, c'est vraiment... un plan global d'action que l'on souhaite. Et d'ailleurs, ça rejoint l'idée de défendre la santé reproductive. En fait, et je le précise tout de suite, nous, on n'est pas là pour faire une prescription de la parentalité, pour dire avoir des enfants, c'est bien, pourquoi il y a des gens qui ne voudraient pas d'enfants. Chacun fait ce qu'il veut. Et je reprendrai le slogan du planning familial, un enfant, si je veux. quand je veux et comme je veux. C'était à l'époque pour l'accès à la contraception, pour l'IVG. Ce slogan peut être aussi pris pour défendre la PMA, l'accompagnement des femmes, des couples concernés. Un couple sur cinq en France, dont je rappelle que dans plein de territoires en France, ruraux, ultramarins, c'est... Hyper dur d'avoir accès, voire impossible. En Guyane, il n'y a pas de centre PMA. Les gens doivent venir à Paris. Je ne sais pas si vous imaginez l'organisation, deux mois de congé, que ça corresponde. Ce sont des parcours qui sont terribles. Donc, c'est un enfant, si je veux, quand je veux, comme je veux. C'est hyper important. Et ça rejoint ce que j'appelle, c'est dans un livre d'Anne-Cécile Mayfer, la présidente de la Fondation des Femmes, qui a sorti un livre sur la panique démographique en avril, en disant écoutez, dès qu'on parle démographie, de toute façon c'est pour expliquer aux femmes qu'à cause d'elles, s'il y a une guerre, on la perdra et que le système de protection sociale va s'effondrer parce qu'elles ne veulent plus faire d'enfants vraiment qu'elles soient désagréables. Et c'est en général des démographes hommes et blancs qui viennent vous expliquer ça sur les plateaux. Et donc nous nous revendiquons qu'il y a aussi une analyse féministe de la démographie qui signifie déjà que chacun fait. exactement ce qu'il veut. Mais si on veut parler démographie, en fait, commençons par parler du vivant. C'est-à-dire que les gens qui nous font des injonctions au réarmement démographique, et je ne veux pas parler pour toi, mais je pense que ce n'est pas pour ça, parce que le président l'a ordonné qu'on a décidé de faire des enfants. En fait, le fait qu'on se pose peut-être plus de questions qu'avant pour faire un enfant ou pas, c'est l'avenir de la planète, c'est l'avenir de la géopolitique mondiale et européenne. C'est les scandales aussi qu'on entend, parce que je pense que toutes les femmes enceintes cet été, les gens disent « Comment ça ? » la canicule physiquement, puis quand vous voyez les incendies, est-ce que vous ne stressez pas pour l'avenir de vos enfants ? Alors si, comme tous ceux qui tiennent à des enfants sur cette planète, c'est-à-dire beaucoup de monde, mais je peux vous dire que quand on entend parler du périscolaire, des scandales dans les crèches, dans les écoles, dans le sport, dans les pyjamas parties, à peu près partout où peuvent être vos enfants, en fait, il y a de quoi vraiment se poser des questions, dans quelles sociétés ils vont grandir ? Et en fait, une société qui ne prend pas soin de la vie du vivant, des enfants, qui n'est pas bienveillante, où 10 millions de Français vivent dans la pauvreté, ça veut dire des parents, qui se demandent comment ils vont donner à manger à leurs enfants, qui se demandent comment ils pourront en accueillir un dans le logement dans lequel ils vivent actuellement et qui est insalubre, comment ce sera l'été, comment ce sera l'hiver, évidemment qu'on se pose plein de questions. Et donc, si des hommes veulent aider, s'intéressent à la question démographique plutôt que donner des leçons de morale, qu'ils construisent avec nous une société qui soit bienveillante pour les femmes et les enfants. On ne se demande pas, moi, si mon mari, un jour, ça se passe mal, s'il est violent, je me sépare de lui, est-ce que je devrais, comme j'ai encore rencontré des gens à la manif loi intégrale lundi soir, est-ce que je serais obligée par la justice de laisser mes enfants à un mari dont je sais qu'il est violent avec moi et avec eux, et dont la seule solution pour me soustraire à leur garde sera de me sauver dans un pays voisin, comme l'ont fait certaines femmes qui ont été condamnées pour ça, mais qui l'ont fait pour protéger leurs enfants. C'est tout ça qui est lié à la fin de la politique féministe du vivant. Mais là, on vous parle santé reproductive. Il va s'agir évidemment de faire le lien avec la santé environnementale, qui est un gros enjeu de la santé reproductive. Il faut arrêter de faire peser la responsabilité sur les individus. Comme si, tu as des difficultés, mais qu'as-tu mangé ? Où tu as habité ? Est-ce que tu buves du robinet ? Est-ce que tu as pris tel médicament ? C'est un moment, si les choses sont dangereuses et ne sont pas bonnes pour la fertilité, occupez-vous-en. Qu'est-ce que ça fait sur le marché ? Il y a un truc un peu comme ça. Et puis de toute façon, je vais vous dire, pour travailler beaucoup sur le sujet depuis très longtemps, que se protéger dans la société actuelle des pollutions, des perturbateurs, c'est quasiment impossible. Même quand on est colo, formé, conscientisé, qu'on mange bio, qu'on fait attention à tout, en fait, c'est partout. C'est quand vous respirez, quand vous buvez, quand vous mangez, au contact, quand vous courez, la transpiration qui passe à travers votre peau, c'est partout. En fait, on ne peut pas se protéger d'un univers pollué partout autour de soi. Et c'est l'objet d'une bande dessinée sur laquelle je suis en train de travailler, qui s'appelle À votre santé, qui sortira au moins. de janvier. Donc voilà un peu tout ce qu'on a à faire, ça fait beaucoup de travail, y compris adapter la société à nos corps. On n'en a pas parlé non plus, mais aujourd'hui le milieu du travail, le milieu de l'école, tout ça n'est pas du tout adapté aux difficultés que vous pouvez subir et c'est un peu débrouillez-vous et bon courage. Donc on va vous présenter les dix principales mesures. Moi, j'en avais deux à présenter, donc elles sont très simples. Protéger la santé reproductive contre les pollutions et les changements climatiques, premièrement. Je ne vous refais pas la liste des PFAS perturbations. Si je fais la liste, ça prend 8 heures. Donc, il y a plein de choses qui ne sont pas bonnes pour la santé tout court et la santé reproductive en particulier. Vous le savez. Donc, il y a un vrai plan de santé environnementale. On a sorti un livret dédié sur le sujet en mai, donc je ne reviens pas là-dessus. Et la deuxième mesure, du coup, que j'ai contribué à mettre et à visibiliser un débat public, c'est le fameux diagnostic préimplantatoire. des ânes applaudies. Donc le concept, c'est que j'ai appris pendant mon parcours PMA de quelqu'un qui m'ait raconté ça ébahie, qui ne savait pas que j'étais moi-même en parcours PMA, que 60% des embryons qu'on implante aux femmes dans les cas des parcours PMA, qu'ils aient été conçus à partir de vos ovocytes ou de dons, ne sont pas viables. Voilà. Et en fait, en France, vous faites des tests, des parcours, des bilans d'échecs. Moi, j'ai vu ça, bilan d'échecs à mi-parcours. C'est-à-dire à mi-parcours, on arrête tout, de toute façon, vous ne pouvez plus. Et on vous fait un bilan d'échecs. Et dans votre bilan d'échecs, on cherche plein de choses. Alors, vous faites plein de tests, on vous dit peut-être au moins, on va trouver. Vous espérez avoir un problème pour qu'on puisse le trouver, qu'on vous dise ce que c'est, qu'on puisse le résoudre. Et moi, dans le bilan d'échecs, il n'y avait pas de raison particulière. Donc, à un moment, c'est très frustrant. Et on vous dit, bah oui, mais du coup... J'ai essayé, j'ai fait le PMA, j'ai fait la FIV. Qu'est-ce qui ne va pas ? Comment on fait ? Et la médecin finit par vous avouer qu'en France, on peut chercher sur 20% des causes liées à l'utérus, à plein de choses, mais que par contre, on ne peut pas chercher sur l'embryon parce que c'est interdit et que c'est 80% des causes d'échecs. Et donc là, vous dites, mais du coup, toutes les fausses couches que j'ai faites, les échecs, etc. C'était peut-être lié à d'autres choses, à plein d'autres choses, mais en l'occurrence, si c'est lié à la qualité des embryons que vous implantez, on ne sait pas. Et donc ceux qui restent, si vous les implantez, on ne sait même pas s'ils ont une chance de se développer. Et une implantation d'embryon, pour celles et ceux qui l'ont vécu, qui connaissent des gens qui l'ont vécu, ce n'est pas anodin, c'est un mois de traitement, c'est beaucoup de contraintes, c'est beaucoup de stress, c'est beaucoup d'aller-retour, de contraintes, de plein de choses. Psychologiquement et physiquement, c'est difficile. Et donc, moi, je n'y arrivais plus, en fait. Et quand tu comprends qu'en fait, un Belgique à 40 kilomètres de là où tu es... Là, c'est possible de regarder juste les embryons. On ne regarde pas si c'est un garçon ou une fille, on ne regarde pas ses futures compétences sportives, évidemment. On regarde juste s'ils ont le bon nombre de chromosomes. Et donc, ça paraît quand même une indication intéressante avant de faire subir une intervention à une femme. Et je fais partie des personnes qui, à ce moment-là, ont dit, moi, je vais arrêter en fait, parce que je ne peux pas. Maintenant que je sais ça, en plus, j'y crois encore moins. Donc, il y avait un truc un peu comme ça. Il se trouve que je suis tombée enceinte naturellement, tant mieux. Mais pour toutes les femmes qui sont concernées, qui doivent se payer des traitements très chers en Belgique, en Espagne, au Danemark, parce qu'en France, alors qu'on était à la pointe. de la fertilité. Amandine, premier bébé éprouvait, le docteur Friedman, c'est des choses qui nous ont rendu célèbres dans le monde entier. Et aujourd'hui, certains médecins de santé reproductives françaises me disent « Moi, je ne vais plus dans les colloques internationaux parce qu'en fait, on est bon, on a un bon système de soins, on peut être fier, mais en fait, on n'est plus à la pointe parce qu'on ne s'est plus avancé. » Donc, voilà les deux premières propositions que vous voulez vous faire. Il y en a huit autres et je laisse la parole à Majdouline.
Tu te présentes ? Oui, Majdoulin Zbahi, je suis députée européenne. Merci beaucoup Marine, merci à toutes et à tous. Je voudrais vous parler ici de ce qui se passe à Strasbourg et à Bruxelles, puisque évidemment les problèmes qui ont été évoqués par Marine dépassent largement nos frontières. Moi, ma mobilisation sur le sujet, je le dirai après, vient de très loin. Elle vient également d'un débat qui a été organisé sur le déclin démographique en Europe. Vous avez entendu parler, Marine vient de l'évoquer, du réarmement démographique et donc c'était le sujet de ce débat en plénière. Et puis, jamais aucune personne n'a évoqué le problème de l'infertilité. Et ça a été un véritable choc pour moi puisque je trouvais que c'était un peu l'éléphant au milieu de la pièce et j'étais la seule à en parler. C'est pour ça que j'ai pris l'initiative d'organiser un débat en plénière sur la question de l'endométrieuse. Parce que vous savez, au niveau européen, c'est très important d'être très précis sur ce qu'on demande et ce qu'on attend. Il s'est déroulé le 10 juillet 2025 et c'était la première fois dans l'histoire du Parlement européen. En fait, ce débat aurait dû avoir lieu il y a très longtemps, puisque 14 millions... européennes sont concernées par cette pathologie. Il y a en moyenne un retard de diagnostic de 7 ans et puis il y a un coût social aussi qui est estimé à 30 milliards d'euros par an à cause des arrêts de travail mais pas seulement. Je voulais donc que les voix de celles et ceux qui sont concernés soient entendues, celles et ceux qui se battent depuis des années pour avoir un diagnostic et surtout être soignés. Mais un débat, ce n'est qu'un début, puisque la semaine prochaine, le Parlement européen votera un rapport d'initiative sur les inégalités de genre en matière de santé. pu porter dans ce texte le fait que l'endométriose fasse partie des enjeux. C'est aujourd'hui la pathologie la moins financée, je dirais, en matière de recherche et de diagnostic. Ce que je dois vous dire, c'est que l'extrême droite a voté contre en commission. Et ça a été un choc pour nous de voir que ce sujet particulièrement partagé normalement par l'ensemble des politiques, des citoyens, mais aussi de la société civile, soit ainsi méprisé. Depuis près de 40 ans, il existe des financements de recherche au niveau européen. Et sachez que seuls dix projets... ont été financés pour l'ensemble de ces projets à hauteur de 146 000 euros. Donc c'est dire le peu d'investissement qui est fait. Ce même rapport d'initiative dont j'ai parlé parle évidemment de la question du retard de diagnostic. Ce n'est pas une fatalité, il est structurel et évidemment il y a un enjeu dans notre système de santé. Je le dis d'autant plus parce que je parle en connaissance de cause. Je suis moi-même atteinte d'endométriose et il a fallu que j'attende l'âge de 35 ans pour être diagnostiquée après des douleurs, des difficultés. Évidemment, ça crée d'énormes dégâts puisque j'ai un stade 5, donc le pire. Et donc, en attendant ce retard de diagnostic, la situation s'est aggravée et elle a eu des conséquences évidemment aussi dans mon souhait d'avoir des enfants. Nous n'avons pas simplement des constants, on a un calendrier des objectifs. Sur un autre sujet, parce que nous sommes écologiques, nous nous soucions particulièrement de la santé environnementale. Perturbateurs endocriniens, pesticides, pifas, nous sommes toutes et tous exposés dans notre quotidien, et Marine l'a dit fort justement, à des produits chimiques. Ces expositions ne sont pas un choix individuel. Tu l'as dit également, Marine. Et c'est dans ce sens que je me suis battue. J'étais rapportrice sur un règlement sur les détergents. Et dans ce règlement, nous avons réussi à porter des mesures qui protègent la santé des professionnels. Et évidemment, particulièrement celle des femmes, puisqu'elles sont surreprésentées dans un certain nombre de métiers où on utilise des détergents. Mais ce n'est pas fini. La directive sur les cosmétiques avait pour objectif... de réintroduire les produits, donc les CRM, qui sont cancérigènes, mutagènes, mais aussi qui impactent la reproduction et la fertilité des femmes. On est parvenu, malgré la proposition de la Commission, à faire en sorte que ces mesures soient retirées et que, évidemment... Dans les cosmétiques, il n'y ait plus ces produits. Il faut savoir que ce que nous croyons et ce que nous avons défendu, c'est que les femmes, ce n'est pas un laboratoire vivant. Et donc, on sait que ces substances sont dangereuses et on ne va pas attendre qu'il y ait des conséquences pour faire en sorte d'agir dans ce domaine. Pour conclure, ce que nous proposons pour les présidentielles... Bien sûr qu'il y ait la santé des femmes qui soit au cœur et la santé reproductive d'un certain nombre de débats que nous aurons. Nous souhaitons diviser par deux le délai de diagnostic, former les professionnels de santé, financer la recherche à la hauteur qui est nécessaire. Et j'ai un exemple à vous donner dans le domaine qui vous surprendra peut-être. Vous savez, le Viagra. Vous allez dire que c'est hors sujet. En fait, au départ, la recherche pour développer aujourd'hui ce qui est le Viagra, au départ c'était une recherche contre l'endométriose. Et puis entre-dans... Ils se sont rendus compte que ça... Et entre temps, ils se sont rendus compte, tiens, pourquoi pas s'en servir pour d'autres besoins, vous imaginez lesquels tout le monde connaît le Viagra. Donc c'est un véritable scandale, puisqu'évidemment, on attendrait autre chose de ce genre de recherche. Nous souhaitons aussi que l'endométriose soit reconnue comme une maladie chronique. Il s'agit évidemment de protéger notre santé, mais aussi faire en sorte qu'au niveau européen, il y ait des aménagements. dans le travail lié à cette maladie, puisque si c'est une maladie chronique, évidemment, on en tire toutes les conséquences. Je dois dire que la société civile, Marine l'a dit lors des débats qui ont eu lieu sur l'endométriose, que j'ai pu animer aussi dans d'autres lieux que le Parlement, j'ai vu des tas de femmes et des tas de jeunes femmes venir me voir pour me dire à quel point c'était important d'en parler, mais aussi des autres maladies, j'allais dire, gynécologiques que tu as évoquées. Donc, ce qu'on souhaite, c'est qu'en fait, quel que soit le pays européen dans lequel les femmes vivent, elles aient les mêmes droits et qu'elles puissent avoir accès à la santé, évidemment, et en matière d'endométriose, qu'elles soient prises en charge à la hauteur du problème. Je vous remercie de m'avoir écoutée.
Merci à toi, Majeline. Et donc, Anne, je te laisse aussi te présenter et nous dire ce que tu avais à nous dire.
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